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   <title>le blog de la Nouvelle Racaille Française</title>
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   <updated>2008-07-03T13:15:22Z</updated>
   <subtitle>Les tribulations de Mabrouck Rachedi, écrivain.</subtitle>
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   <title>Entretien avec Pulsatilla (tentative numéro 2)</title>
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   <published>2008-07-03T13:15:22Z</published>
   <updated>2008-07-03T13:15:22Z</updated>
   
   <summary><![CDATA[Le propre d’une bonne interview, c’est qu’elle met l’intervieweur dans l’embarras au moment de choisir les meilleurs moments pour publication. C’est ce qui s’est passé avec Pulsatilla, auteure de «&nbsp;La...]]></summary>
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      <name>Mabrouck Rachedi</name>
      
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      <![CDATA[<p><i>Le propre d’une bonne interview, c’est qu’elle met l’intervieweur dans l’embarras au moment de choisir les meilleurs moments pour publication. C’est ce qui s’est passé avec Pulsatilla, auteure de «&nbsp;La cellulite, c’est comme la mafia, ça n’existe pas&nbsp;» (éd. Au Diable Vauvert, </i>traduit de l’italien par Antoine Martin<i>) interrogée&nbsp; pour <a href="http://www.respectmag.fr/">Respect Magazine</a> de juin (qui vient de paraître, jetez-vous dessus&nbsp;!). L’extrait suivant présente les «&nbsp;rushes&nbsp;» de ce qui se trouve page 64, ce qui a été coupé au montage. Précision&nbsp;: les meilleurs moments n’y étant pas, vous devrez acheter Respect <a href="http://www.respectmag.fr/">Magazine</a> pour les lire.
</i><i>
Après 100&nbsp;000 exemplaires vendus de«&nbsp;La cellulite, c’est comme la mafia, ça n’existe pas&nbsp;» &nbsp;&nbsp;en Italie, le même succès en France&nbsp;? C’est le chemin que prend ce livre drôle, frais, à la plume légère et acérée d’une jeune femme décontractée et souriante, malgré une campagne de promotion intensive et éreintante. Ah, le charme italien…
</i><b>

