Hollywood aurait-il trouvé l’antidote aux blockbusters hors de prix, gonflés aux amphétamines numériques ? Avec un budget ridicule de 10 000 dollars, le réalisateur israélien Oren Peli, 38 ans, vient en tout cas de bouleverser bien des certitudes puisque son film Paranormal Activity a en effet rapporté plus de 100 millions de dollars au box-office américain, et s’apprête à conquérir mercredi le public français.
Le pitch ? “L’histoire toute simple d’un couple qui décide de laisser une caméra allumée pendant son sommeil afin d’élucider les phénomènes étranges qui se produisent dans leur maison. Terriblement efficace et interprété par des acteurs inconnus, Katie Featherston et Micah Sloat, Paranormal Activity s’inscrit dans une lignée de films d’angoisse aux faux airs de télé réalité, initiée il y a quelques années par Le Projet Blair Witch. “C’est le film qui m’a donné de l’espoir”, explique Oren Peli. “Il m’a fait comprendre qu’il n’y avait pas besoin de faire une école de cinéma pour réussir un bon film. Si vous avez une caméra et de bonnes idées, vous trouverez peut-être un distributeur.” Fan de fantastique, Peli a tourné Paranormal Activity en une semaine dans sa propre maison ! “Je ne voyais pas l’intérêt de le faire en studio, et surtout c’était gratuit. En revanche, le montage, les effets sonores et visuels ont pris plus de temps, environ un an.”
Le jeune réalisateur tient toutefois à souligner la performance de ses comédiens. “Je ne leur ai pas donné de script et je me suis reposé uniquement sur leurs talents d’improvisation. Beaucoup de films indépendants sont ratés parce que les acteurs sont mauvais. Les miens sont excellents !”
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Spielberg a eu la peur de sa vie
Steven Spielberg, qui a tâté des dinosaures, des extraterrestres et autres créatures dans ses films, avait reçu une copie de Paranormal Activity, mais il a dû arrêter son lecteur DVD en pleine nuit car il a eu trop peur ! Le réalisateur des Dents de la mer a finalement regarder la fin le lendemain, à son réveil. Oren Peli n’en revient pas : “Il a dit qu’aucun film ne lui avait fait aussi peur depuis L’Exorciste ! C’est le plus beau compliment par le plus grand réalisateur ! Je suis encore sous le choc.”
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Sélection. Plus c’est vrai, plus ça effraie
Le Projet Blair Witch (1999)
Deux gars et une fille se perdent dans la forêt avec une caméra. On ne retrouvera rien, sauf la vidéo. Sorti en 1999, Le Projet Blair Witch a coûté 25 000 dollars et a en a rapporté 248 millions à travers le monde, soutenu par un marketing habile sur le Web. Il a depuis fait de nombreux petits.
Open Water (2003)
Avec 130 000 dollars récoltés ici et là, le réalisateur Chris Kentis raconte l’histoire vraie d’un couple d’Occidentaux perdus au milieu du Pacifique pendant une partie de plongée. Le temps passe, les requins rôdent, et l’angoisse monte minute après minute. Les claustrophobes sont avertis !
Rec (2007)
Les Espagnols Paco Plaza et Jaume Balagueró mettent en scène une reporter et son caméraman, sur les talons d’une équipe de pompiers appelée à intervenir dans un immeuble dont les habitants sont terrifiés par les cris d’une voisine. La suite, Rec 2, sort le 23 décembre. Un troisième Rec est également prévu.
Cloverfield (2008)
Produit par le papa de Lost, J.J. Abrams, ce vrai-faux film catastrophe réalisé par Matt Reeves emprunte l’esthétique des films précités pour un résultat optimal. Dans la Grosse Pomme attaquée par une créature terrifiante, un jeune homme filme sa cavale et la fin du monde autour. Cool.
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