Qu’est ce que ça fait de devenir une pop star à 19 ans ?
Il y a plusieurs sentiments qui me viennent à l’esprit. Quand mon album est sorti, il était classé de plus en plus haut, et je me disais "Il n’ira pas plus loin". Trois mois plus tard, quand il a enfin été classé à la première position, c’était assez surréaliste. C’était un sentiment incroyable, mais j’en attendais plus. Après, il y avait aussi la folie des gens qui se reconnaissent dans vos chansons, qui sont émus par votre musique. Mais c’est très étrange parce que les gens ont l’impression de vous connaître alors que vous ne savez rien d’eux. Et puis il y a aussi le scepticisme ambiant. A partir du moment où vous avez du succès, entendre des choses positives sur vous devient la norme. Alors, quand on vous critique, c’est assez dur à entendre. Une chose négative vous fait plus d’effet que cent choses positives.
Vous aviez l’intention de franchir un cap avec ce 4ème album ?
Je sentais qu’il était temps de changer. J’ai fait trois albums dans le même ton qui posent les bases de ma musique et dont je suis très fière. En quelque sorte, c’est le début d’un nouveau cycle pour moi. Par exemple, le morceau "The Flood" parle du fait de se laisser envahir par les émotions, pour ne pas vivre dans la peur et agir par instinct. La mélodie reflète cet état d’esprit avec le changement de rythme.
La France vous a toujours bien accueillie…
Ici, il y a énormément de respect pour la musique et la culture en général. Il ne s’agit pas seulement de divertissement, c’est plus profond que ça. Cela fait partie de votre âme et de votre identité. Je suis ce genre de personne, c’est pourquoi j’aime ce pays. J’aime beaucoup écouter des filles comme Camille ou Edith Piaf.
Pourquoi n’avoir jamais fait un album de rock ?
A chaque fois que j’ai essayé de chanter plus fort, ça n’a pas marché. Ma voix a tendance à être plus puissante quand elle est maîtrisée et minimisée. Pour moi, le rock repose surtout sur de la puissance et j’ai l’impression d’en manquer quand le son est fort et que je dois me battre avec plein d’instruments. Je préfère l’approche subtile de la musique, je me sens plus libre et je peux davantage m’exprimer. Je ne sais pas où, ni avec qui, mais je sais que je veux manger, vivre et respirer de la musique.
Adolescente, la musique, c’était votre rêve le plus fou ?
Je me souviens de mon tout premier souvenir en Géorgie. Il y avait eu une nouvelle coupure d’électricité et ma mère s’est installée au piano dans le noir. J’étais très jeune et je me souviens avoir eu un véritable choc. Je me disais : "Je ne peux pas le voir, je ne peux pas le toucher, mais ça me met dans un état incroyable". Mon oncle aussi n’arrêtait pas de jouer Queen et Led Zeppelin. Je suis tombé amoureuse de la musique vraiment très jeune.
Vous n’abordez jamais de sujets polémiques…
Non, j’ai déjà parlé de politique par le passé mais je préfère toucher les gens émotionnellement parlant. Je pense que c’est bien de ne pas se retenir et d’avoir une opinion, mais je ne crois que la mienne soit la seule valable. J’essaye de marcher à l’instinct.
L’amour reste votre moteur ?
L’amour me touche beaucoup plus que la politique. Peut-être que c’est égoïste de dire ça, mais c’est impossible de faire de la musique en pensant à tout le monde. On peut seulement penser à soi-même. Or, la politique implique tout le monde. Quand je vivais en Géorgie, j’ai été directement concernée par la politique. J’y retourne toujours tous les ans, mais c’est l’amour qui me fait avancer le plus. Cela me permet d’avoir une très grande variété et c’est plus facile d’écrire des paroles sur l’amour que sur la politique, c’est un sujet universel.
Vous avez joué dans le Grindhouse de Quentin Tarantino, pourquoi ne pas épouser une carrière d’actrice ?
En fait, je serais beaucoup plus intéressé par l’écriture d’une bande originale de films. Je respecte beaucoup les acteurs mais je ne me sens pas capable de le faire du jour au lendemain. J’ai déjà composé des chansons pour des films, mais jamais une bande originale complète.
Pour un film d’amour ?
Non ! Plutôt un film d’horreur. Je ne suis pas très fan des comédies romantiques. Ce que j’aime dans la musique, c’est quand j’ai des frissons. Et c’est le cas avec ce genre de films, ça vous donne la chair de poule !



































