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Tous les posts de Florence Santrot

9 avr 2008

Pub comparative

"Accepter la pub de Libé... ou pas", tribune de Caroline Brun

Accepter la pub de Libé... ou pas. Puisque ce journal a décidé de se faire un gros coup de com en allant, demain, sur le terrain des gratuits, amusons-nous un peu avec l'exercice du "making-of" cher à sa nouvelle formule. Disons-le tout net : la conférence de rédaction de Metro, hier matin, a été très animée. "Lisez Libération, vous comprendrez pourquoi il est payant" : ce slogan, les journalistes de Metro ne l'ont pas trouvé drôle. Et pourtant, la petite équipe de trentenaires dynamiques ne manque pas d'humour. Plutôt une grande claque, pas très confraternelle.

"Sous-entendu, notre journal gratuit, lui, c'est de la m..., s'offusque Jennifer, le cheveu court en pétard. Il faut refuser cette pub." "C'est hallucinant, ils se moquent de nous dans nos propres colonnes..." renchérit Florence de metrofrance.com, d'habitude si discrète. "C'est hyper-méprisant pour nous, résume Adrien, mais après tout ce qu'ils nous ont mis dans leur page média, depuis six ans, cela ne m'étonne pas". Avec son faux air d'acteur nouvelle, Nouvelle Vague, Jérôme croise les bras sur son tee-shirt Freeman. "Une pub pour Ford, oui, pour Libé, non", sourit-il.

Pas facile de continuer la "conf" comme si de rien n'était... J'ai quand même mon mot à dire.  Quelle reconnaissance pour Metro, au contraire ! Que Libé fasse sa pub chez nous, en soulignant l'avantage comparatif, façon campagne Leclerc, c'est la gloire ! Les avis se partagent, mais j'ai quand même du mal à convaincre. En début d'après-midi, certains localiers (Metro est implanté dans douze métropoles) donnent leur avis par mail. Notre pétulante Karine, de Bordeaux, met les pieds dans le plat : "Ceux et celles qui râlent ont dû oublier que nous n'avons jamais eu la prétention de faire un journal aussi développé que ce que proposent les quotidiens payants. Comme disait notre ancien patron, aujourd'hui numéro 2 de Libération, nous donnons un apéritif informatif à nos lecteurs." Merci à nos 2 323 000 lecteurs quotidiens (+46% en un an) de continuer à trinquer avec nous. Et longue vie à Libé.

15 mar 2008

Un M. Nouvelles technos chez Delanoë

Jean-Louis
Missika
, candidat sur la liste PS dans le XIIè arrondissement à Paris,
pourrait être le prochain maire adjoint en charge des nouvelles
technologies. Il remplacerait à ce poste Danièle Auffray, adjointe
depuis mars 2001. Sociologue, auteur de nombreux essais (dont La fin de la télévision,
paru au Seuil en 2006), Jean-Louis Missika a dirigé JLM Conseil, une
filiale aujourd'hui dissoute d'Altedia, société fondée par Raymond
Soubie, le conseiller pour les affaires sociales de Nicolas Sarkozy.
Parmi les clients de JLM Conseil figurait Bertrand Delanoë. Le possible
futur maire-adjoint aux nouvelles technologies de Paris est par
ailleurs depuis 2004 administrateur d'Iliad, la maison-mère de Free, et
en a été nommé vice-président en janvier 2007. Il est aussi membre du
comité d’investissement en capital risque d’AXA Private Equity. (F.B.)

7 jan 2008

"La fureur et l'ennui" ou quand le terrorisme se fait médiatique

Le pire peut vous arriver au coin de la rue. Avec ou sans preuve, à une époque où le mot "terrorisme" se répète jour après jour dans les journaux, à la télévision, à la radio et sur Internet, un dérapage est vite arrivé. Dans son dernier ouvrage "La fureur et l'ennui", Richard Flanagan montre comment la vie d'une femme peut basculer du jour au lendemain dès lors qu'elle devient la cible de médias déchaînés.

Dans ce polar haletant, Richard Flanagan dresse le portrait d'une jeune australienne strip-teaseuse qui ne rêve que d'une chose : amasser 50.000 dollars pour s'offrir la vie dont elle rêve. Alors qu'elle touche au but, elle rencontre un bel homme, Tariq, avec qui elle passe la nuit. Le lendemain, son cauchemar commence. Tariq est identifié comme un terroriste et elle a été prise en photos à son bras par un système de surveillance. Le couple, baptisé "Bonnie and Clyde" devient l'ennemi numéro 1 de l'Australie. Oui mais voilà, Tariq a disparu...

Pire, un journaliste, habitué du bar de pole dancing où elle travaille, la reconnaît et voit en elle le sujet parfait à monter en épingle pour redorer son blason. Dès lors, commence une véritable descente aux enfers pour la jeune femme sur qui aucune preuve flagrante ne pèse pourtant. Condamnée à errer dans les rues brûlantes de Sidney pour éviter la police à ses trousses qui s'est peu à peu ralliée à la théorie de la "terroriste inconnue", Poupée est une véritable bête traquée, un renard dans une chasse à courre.

Avec "La fureur et l'ennui", Richard Flanagan signe un roman palpitant qui met en exergue les angoisses actuelles de notre société, où le terrorisme est au centre de toutes les attentions et où l'hystérie médiatique peut conduire à la mort. Et on se dit qu'un dérapage est si vite arrivé, que la mort de Jean Charles de Menezes - électricien brésilien abattu "par erreur" de sept balles dans la tête dans une station de métro à Londres en juillet 2005 - n'est pas qu'une coïncidence. A lire pour prendre un peu de recul.

>> La Fureur et l’ennui, de Richard Flanagan, Editeur : Belfond, prix : 21 euros.

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