<p>Tu écris&nbsp;: «&nbsp;Ce livre, en dehors d’être le médiocre roman qu’il est, aurait pu être un best-seller et faire de moi un écrivain pété de thunes, au lieu de me limiter au froid décompte de quelques centaines de clopinettes que je touche&nbsp;». Qu’est-ce que ça fait d’être un écrivain pété de thunes tout en s’étant trompée autant&nbsp;?<br />
</b><br />
Je ne suis pas pétée de thunes. Chaque auteur de premier livre se fait un peu arnaquer et comme ma maison d’édition italienne était petite, mon contrat était plutôt du genre «&nbsp;signe ici et basta&nbsp;». &nbsp;Je n’ai pas encore touché le peu que l’on me doit, malgré le succès du livre. C’est pourquoi je vais changer d’éditeur italien.<br />
<b><br />
Ce non-roman avec un non-titre a été un non-échec en Italie. As-tu une non-explication à cela&nbsp;? [NdR : Pulsatilla qualifie son livre de non-roman]<br />
</b><br />
[Rires] Non. Je crois que juste c’était le bon livre sorti au bon moment. Il n’y avait aucune préméditation, aucune recette savante pour que ça marche. Peut-être la légèreté et l’ingénuité sont-elles des raisons. Et il y aussi ce passage sur les Mirella, ces ballerines porte-bonheur que je plaçais sur le poste de télé lors de chaque match de l’équipe de foot italienne pendant la coupe du monde 2006 avec le résultat que l’on sait&nbsp;: l’Italie a gagné&nbsp;! [rires]<br />
<b><br />
Peux-tu expliquer le non-titre Italien [<i>La Ballata delle prugne secche</i>]&nbsp;?<br />
</b><br />
Comme dans mon livre je me suis mise à parler d’autre chose que de mes fiancés en abordant des sujets intimes, des trucs de filles, le titre n’avait plus de sens. Un après-midi, je me suis pris la tête entre les mains pour trouver un autre titre susceptible de plaire à la maison d’édition. A côté de moi, il y avait un album de Corto Maltese, <i>La ballade de la mer salée</i>. J’ai trouvé que ballade était un joli mot, très poétique et qu’il contrastait&nbsp; de façon amusante avec des prosaïques pruneaux secs. Quand je suis allée chez mon éditeur pour proposer mes idées, ils ont tous refusés sauf <i>La ballade des pruneaux secs</i> qu’ils ont trouvé génial, même s’il n’a d’autre sens que de vouloir amuser.<br />
<b><br />
Est-ce que ton expérience dans la pub t’a aidée à trouver le titre&nbsp;?<br />
</b><br />
Non, c’est plutôt l’inverse, je suis arrivée dans la pub car je trouvais assez facilement des slogans. J’ai la capacité à capter l’attention par de bons mots.<br />
<b><br />
Tu es devenue Valeria après avoir failli t’appeler Marco. Est-ce que ce traumatisme de la petite enfance a influencé ta plume caustique et acerbe&nbsp;?<br />
</b><br />
Je pense avoir un cerveau masculin pour beaucoup de choses. Je me sens souvent coincé dans la peau d’un homme.<br />
<b><br />
De situations apparemment pas drôles (comme le divorce de tes parents), tu fais des moments d’humour savoureux. Est-ce qu’écrire est une thérapie pour toi&nbsp;?<br />
</b><br />
Oui, il y a des choses trop dures à digérer pour une petite fille. Je suis devenue écrivain pour réécrire l’histoire à ma façon, de manière grotesque. Je pense qu’une bonne rigolade peut être salvatrice.<br />
<b><br />
Tu as été une chat addict, ce qui a été l’occasion de rencontres improbables. Continues-tu&nbsp;? Avec le recul, regrettes-tu cela&nbsp;? Et ton blog&nbsp;?<br />
</b><br />
Je ne chatte plus. Ca m’ennuie à mourir, même si je vois cette période de ma vie avec tendresse. C’était une étape. Je ne vais plus qu’une fois par semaine sur mon blog alors qu’avant, c’était une fois par jour.<br />
<b><br />
Penses-tu que la pratique intensive du chat puis du blog ait aiguisé ta plume&nbsp;? Est-ce que ça a été en quelque sorte un atelier d’écriture pour toi&nbsp;?<br />
</b><br />
Le blog oui car j’écrivais tous les jours dessus, ce qui est devenu une forme d’entraînement.<br />
<b><br />
James, que tu as rencontré virtuellement dans un chat mais pas en vrai, semble être paradoxalement l’amour de ta vie.&nbsp; Est-ce que tous les hommes sont décevants quand on les rencontre&nbsp;?<br />
</b><br />
James a été l’homme de ma vie pendant 2 heures et demi. Quand on va dans des chats, il manque des morceaux de son interlocuteur alors on remplit les trous avec nos fantasmes. Je suspecte que James était un crétin. D’ailleurs, je me rappelle que c’était un fan de George Michael&nbsp;! [rires]<br />
<b><br />
Pour finir, que penses-tu du réchauffement climatique, de l’extinction des lions de mer et du cinéma kazakh&nbsp;? [NdR : référence à la préface du livre où Pulsatilla raconte qu’avec le succès, on lui a posé des questions sur tout et n’importe quoi]<br />
</b><br />
[rires] Puisque tu veux une réponse drôle, je vais te donner une réponse sérieuse&nbsp;! Pour le réchauffement climatique, vous Français, vous gaspillez un paquet d’énergie. Je n’arrive pas à dormir parce que les radiateurs sont poussés à fond. Quand j’ai demandé des explications, on m’a répondu «&nbsp;de toute façon, on a le nucléaire&nbsp;»</p><br />
<p>Je souffre dans ma chair de l’extinction des lions de mer, tellement que je n’arrive pas à en parler [rires]<br />
Quant au cinéma kazakh, moi qui suis une fan de comédies, je crains que ça me casse les couilles&nbsp;!<i></p>

<p><br />
Merci à Réjane Ereau, rédactrice en chef de Respect Magazine d’avoir le talent de découvrir des talents, dont Pulsatilla. Merci aussi à Anne Vaudoyer, attachée de presse du Diable Vauvert, qui permet de belles rencontres, toujours avec la même disponibilité et le même sourire.</i></p></p>]]>
      
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   <title>Entretien avec Pulsatilla</title>
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   <published>2008-07-03T13:09:05Z</published>
   <updated>2008-07-03T13:09:06Z</updated>
   
   <summary><![CDATA[Le propre d’une bonne interview, c’est qu’elle met l’intervieweur dans l’embarras au moment de choisir les meilleurs moments pour publication. C’est ce qui s’est passé avec Pulsatilla, auteure de «&nbsp;La...]]></summary>
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      <name>Mabrouck Rachedi</name>
      
