Strasbourg, le jeudi 3 décembre. Des aspirants rockeurs aux ados percés, en passant par les quadragénaires aux allures de comptable, les fans de Rammstein affluent vers le Zénith pour assister au concert de la formation allemande dont les cinq premiers albums se sont écoulés à plus de 15 millions d’exemplaires dans le monde depuis 1994, en dépit (à cause ?) d’une imagerie choc. “A l’époque où Rammstein s’est créé, il n’y avait pas encore beaucoup de musique aussi hard avec des paroles en allemand”, raconte le bassiste Oliver Riedel. “On nous a reproché d’avoir un esthétique fascisante, ce qui fut très difficile à vivre pour nous.” Des accusations infondées auxquelles ces anciens punks d’Allemagne de l’Est répondent par des textes humoristiques moquant l’homophobie ou l’impérialisme culturel américain. Ces dernières semaines, c’est en dessous de la ceinture que Rammstein a créé la polémique, Liebe ist für alle da ayant été interdit aux mineurs en Allemagne en raison d’une photo sur laquelle le guitariste Richard Kruspe donne la fessée à une femme. Mais ce n’est rien à côté du clip du single “Pussy”, tourné avec de véritables acteurs pornos et visionné plus de 25 millions de fois sur le Net ! “On voulait montrer qu’on n’avait pas seulement un côté sombre”, explique Oliver, ravi par toutes ces polémiques. “Dans vingt ans, ce serait un peu triste de lire dans les livres que Tokio Hotel était le groupe allemand le plus populaire au monde !”

Bio express
En quinze ans et six albums, Rammstein a toujours su créer la polémique
1994 : Le groupe tire son nom d’un crash survenu lors d’un meeting aérien sur la base américaine de Ramstein en 1988.
1995 : Sortie du premier album Herzelied.
2001 : La pochette de Mutter représentant un foetus mort scandalise.
2004 : La chanson Mein Teil fait référence à l’affaire du cannibale de Rothenburg.
2009 : Le titre Wiener Blut fait référence à l’affaire Josef Fritzl.