A pays démesuré, art démesuré. Alors que la Chine fête les soixante ans de sa République populaire, “Tracks” invite les artistes du cru à montrer leurs œuvres, plus délirantes les unes que les autres. “C’est que les espaces deviennent immenses”, explique Huang Yong Ping, exposé à la Biennale de Lyon, alors il faut bien les remplir avec, dans son cas, des poissons géants ou des carlingues d’avion !
 

Impressionner par le gigantisme, c’est bien, mais frapper fort politiquement, c’est encore mieux. Le boom de l’art contemporain chinois date d’avant l’explosion du capitalisme. Les événements de Tienan men ont durci le mouvement. Place aux performers et à leurs défis physiques : la star du genre, Zhang Huan, récupère les cendres d’encens des temples pour ses sculptures et peintures, se fait enfermer vingt-quatre heures dans le béton ou combat cent villageois. L’humour n’est pas exclu non plus : Lin Yilin, dans sa performance “Comment j’imagine une grande nation”, nage dans une bassine en boxant contre une muraille… Les artistes chinois ne manquent ni d’audace, ni d’imagination. La censure ne leur fait plus peur. Et s’ils étaient le meilleur contre-pouvoir de la nouvelle Chine moderne ?
Vendredi à 0 h 15 sur Arte