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      <![CDATA[<p><i>Le propre d’une bonne interview, c’est qu’elle met l’intervieweur dans l’embarras au moment de choisir les meilleurs moments pour publication. C’est ce qui s’est passé avec Pulsatilla, auteure de «&nbsp;La cellulite, c’est comme la mafia, ça n’existe pas&nbsp;» (éd. Au Diable Vauvert, </i>traduit de l’italien par Antoine Martin<i>) interrogée&nbsp; pour <a href="http://www.respectmag.fr/">Respect Magazine</a> de juin (qui vient de paraître, jetez-vous dessus&nbsp;!). L’extrait suivant présente les «&nbsp;rushes&nbsp;» de ce qui se trouve page 64, ce qui a été coupé au montage. Précision&nbsp;: les meilleurs moments n’y étant pas, vous devrez acheter <a href="http://www.respectmag.fr/">Respect Magazine</a> pour les lire.
</i><i>Après les 100&nbsp;000 exemplaires vendus de «&nbsp;La cellulite, c’est comme la mafia, ça n’existe pas&nbsp;» &nbsp;&nbsp;en Italie, le même succès en France&nbsp;? C’est le chemin que prend ce livre drôle, frais, à la plume légère et acérée d’une jeune femme décontractée et souriante, malgré une campagne de promotion intensive et éreintante. Ah, le charme italien…
</i><b>
Tu écris&nbsp;: «&nbsp;Ce livre, en dehors d’être le médiocre roman qu’il est, aurait pu être un best-seller et faire de moi un écrivain pété de thunes, au lieu de me limiter au froid décompte de quelques centaines de clopinettes que je touche&nbsp;». Qu’est-ce que ça fait d’être un écrivain pété de thunes tout en s’étant trompée autant&nbsp;?
</b>
Je ne suis pas pétée de thunes. Chaque auteur de premier livre se fait un peu arnaquer et comme ma maison d’édition italienne était petite, mon contrat était plutôt du genre «&nbsp;signe ici et basta&nbsp;». &nbsp;Je n’ai pas encore touché le peu que l’on me doit, malgré le succès du livre. C’est pourquoi je vais changer d’éditeur italien.</p>
<p></p>]]>
      
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   <title>La Nouvelle Racaille Française</title>
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   <published>2008-06-30T09:34:25Z</published>
   <updated>2008-06-30T09:34:25Z</updated>
   
   <summary>En cette période où les tensions communautaristes s’exacerbent avec les médias en caisse de résonance, je revendique mon droit à l’identité plurielle. Je suis français, né en France, élevé aux...</summary>
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      <name>Mabrouck Rachedi</name>
      
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      <![CDATA[<p>En cette période où les tensions communautaristes s’exacerbent avec les médias en caisse de résonance, je revendique mon droit à l’identité plurielle.

<p>Je suis français, né en France, élevé aux mamelles de l’école républicaine dans le respect de la laïcité. Je parle et écris français mieux qu’aucune autre langue, que je baragouine tout au plus. J’ai lu dans la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, héritage glorieux de notre Histoire, que ma liberté s’arrêtait là où commençait celle des autres. Je respecte ce principe vertueux comme je respecte la loi de mon pays. Mes ancêtres ne sont pas gaulois mais certains ont fait la guerre pour défendre la France et porter ses valeurs. Je crois avec Saint-Exupéry&nbsp; que «&nbsp;nous ne possédons pas la terre, nous l’empruntons à nos enfants&nbsp;».</p>

<p>Je suis kabyle, né de deux parents kabyles algériens, qui avaient eux-mêmes des parents kabyles algériens... Un lion pourrait naître dans une étable, dans un nid ou dans une maison, il resterait un lion. De la même façon, mon sang, mes racines, ma chair, ma culture me relient à la population berbère, ici en France et partout dans le monde. Je ne tire aucune fierté ni aucune honte à être ce que le hasard de la naissance a décidé. Je suis qui je suis et puis c’est tout.</p>

<p>Je suis citoyen du monde. En littérature, j’admire le Français Balzac, l’Algérien Yacine, la Britannique Christie, la Guatémaltèque Menchu, l’Israélien Oz, l’Argentin Borges, l’Allemande Arendt, le Japonais Murakami, le Turc Pamuk, le Nigérian Soyinka… Je mange des spaghettis italiennes, de la paella espagnole, de la bouillabaisse française, du couscous arabe, des sushis japonais, des hamburgers américains, du maffé africain, des nems vietnamiens… J’applaudis aux exploits du Suisse Federer, de l’Ethiopienne Dibaba, de l’Australienne Jackson, du Brésilien Ronaldo… J’aime l’art, la bouffe, l’accomplissement physique d’où qu’ils viennent, sans chauvinisme. Mes goûts, mes inclinations ne connaissent de frontières qu’entre ce qui est beau et ce qui ne l’est pas.</p>

