Microsoft contre Linux, Nokia contre Apple, il y a quelques années Fujitsu contre Samsung... de plus en plus dans l'univers informatique, comme d'ailleurs dans celui de l'industrie pharmaceutique, les grands groupes mondiaux s'affrontent par brevets interposés, soit pour interdire à leurs concurrents de se développer sur les mêmes marchés, soit pour générer du profit en licenciant leurs technologies voire simplement de vagues idées.
Dernier épisode en date dans la guerre des brevets, Facebook a annoncé le 26 février 2010 que le Bureau des brevets américains lui avait accordé l'enregistrement d'un brevet sur l'affichage des "flux d'actualités" (news feed) de ses utilisateurs, autrement dit de leurs statuts et de toutes les informations partagées sur leur page.
Concrètement, le document enregistré vise à protéger "une méthode pour afficher des actualités dans un environnement de réseau social", une définition plutôt floue qui ne manquera pas de provoquer des batailles juridiques si d'aventure Facebook faisait valoir ce brevet à l'encontre des autres sites de sociabilisation.
C'est tout particulièrement vrai de la plate-forme de microblogging Twitter, directement menacée, dans la mesure où ce service n'a d'autres vocations que l'affichage et la diffusion d'informations au sein d'une communauté choisie (lire "Twitter mode d'emploi").
Interrogé par l'AFP, un représentant du réseau social aux quelque 400 millions de membres a affirmé que "le lancement de News Feed en 2006 a été un moment pivot dans l'histoire de Facebook et a changé la façon dont des millions de gens ont pu consommer et découvrir des informations sur le site".
Se disant "heureux que le brevet (leur) ait été accordé", le porte-parole de Facebook s'est refusé à préciser les intentions de son groupe. Ainsi, plane le doute sans que nécessairement il faille voir à mal derrière cette manoeuvre.
Pour l'analyste Rob Enderle, que cite l'AFP, Twitter ne serait pas vraiment dans la ligne de mire de l'empire bâti par Mark Zuckerberg, ou du moins, il le serait au même titre que MySpace, que Google Buzz et finalement que tout réseau social.
Selon Enderle, malgré l'échec relatif de son lancement, Buzz, la fonction de réseautage apparue sur Gmail début février aurait "réussi à faire une peur bleue à Facebook, parce que ça montre que Google entre sur leur terrain" (lire "Google dégaine son Buzz").
Ainsi, d'après l'analyste, outre l'expression d'un "grand désir d'avoir la propriété de ses clients", on peut envisager ce dépôt de brevet comme "une manoeuvre défensive contre Google". Reste à savoir si Facebook osera vraiment passer à l'attaque, au risque de froisser une bonne partir de ses propres utilisateurs, qui jonglent entre les différents réseaux sociaux.









































