Pour moi un bon polar c'est d'abord une histoire intéressante qui permet au lecteur de s'évader quelques heures...

Je souhaite la bienvenue aux internautes, lecteurs et curieux qui ont entendu parler de "Du bois pour les cercueils".

Ral : Bonjour. Je n'ai pas encore lu votre livre, quelle est l'intrigue ?
Difficile de communiquer l'intrigue sans dévoiler le mystère... Cela se passe dans le Jura, en hiver et dans une usine de transformation du bois... Derrière les odeurs du bois se cachent des rancoeurs et des injustices...

Plicier75 : Le commissaire Gradenne me fait penser à Maigret. Vous en êtes-vous inspiré ?
"On" m'a souvent fait cette remarque. J'ai lu Simenon, comme tout le monde et j'ai vu des téléfilms. Franchement, je n'ai cherché à imiter personne. Il n'y a pas que Maigret qui aime la bonne chère et qui peut être malade.

Tre : Vous avez l'air particulièrement à l'aise avec l'industrie du bois. Vous connaissez ?
Effectivement, j'ai travaillé dans cette industrie pendant 3 ans.

Son : Connaissiez-vous ce prix avant ? Ca vous a fait quoi de le recevoir ?
C'était ma sixième tentative. Obtenir ce prix est une sorte d'aboutissement et en même temps une stimulation à poursuivre, dans la mesure où mes histoires captent l'intérêt de lecteurs.

Nol : Que vous a dit Jean Reno, parrain du prix du Quai 2011 ?
Pas grand chose... Il était très pressé d'aller répéter une chanson avec son fils car il passait aux "Champs Elysées" de Drucker juste après...

Kev : Comment avez-vous écrit votre livre ? Vous aviez l'intrigue en tête ?
Cette fois-ci, j'avais une trame à peu près précise, mais il m'est arrivé de ne pas connaître le coupable moi-même à l'avant dernier chapitre.

Mimolette : Comment connaissez-vous l'univers de la police et de la justice ?
A dire vrai, je ne prétends pas le connaître vraiment. Je suis autodidacte en la matière. J'ai potassé le "code de procédure pénale" (pas vraiment passionnant) et j'observe chaque fois que j'en ai l'occasion.

Anne-C : Comment êtes-vous rentré en écriture ?
J'ai toujours été tenté par l'écriture mais je peux enfin me "débrider" depuis que j'ai un peu de temps (je suis en retraite). Pour tout dire, ce qui me motive, ce sont les injustices, les drames mondiaux et les comportements mesquins... que je cherche à dénoncer.

Rhum : Vous observez quoi ?
Ce que j'observe ? Les situations, les hommes (et les femmes, bien sûr), non pas tant dans leur physique mais plutôt dans leurs comportements, leur réactions.... Ensuite, je note la façon dont la société réagit, notamment tous ceux qui ont du pouvoir et peuvent en abuser...

Soph : En avez-vous même subi des injustices pour avoir ainsi envie de les dénoncer ?
C'est vrai, mais je ne suis pas un cas isolé. Quiconque a affronté dans sa vie des situations injustes. Je ne réagis pas seulement pour moi, mais surtout par rapport à ce que je vois autour de moi.

Saucisse : Pensez-vous que tous les flics soient aussi consciencieux que les vôtres ?
Puis-je jouer mon Joker ? J'ose croire que la majorité d'entre eux sont honnêtes. Cela dit il y a des bons et des mauvais partout... Chez les plombiers, les avocats et les médecins... sans parler des ministres...

Roberto : Qu'est-ce qui vous a inspiré pour "Du bois pour les cercueils"?
Mon passé professionnel et des personnages réels ainsi que des situations, que j'ai rassemblé avec une intrigue pour cimenter le tout.

Flicaille : Pour vous, c'est quoi un bon polar ?
Je vais sans doute heurter des puristes de la procédure, mais pour moi un bon polar c'est d'abord une histoire intéressante qui permet au lecteur de s'évader quelques heures...

Soph : Avez-vous beaucoup écrit avant d'être publié ?
Tout dépend de ce qu'on appelle beaucoup... Ce roman qui vient d'être primé est sans doute le dixième. J'ai eu la satisfaction de publier un autre titre "L"assassin n'aimait pas les livres". Une tentative pour le Quai des Orfèvres qui avait capté l'attention d'un membre du jury (Paul Lefevre que je remercie ici).

Mom : Avez-vous fait des recherches en ce qui concerne la guerre d'Algérie ? Avez-vous la nécessité de parler de cette période sombre de l'histoire ?
Oui, j'ai beaucoup lu sur ce sujet et je pense que c'est une page de notre histoire que l'on doit regarder en face.

Rhum : Vous vous y connaissez en commerce d'armes ? Comment et où vous êtes-vous renseigné ?
Si vous pensez que j'ai trempé dans ce trafic, vous avez tort. J'ai fait là un simple effort de bon sens et d'imagination. Je vois que vous m'avez lu et je vous en remercie.

Yub63 : Ce prix va-t-il vous permettre de publier vos autres romans ?
Franchement je l'espère. Avec cette "distinction", je vais être un peu moins inconnu qu'avant et je souhaite attirer l'attention d'éditeurs. Par contre, je n'ai pas l'intention de publier à compte d'auteur. Publier et vendre est un métier dont je ne suis pas sûr d'avoir les compétences.

Rodole : Des chefs aussi mesquins et impétueux que Verdoux vous en avez beaucoup fréquenté dans votre carrière ? Vous a-t-il été inspiré par un personnage réel ?
Verdoux est une synthèse (ou un hybride...) de personnages assez répandus, malheureusement...

Didier : Y a-t-il un fait divers qui vous inspire actuellement ?
Certainement, mais permettez-moi de n'en pas parler. Je laisse aux (éventuels...) futurs lecteurs le soin de le découvrir.

Oulala : Les nordiques ont la côte en littérature policière. Vous adhérez ?
Au risque de vous décevoir, je ne suis pas expert en polars nordiques. J'ai bien aimé Millénium mais c'est insuffisant pour porter un jugement d'ensemble.

Jurassien : Il ne fait manifestement pas toujours très bon dans le Jura... Les gens sont-ils aussi froids ?
Un climat rude génère des caractères rudes, mais seulement à l'extérieur. En creusant un peu, on découvre de la chaleur et de la joie de vivre.

Jina : Quels sont vos polars de référence ?
Je n'ai pas une connaissance approfondie du genre polar, aussi curieux que cela soit. J'aime beaucoup les policiers historiques qui se situent à une autre époque. J'aime bien Fred Vargas et Izzo. Il y en a d'autres mais leurs noms ne me revient pas.

kirch : Quels conseils pour des apprentis écrivains policiers ?
Difficile pour moi de donner des conseils alors que je ne suis qu'un débutant (en dépit de mon âge...) mais je peux dire, car je le pense vraiment, qu'il ne faut pas hésiter à faire parler ses tripes.

Un dernier mot Claude Ragon ?
J'espère que les lecteurs sauront trouver les messages de l'auteur à travers l'intrigue qui n'est que la charpente de l'édifice.
 
"Du bois pour les cercueils", Ed.Fayard, 368p; 8,90 euros