<p>Selon &nbsp;Scott Fitzgerald, «la marque d'une intelligence de premier plan est qu'elle est capable de se fixer sur deux idées contradictoires sans pour autant perdre la possibilité de fonctionner ». C’est vrai a fortiori quand les idées ne sont pas contradictoires. La nationalité française sous-entend des devoirs mais n’est pas incompatible avec la diversité de ce qu’Amel Bent appelle le Nouveau Français. C’est pourquoi je revendique le terme de Nouvelle Racaille Française. Parce qu’on peut être français, kabyle, citoyen du monde. Et l’affirmer avec autodérision.</p></p>]]>
      
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   <title>La Nouvelle Racaille Française</title>
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   <published>2008-06-30T09:02:20Z</published>
   <updated>2008-06-30T09:02:20Z</updated>
   
   <summary><![CDATA[&nbsp;...]]></summary>
   <author>
      <name>Mabrouck Rachedi</name>
      
   </author>
   
   
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      <![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p></p>]]>
      
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   <title>R.I.P Albert Cossery (hommage de Peggy Derder)</title>
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   <published>2008-06-26T13:08:53Z</published>
   <updated>2008-06-26T13:08:53Z</updated>
   
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      <![CDATA[<p>Albert Cossery, une ancienne racaille égyptienne, est mort le dimanche 22 juin dans l’hôtel parisien où il habitait depuis plus de 60 ans. Celui qui disait écrire deux phrases par semaine a publié moins d’une dizaine de livres qu’il m’est impossible de résumer en un billet vu que je maîtrise mal le sujet. Mais Peggy Derder, oui. Elle m’a envoyé trois extraits du maître que je reproduis avec son accord. Peggy renvoie au livre «&nbsp;Conversation avec Albert Cossery&nbsp;» de Michel Mitrani (éd. Joëlle Losfeld, 1995) et à l’article de <a href="http://www.liberation.fr/culture/334013.FR.php">Libé, Cossery, la dernière sieste</a>. Et bien évidemment à toute l’œuvre de Cossery que l’on peut s’offrir dans le catalogue des éditions Joëlle Losfeld.

<p>" - Ton frère Galal. Dormir pendant sept ans ! Quel artiste !<br />
- Tu trouves que c'est un artiste ?<br />
- Certainement. C'est ce que j'essaye d'expliquer aux imbéciles de ce quartier. Ils vous prennent pour des fainéants.<br />
- Mais c'est la vérité. Pourquoi les contredire ?<br />
- Ce sont des ânes, te dis-je. Ils ne comprennent pas toute la beauté qu'il y a dans cette paresse. Vous êtes une famille extraordinaire."<br />
Albert Cossery in Les Fainéants dans la vallée fertile.<br />
</p><br />
<p><br />
"Gohar reprit sa marche à travers la foule. Il était<br />
parfaitement heureux. C'était toujours la même chose, cet émerveillement qu'il avait devant l'absurde facilité de la vie. Tout était dérisoire et facile. Il n'avait qu'à regarder autour de lui pour s'en convaincre. La misère grouillante qui l'environnait n'avait rien de tragique. Elle semblait receler en elle une mystérieuse opulence, des trésors d'une richesse inouie et insoupçonnée"<br />
Mendiants et Orgueilleux.</p>

<p>"- Ils projettent sans doute de faire une farce. Je les connais. Ils passent leur temps à s'amuser.<br />
- Tu te trompes. Ils font semblant de s'amuser, mais ce n'est qu'une ruse. En vérité ils complotent contre le gouvernement. Sinon pourquoi resteraient-ils oisifs ?<br />
- Peut être qu'ils trouvent la vie plus agréable à ne rien faire... C'est une philosophie nouvelle, ils sont décidés à la mettre en pratique.<br />
- En ce qui les concerne, je pense qu'ils doivent trouver ce monde abject et révoltant, mais qu'ils ne tiennent guère à le changer. C'est du moins l'impression qu'ils me donnent.<br />
- Tu veux dire qu'ils méprisent trop ce monde pour le changer ?<br />
- Je dirais plutôt que c'est de l'indifférence, et non du mépris.<br />
- Mais, d'après toi, qu'espèrent-ils ?<br />
- Mais ils n'espèrent rien. La vie. La vie, Excellence. La vie seule les intéresse."<br />
Albert Cossery, in Un complot de saltimbanques.</p></p>]]>
      
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   <title>Stress/ No stress, la bipolarité française ?</title>
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   <published>2008-06-23T09:45:29Z</published>
   <updated>2008-06-23T09:45:29Z</updated>
   
   <summary>Stress de Justice est l’une des vidéos les plus regardées sur Internet, No stress de Laurent Wolf est l’un des grands succès de l’année. Sur fond de musique électronique, les...</summary>
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      <![CDATA[<p><i>Stress </i>de Justice est l’une des vidéos les plus regardées sur Internet, <i>No stress</i> de Laurent Wolf est l’un des grands succès de l’année. Sur fond de musique électronique, les deux titres donnent chacun un visage au stress de notre société qui trouve un large écho auprès du grand public. Alors stress ou no stress&nbsp;?

