L'explication est tombée hier en milieu de journée. Laconique, le message posté par Arte France sur Twitter indique : "Certains protagonistes du premier documentaire "La cité du mâle" se sentant en danger, Arte a décidé d'une déprogrammation temporaire de ce film". La chaîne avait annoncé cette décision, également sur Twitter, peu de temps après l'annulation de la diffusion mardi soir.
A l'origine, ce reportage devait ouvrir la soirée Théma intitulée "Femmes: pourquoi tant de haine?", seulement, une heure avant la diffusion "nous avons été contactés par des protagonistes du documentaire qui se disaient victimes de menaces et de pressions, et qui demandaient la déprogrammation", explique à Liberation.fr, Emmanuel Suard, directeur adjoint des programmes d'Arte France.
Tourné dans la cité Balzac à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), "La cité du mâle" est un documentaire qui traite des relations hommes-femmes à travers les témoignages d'habitants de cette cité dans laquelle Sohane, 17 ans, avait été brûlée vive dans un local à poubelles par un jeune homme en 2002. Cet évènement tragique avait suscité une très vive émotion dans le pays, marquant le point de départ de "La marche des femmes des quartiers contre les ghettos et pour l’égalité", en février 2003.
"Pourquoi les violences faites aux femmes sont-elles trop souvent ignorées ou minimisées ? À travers les scènes de la vie quotidienne, les dits et les non-dits, se dégagent les valeurs autour desquelles se construit une certaine identité masculine et le constat d’une situation qui ne cesse de se dégrader", note la chaîne dans la présentation de ce documentaire.
"Dans le laps de temps qui restait avant la diffusion, il était impossible de vérifier la réalité de ces menaces. Nous avons préféré déprogrammer", poursuit Emmanuel Suard. Selon le directeur des programmes, "la dimension essentielle du problème semble concerner la préservation de l'anonymat de ces témoignages, des questions de floutage, etc.", explique-t-il à Liberation.fr. Le documentaire pourrait être reprogrammé après les conclusions d'une enquête qui doit déterminer le degré de réalité des menaces.
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