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29 avr 2008

Rue de Rome le 8 février 2008, vers 15h20

Je descendais la rue de Rome en direction de la gare Saint-Lazare, sur le trottoir du côté des numéros pairs, je portais un tailleur pantalon noir, un manteau long noir également, une écharpe rouge. Je suis plutôt petite, blonde, aux yeux verts. Toi tu remontais cette même rue de Rome, tu es plutôt grand, très séduisant, avec des yeux clairs magnifiques. Ce jour-là, tu portais une tenue plutôt décontractée (jean) et une valise de transport d'un instrument de musique, type violon ou guitare, je ne sais plus. Tu m'a regardé, souri, mais tu as continuer ton chemin. Tu étais accompagné d'une belle jeune femme, raison pour laquelle je me suis contentée de te suivre des yeux, n'osant pas t'aborder de peur de peut-être te mettre dans l'embarras vis à vis de cette femme. Je me suis retournée plusieurs fois, tu as fait de même, mais nous allions dans le sens opposé.

Les fonctionnaires, tous des feignants privilégiés ?

Je partage depuis quelques mois la vie d'un fonctionnaire de police. De ce fait, j'ai eu l'occasion de "visiter" les locaux qui leurs sont alloués en bord de Seine, locaux rendus célèbres par un film français récent.

La première impression qui se dégage de ce bâtiment, c'est un délabrement généralisé. Derrière une façade digne du château de la belle au bois dormant, avec ses murs en pierres de taille et ses tourelles rondes, se cachent en fait des pièces sombres et insalubres ou les cafards et les rats ont élus domicile parmi les "poulets" ; les murs s'écaillent de toute part, les sols décrépis sont autant de pièges pour les pieds ; les toilettes sont aussi accueillantes que les pires lieux d'aisance publiques, aussi répugnantes et infectes que les rues au Moyen-âge ; les douches sont inversement proportionnelles aussi peu nombreuses que les agents de police qui s'entassent dans les bureaux étriqués. Ici, les règles mininales d'hygiène et sécurité prônées dans le code du travail sont bien loin d'être respectées.

Au-delà des locaux, les conditions de travail ne sont guère plus réjouissantes : des journées de travail à rallonge, des pauses déjeûners parfois inexistantes, l'impossibilité pure et simple de satisfaire un besoin naturel au cours de certaines interventions de longues durée, etc. Il est évident que certaines affaires sensibles nécessitent des réveils plus que matinaux, mais est-il humain de prolonger ces interventions par des heures de filature ou de planque à n'en plus finir aux quatre coin de Paris et de la banlieue ? Est-il raisonnable de conduire des individus au bord de l'épuisement physique et moral en sachant que leur fonction les amènent à manier des armes à feu ? Comment garantir un état de vigilence suffisant quand ces hommes et ces femmes accumulent les nuits blanches et de multiples journées de 15 à 20h de travail d'affilée ? Où sont les règles élémentaires de prudence ?

Privés de locaux décents, de temps de repos nécessaire et mérité, une cadence hebdomadaire aussi infernale prive aussi ces fonctionnaires de la possibilité de mener une vie sociale en dehors du commissariat, de fonder une famille, de profiter de leur temps libre (puisque quasi inexistant pour beaucoup d'entre eux) pour rencontrer leurs amis, avoir des activités... pour VIVRE tout simplement. Leur entourage sera-t-il contraint à commettre un acte criminel pour peut-être avoir la chance de passer quelques minutes ou quelques heures en leur compagnie ?

Aussi, comment peut-on encore qualifier ces fonctionnaires (de police) de feignants privilégiés ?




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