<p><i><br />
Stress</i>, c’est huit jeunes hommes qui agressent des quidams, tagguent des murs, saccagent et brûlent une voiture&nbsp; Au pied des tours, dans les couloirs du métro, dans la rue, dans un café, &nbsp;partout, tout le monde y passe&nbsp;! Filmées sur le mode du happy slapping, les scènes, d’un réalisme cru, ont heurté par leur violence semble-t-il gratuite. L’objectif&nbsp; de Xavier de Rosnay et Gaspard Augé, les membres du groupe, était &nbsp;"d'ouvrir le débat, susciter des questions, comme le font régulièrement le cinéma, la littérature ou l'art contemporain". L’histoire du cinéma est jalonnée de polémique de ce genre, comme <i>Orange mécanique</i> de Stanley Kubrick, <i>Salo ou les 120 journées de Sodome</i>, de Pier Paolo Pasolini, <i>Tueurs nés</i> d’Oliver Stone, <i>Les guerriers de la nuit</i> de Walter Hill,&nbsp; <i>Menace II Society</i> d’Albert et Allen Hughes, <i>Funny Games</i> de Michael Haneke, <i>Assassin(s)</i> de Matthieu Kassovitz,<i> Irréversible</i> de Gaspard Noé … Ces films ont été accusés au mieux de complaisance dans la représentation de la violence, au pire d’incitation au crime.<br />
<i></p>

<p>No stress</i>, ce sont des scènes de bureau filmées par des caméras de vidéo-surveillance. Au départ, l’objectif saisit les tics nerveux des travailleurs et ça finit par des pétages de plomb en série où les cols blancs fracassent leurs ordinateurs.&nbsp; Quelques extraits du morceau traduits&nbsp;: <i>Je ne veux pas travailler aujourd’hui/ Je veux juste rester</i> et plus loin <i>Je ne veux pas perdre mon temps/ Je ne veux pas ressentir ce stress/ Ce n’est pas que je suis fainéant /Je crois juste que je suis fou. </i>Des paroles qui tiennent plus du droit à la paresse que du travailler plus pour gagner plus.<br />
<i><br />
Stress</i> et <i>No stress</i> se rejoignent non seulement dans la forme, empruntant aux nouvelles technologies vidéos qui se sont généralisées ces dernières années mais aussi sur le fond&nbsp;: la violence. Alors que chez Laurent Wolf, il apparaît explicitement que la violence de la société engendre la violence réactionnelle du travailleur, chez Justice, si le déferlement de violence renvoie de façon implicite à l’imagerie de «&nbsp;la barbarie urbaine&nbsp;» telle qu’on peut la voir représentée dans les médias – des tours, une bande de jeunes plutôt typés… - motivations et explications sont absentes, d’où le malaise. Mais n’est-ce pas là une des fonctions de l’art&nbsp;? Je laisse la question ouverte.</p>

<p>Les deux morceaux ont ceci de paradoxaux qu’ils soulèvent à la fois de vraies questions et qu’ils se dansent dans les discothèques, lieux de divertissement par excellence. Dans ses travaux, Bourdieu&nbsp; soulignait l’étymologie du mot&nbsp;: faire diversion. De fait, les clubbeurs vont en boite pour tout sauf réfléchir, d’où une dichotomie entre l’image et le son, entre l’artiste/émetteur qui veut dénoncer et le clubbeur/ récepteur qui se défoule sur des airs entraînants. Ou peut-être que ce grand écart est le symbole de la bipolarité de la population française, dépressive *, qui se laisse aller à des élans maniaques de divertissement **&nbsp;: au stress répondrait le besoin d’agitation compulsive.</p>

<p>* Tous les indicateurs sur le moral des Français tendent à le montrer<br />
** Dont un exemple frappant est le succès faramineux et inattendu des Ch’tis.</p></p>]]>
      
