Underworld USA est le dernier volet de votre trilogie. Que ressentez-vous ?
Je suis content. J’ai fini le livre en août 2009, ça fait un moment. J’ai déjà fait sa promotion aux Etats-Unis, en Angleterre. C’est déjà un best-seller… Je ne peux que m’en réjouir.

Vous êtes un des plus grands auteurs du roman noir. Pourquoi, selon vous, les lecteurs vous aiment-ils tant ?
Les Français m’aiment particulièrement, ils ont un respect incroyable pour le roman noir. Je vends plus de livres en France et en Angleterre qu’aux Etats-Unis. Ca m’a toujours étonné, mais j’en suis très fier.

Auriez-vous été auteur de romans noirs si votre mère n’avait pas été assassinée quand vous étiez enfant ?
Sans doute pas. On ne peut revenir en arrière. Ca s’est passé, c’est comme ça. La mort de ma mère a engendré chez moi une curiosité pour tout ce qui a trait au crime. L’impact a été fort, et il se répercute dans tous mes écrits, sous quelque forme que ce soit. Ma mère et moi, nous sommes très liés, encore aujourd’hui. C’est un esprit qui est toujours présent. D’ailleurs, elle sera présente dans mon prochain livre The Hilliker Curse: My Pursuit of Women qui sortira à la fin de l’année.

Les femmes sont importantes pour vous?
Je suis un romantique, je n’ai jamais de regret. J’ai eu beaucoup de femmes dans ma vie, mais là, je suis très amoureux. Dans Underworld USA, les femmes ont une place très importante. Elles mettent à mal leurs homologues masculins, les confrontent à leurs obsessions, leur désir de rédemption.

Luther King et Robert Kennedy vous ont marqué…
Martin Luther King était un homme formidable, courageux, engagé, et il avait une éloquence incroyable. Robert Kennedy est à mon sens le plus grand des Kennedy, loin devant John. Passionné d’art, proche des gens, c’était vraiment quelqu’un d’exceptionnel. Les deux ont été assassinés, je ne sais pas si c’est pour cette raison qu’ils me fascinent…

Quel était votre objectif, en écrivant cette trilogie ?
Je voulais recréer quatorze ans de l’histoire américaine. Le premier volet, American Tabloïd, décrivait l’ascension et la chute de John Kennedy. Le deuxième American Death Trip décrypte l’Amérique des années 60. Enfin, Underworld USA est consacré aux années 68-72. Le travail était difficile, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ces romans, où se mêlent fiction et personnages réels.

Vous écrivez à la main. Utiliser un ordinateur serait plus simple pour vous…
Je ne recherche pas la facilité. Je m’isole volontairement du monde. Je ne lis pas, je n’ai pas de télé, je ne regarde pas de films, j’ai très peu d’amis. J’aime être seul, m’allonger dans le noir et réfléchir. Mes journées sont rythmées par le travail. Le présent ne m’intéresse pas, je me nourris des évènements du passé.

Si dans quarante ans vous décidiez d’écrire sur le monde d’aujourd’hui, vous ne pourriez pas…
Ca n’arrivera jamais. Je sais très bien ce sur quoi je vais écrire jusqu’à la fin de mes jours. J’ai deux livres en cours, ensuite, on verra l’énergie qu’il me reste pour me lancer dans un nouveau projet.

Vous considérez-vous comme un génie ?
Oui. Je suis un génie car j’ai écrit des livres que personne n’aura l’intelligence ou le talent d’écrire. Mes ouvrages sont d’une complexité inégalable et inégalée.

Avez-vous peur de quelque chose dans la vie ?
Je ne veux pas mourir ou devenir handicapé. Ce sont les deux choses que je redoute le plus.


Y a-t-il une phrase que vous puissiez dire en français ?

Non… Heu oui : Après Ellroy, le déluge…

Parmi vos livres, avez-vous un favori ?
Oui, celui-ci et le prochain.