Mis à jour 02-11-2009 14:36

Cesaria Evora: "Je m’attends à tout"

La chanteuse capverdienne est de retour avec Nha sentimento. Metro l'a rencontrée.

Cesaria Evora

Cesaria Evora

Photo : Eric Mulet

Vous avez été victime l'an dernier par un accident vasculaire cérébral. Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?
Comme on dit chez nous : "Je suis prête pour un autre coup". C'est-à-dire que je vais bien, mais qu'à mon âge je peux m'attendre à tout.

Votre album s'intitule : "Nha sentimento" (Mon sentiment). Pourquoi ?
Dans ce disque, j'essaye d'exprimer tout ce que peut ressentir n'importe quel Capverdien, à travers la gaieté mais aussi l'énervement que peuvent provoquer certaines situations.

Ce nouvel album est un agréable mélange de musique capverdienne et de sonorités arabes. C'est une association que vous avez en tête depuis combien de temps ?
Pour dire la vérité, cette idée ne vient pas de moi mais de mon producteur. C'est un projet qu'il avait en tête depuis longtemps. Moi, je n'avais pas fait le rapprochement entre nos deux cultures et nos musiques. Pourtant il y a beaucoup de ressemblances.

Quand votre producteur vous a fait part de cette idée, étiez-vous sceptique ?
Non car vous savez, auparavant j'ai eu l'occasion de chanter avec des Cubains ou même des Brésiliens donc pourquoi pas avec des Egyptiens. En tout cas en studio tout a marché très vite.

Avez-vous l'habitude d'écouter de la musique arabe ?
J'écoute tellement de sortes de musique qu'au final, je ne sais même pas si c'est de la musique arabe ou autre.

Deux genres musicaux se retrouvent sur votre album : de la Coladera et de la Morna. Quelle différence existe-t-il entre les deux ?
La Morna est une musique beaucoup plus slow, plus sentimentale et c'est à travers ce genre musical qu'on exprime très souvent nos sentiments cachés. La Coladera, en revanche, est beaucoup plus rythmée. On l'utilise généralement plus de manière satirique. C'est souvent pour évoquer des thèmes avec moquerie voire méchanceté. Le titre "Zinha" où je raconte l'histoire amoureuse d'un de mes amis est par exemple de la Coladera.

Du cap Vert, vous êtes la meilleure ambassadrice : ici en France on connaît votre île grâce à vous…
(Elle coupe.) Pour moi, ce n'est pas vrai ! Je n'accepte pas l'idée qu'on puisse associer uniquement le Cap-vert à Césaria. Il existe tant d'autres artistes capverdiens… regardez la petite Mayra Andrade.

Bientôt vous serez en tournée. On connaît le rythme épuisant imposé à ce moment : redoutez-vous cette prochaine tournée ?

Non. Je suis plutôt contente. J'y suis habitué : maintenant pour moi c'est comme boire un verre d'eau. Ce qui me fatigue c'est quand il y a des voyages épuisants, mais sinon ça va surtout que depuis mon accident, les tournées sont beaucoup plus courtes.

En France, il existe une forte communauté capverdienne. Est-ce que chanter en France vous provoque une émotion particulière ?

Vous savez, dans la plupart de mes concerts il y a certes beaucoup de Capverdiens mais en majorité, ce sont surtout les gens du pays qui se déplacent, donc l'émotion est la même que partout ailleurs.

Sur cet album,  y a-t-il des thèmes que vous n'avez pas pu aborder et que vous gardez pour le prochain ?
J'ai beaucoup travaillé pour que cet album voit le jour. Et c'est sûr qu'on ne peut pas traiter tous les thèmes qu'on a à l'esprit dans un même album. Cependant je ne sais pas encore ce que je mettrai dans le prochain album. J'y réfléchirai quand il sera temps d'y penser.

Que pensez-vous du Kuduro qui a pris une ampleur incroyable cet été en France ?
Le Kuduro ? C'est quoi ? (On lui explique qu'il s'agit d'une danse à la mode inspirée du Madisson et originaire principalement d'Angola et du Cap-vert) Ah ! Je ne pense pas qu'il y ait une relation entre ma musique et celle que les jeunes aiment écouter ou diffuser. Moi je reste fidèle à mes racines, à la tradition alors que les jeunes, eux, sont en marge de tout ça.

Et que ressentez-vous quand l'un de vos morceaux est repris et remixé ?
Une fois remixé ça ne ressemble plus à ma musique et du coup, ce n'est plus ma tasse de thé. Mais bon ma musique a été remixée déjà à plusieurs reprises et ma foi, je l'accepte. Rappelez-vous "Petit pays" avec les Neg Marrons… C'est un honneur au final mais ce n'est pas la musique que j'écouterais tous les jours (elle rigole.)

La question du jour

  • Réagissez
  • Imprimez
  • Envoyez par mail
  • rss
  • Ecoutez avec ReadSpeaker
  • Twitter
  • Facebook
  • MySpace
PUBLICITÉ

Toutes vos questions à Jérôme Bonaldi

Passionné de sciences et de technologies, le chroniqueur Jérôme Bonaldi nous présentera le livre qu'il a préfacé : "Les 1001 inventions qui ont changé le monde". Posez lui toutes vos questions, dès maintenant ou en direct, mercredi 17 mars à 11h.

push-jeux

Sudoku, mots fléchés... Retrouvez tous les jeux Metro et les solutions du jour

PUBLICITÉ