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   <title>Stress/ No stress, la bipolarité française ?</title>
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   <published>2008-06-23T09:39:34Z</published>
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      <![CDATA[<p><i>Stress </i>de Justice est l’une des vidéos les plus regardées sur Internet, <i>No stress</i> de Laurent Wolf est l’un des grands succès de l’année. Sur fond de musique électronique, les deux titres donnent chacun un visage au stress de notre société qui trouve un large écho auprès du grand public. Alors stress ou no stress&nbsp;?
<em>
Stress</em>, c’est huit jeunes hommes qui agressent des quidams, tagguent des murs, saccagent et brûlent une voiture&nbsp; Au pied des tours, dans les couloirs du métro, dans la rue, dans un café, &nbsp;partout, tout le monde y passe&nbsp;! Filmées sur le mode du happy slapping, les scènes, d’un réalisme cru, ont heurté par leur violence semble-t-il gratuite. L’objectif&nbsp; de Xavier de Rosnay et Gaspard Augé, les membres du groupe, était &nbsp;"d'ouvrir le débat, susciter des questions, comme le font régulièrement le cinéma, la littérature ou l'art contemporain". L’histoire du cinéma est jalonnée de polémique de ce genre, comme <i>Orange mécanique</i> de Stanley Kubrick, <i>Salo ou les 120 journées de Sodome</i>, de Pier Paolo Pasolini, <i>Tueurs nés</i> d’Oliver Stone, <i>Les guerriers de la nuit</i> de Walter Hill,&nbsp; <i>Menace II Society</i> d’Albert et Allen Hughes, <i>Funny Games</i> de Michael Haneke, <i>Assassin(s)</i> de Matthieu Kassovitz,<i> Irréversible</i> de Gaspard Noé … Ces films ont été accusés au mieux de complaisance dans la représentation de la violence, au pire d’incitation au crime.
<i>

<p>No stress</i>, ce sont des scènes de bureau filmées par des caméras de vidéo-surveillance. Au départ, l’objectif saisit les tics nerveux des travailleurs et ça finit par des pétages de plomb en série où les cols blancs fracassent leurs ordinateurs.&nbsp; Quelques extraits du morceau traduits&nbsp;: <i>Je ne veux pas travailler aujourd’hui/ Je veux juste rester</i> et plus loin <i>Je ne veux pas perdre mon temps/ Je ne veux pas ressentir ce stress/ Ce n’est pas que je suis fainéant /Je crois juste que je suis fou. </i>Des paroles qui tiennent plus du droit à la paresse que du travailler plus pour gagner plus.</p>

<p><i><br />
Stress</i> et <i>No stress</i> se rejoignent non seulement dans la forme, empruntant aux nouvelles technologies vidéos qui se sont généralisées ces dernières années mais aussi sur le fond&nbsp;: la violence. Alors que chez Laurent Wolf, il apparaît explicitement que la violence de la société engendre la violence réactionnelle du travailleur, chez Justice, si le déferlement de violence renvoie de façon implicite à l’imagerie de «&nbsp;la barbarie urbaine&nbsp;» telle qu’on peut la voir représentée dans les médias – des tours, une bande de jeunes plutôt typés… - motivations et explications sont absentes, d’où le malaise. Mais n’est-ce pas là une des fonctions de l’art&nbsp;? Je laisse la question ouverte.</p>

<p>Les deux morceaux ont ceci de paradoxaux qu’ils soulèvent à la fois de vraies questions et qu’ils se dansent dans les discothèques, lieux de divertissement par excellence. Dans ses travaux, Bourdieu&nbsp; soulignait l’étymologie du mot&nbsp;: faire diversion. De fait, les clubbeurs vont en boite pour tout sauf réfléchir, d’où une dichotomie entre l’image et le son, entre l’artiste/émetteur qui veut dénoncer et le clubbeur/ récepteur qui se défoule sur des airs entraînants. Ou peut-être que ce grand écart est le symbole de la bipolarité de la population française, dépressive *, qui se laisse aller à des élans maniaques de divertissement **&nbsp;: au stress répondrait le besoin d’agitation compulsive.</p>

<p>* Tous les indicateurs sur le moral des Français tendent à le montrer<br />
** Dont un exemple frappant est le succès faramineux et inattendu des Ch’tis.</p></p>]]>
      
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   <title>Au pays des blogueurs (3) : le café littéraire de Gaëlle</title>
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   <published>2008-06-19T09:49:02Z</published>
   <updated>2008-06-19T09:49:02Z</updated>
   
   <summary>A la différence de Sushina et Mandor, que j’ai connus sur le web, Gaëlle a d’abord été un être de chair, de sang et de sourire avant que je ne...</summary>
   <author>
      <name>Mabrouck Rachedi</name>
      
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      <![CDATA[<p>A la différence de Sushina et Mandor, que j’ai connus sur le web, <a href="http://cafedegaelle.blogspot.com/">Gaëlle</a> a d’abord été un être de chair, de sang et de sourire avant que je ne découvre son blog. Cela altère sans doute ma perception. Chaque fois que j’entre dans le <a href="http://cafedegaelle.blogspot.com/">café littéraire de Gaëlle</a>, je la vois en tenancière, derrière le zinc, avec une serviette sur l’épaule et son sourire inimitable aux lèvres. Un loustic&nbsp;glisse une pièce dans la fente du juke-box qui joue «&nbsp;Every kinda people&nbsp;» de Robert Palmer puis gueule «&nbsp;Paul, une Tourtelle&nbsp;!&nbsp;». Là, Gaëlle – ou Paul ou Paule, tout ça est très confus – déboule et crie wazaaaaaaaa… Bon, j’arrête sinon je risque l’internement&nbsp;!

<p>J’ai connu Gaëlle au salon du livre de Toulon où elle recevait le prix Encre Marine pour son premier roman&nbsp;<i>L’ancre des rêves</i> (éd. Robert Laffont). L’écrivain cristallisait toute les attentions auxquelles elle répondait par son inimitable sourire sus-évoqué mais non sus-décrit car ineffable.</p>

<p>Attention, il n’y a pas que le sourire chez Gaëlle, il y a aussi un premier roman fantastique, dans tous les sens du terme. Ce qui m’a d’emblée frappé dans <i>L’ancre des rêves</i>, ce sont les titres de chapitres et les noms des personnages&nbsp;: Guinoux, Lunaire, Enogat, Ewan, Ardélia et mon préféré Ebenezer. Là, comme tu es une nouvelle racaille française, tu te demandes si Gaëlle ne revisite pas le dictionnaires des prénoms chelous. Puis tu te rappelles que ton prénom, c’est Mabrouck alors, tu fermes ta gueule, hein.</p>

<p>Quand tu ouvres la première page, c’est le début de la fin. En posant tes yeux sur «&nbsp;Cette nuit-là&nbsp;», tu ne savais pas que tu enclenchais un engrenage infernal qui ne se terminerait qu’au dernier mot («&nbsp;capables&nbsp;») de la belle dernière phrase du roman (que je ne citerai pas car elle se mérite). &nbsp;A vrai dire, tu te doutais que la Gaëlle était&nbsp;CAPABLE de capter ton attention car tu l’avais entendu parler avec verve et passion de l’œuvre de Polanski, mais peut-être pas à ce point. Tu penses à <i>Sixième sens</i> de Shyamalan et la fameuse phrase «&nbsp;I see dead people&nbsp;» que - tiens, tiens - Gaëlle cite dans son dernier billet. Moi, cette phrase, elle me parle particulièrement vu que j’ai soûlé mon entourage avec sa traduction française&nbsp;: je vois des fantômes… (yeux écarquillés, ô temps suspend ton vol)… Tout le temps (inflexion inquiétante, voix cassée).</p>

<p>Dans <i>L’ancre des rêves</i>, il y a surtout la patte d’un écrivain ou d’une écrivaine – tout ça est très confus – avec, au hasard, des passages comme «&nbsp;Et puis, avec <i>La Marie-Louise</i> immobile et hostile, avec le fracas de l’échelle de corde dans la barque, avec la voix métallique d’un fouet, les signaux s’agitèrent de concert, sans que l’envie de fuir eût vraiment sa chance&nbsp;», «&nbsp;Les marins les voulaient les yeux mouillés sur le quai, agitant leur foulard ou la main potelée du petit dernier. Ils les voulaient ainsi et ils obtenaient cette image à laquelle accrocher leurs pensées, cette image sincère et trompeuse qui recouvrait et les dissonances et leur permettait de redevenir des pères, des époux dont la place restait chaude dans le lit déserté&nbsp;» et des dizaines d’autres que tu aurais dû marquer, ce que tu regrettes de n’avoir pas fait là, maintenant, tout de suite alors que tu es censé raconter le livre. Alors tu en appelles au hasard au lieu de renvoyer à la description de Cardec, à la lettre de Ronan et, inévitablement, à la dernière phrase que, non, non, je n’écrirai pas.<br />
<i><br />
L’ancre des rêves</i>, ça commence par le récit parallèle de l’itinéraire de trois frères secoués par d’affreux cauchemars. Où se termine le rêve, où commence la réalité&nbsp;? C’est cette frontière poreuse qu’explore en funambule Gaëlle avec un sens sadique du suspens. Là, tu repenses à Shyamalan dans la façon de dilater le temps, de jouer sur tes nerfs de lecteur qui veuuuuut savoiiiiiiir la fiiiiiiiin comme un bébé qui veuuuuut son hoooochet&nbsp;<i>! L’ancre des rêves</i> te renvoie à tes instincts primaux et joue sur tes angoisses. Par exemple, une des scènes finales dans laquelle Lunaire se trouve en très fâcheuse position m’a renvoyé l’image d’une vraie angoisse personnelle. Et là, tu oublies le sourire inimitable de Gaëlle – oui, oui, c’est possible&nbsp;– et tu flippes ta race.</p>

<p>Mon petit billet est très confus – je t’avais prévenu, ô lecteur – mais, crois-moi, c’est vachement mieux écrit dans <i>L’ancre des rêves</i>. Ce billet n’a donc rien à voir avec le café littéraire de Gaëlle, où on parle de littérature avec luxe, calme et volupté. C’est qu’elle lit, la bougresse, et qu’elle écrit bien sur ce qu’elle lit. Ce n’est pas un hasard si ses nombreux admirateurs demandent une présence plus assidue à celle qui est devenue depuis peu la reine du raffut, du plaquage et accessoirement, de la fourchette et du (darth) maul. Eh oui, Gaëlle est une spécialiste du rugby. Tu peux lui demander le récit de l’action qui a donné la victoire au Racing Club Toulonnais en 1931, elle te répondra sans hésiter. Elle passe d’Aqua, Champ, Motteroz, Orsoni, Gruarin à Coe, Brontë, Stendhal ou Camus avec le même sourire inimitable – mais je crois que j’en ai déjà parlé, non&nbsp;?</p>

<p>Cerise sur le gâteau, grâce à Gaëlle, j’ai connu <a href="http://legolb.over-blog.com/">Thom</a>, dont je reparlerai ici. Comme un avant-goût à ce futur post, je cite une expression dudit <a href="http://legolb.over-blog.com/">Thom</a>&nbsp;: voilà comment j’ai raté mon billet sur Gaëlle.</p></p>]]>
      
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   <title>Un paradoxe à la Kuhn</title>
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   <published>2008-06-11T10:44:22Z</published>
   <updated>2008-06-11T10:44:23Z</updated>
   
   <summary>J’ai rencontré Maxime la semaine dernière. Pour qui aurait le mauvais goût de ne pas connaître Maxime, précisons que c’est un universitaire française qui dispense son savoir immense aux Etats-Unis....</summary>
   <author>
      <name>Mabrouck Rachedi</name>
      
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      <![CDATA[<p>J’ai rencontré Maxime la semaine dernière. Pour qui aurait le mauvais goût de ne pas connaître Maxime, précisons que c’est un universitaire française qui dispense son savoir immense aux Etats-Unis. Maxime parle de Derrida, Deleuze, Fourier, Spinoza comme moi je parle des résultats du match de foot d’hier ou comme je te demanderai de me passer le sel. Alors parfois, quand tu parles à Maxime, tu prends un air vachement concerné genre tu fronces les sourcils, tu te pinces les lèvres et tu hoches la tête. Le pire, c’est que le bonhomme est tellement intéressant et pédagogue que tu finis par comprendre malgré toi. Good bargain.

<p>Dans la conversation, entre une digression prosaïque sur l’intertextualité Bejamino-marxienne et une considération hautement philosophique sur le coup droit de Federer – devine qui a dit quoi -, j’en viens à parler de Kuhn. Accès de faiblesse ou de vanité, va savoir ce que Kuhn est venu faire dans cette galère. Qui connaît de Thomas Samuel Kuhn&nbsp;? Un peu moins de monde que ceux qui connaissent Eric Besson, semble-t-il, car même Maxime n’avait pas entendu parler de l’épistémologue.</p>

<p>Et là, tu te dis que la vie vaut parfois d’être vécue juste pour le plaisir d’un échange de rôles. Maxime qui a beaucoup étudié les interactions dynamiques entre l’élève et le professeur, devient l’élève. Comme j’ai très bonne mémoire, je me rappelle mot pour mot ce que j’ai très doctement dit&nbsp;: «&nbsp;Pour Kuhn, le développement scientifique dépend en partie d’un processus de changement qui n’est pas une simple croissance, mais une révolution. Il y a de grandes révolutions comme celles qui sont associées aux noms de Copernic, de Newton ou de Darwin, mais la plupart sont beaucoup plus petites, comme la découverte de l’oxygène ou celle de la planète Uranus. Ce qui prélude ordinairement ce changement, d’après l’auteur, c’est la prise de conscience d’une anomalie, d’un événement ou d’un ensemble d’événements qui n’entrent pas dans les cadres existants pour l’ordonnancement des phénomènes. Le changement qui en résulte est donc de "se coiffer d’un type différent de chapeau pensant", un chapeau qui fait entrer l’anomalie dans la loi, mais qui, du même coup, transforme aussi l’ordre que présentent d’autres phénomènes, ordre autrefois sans problèmes. C’est donc ainsi que la conception de la nature du changement révolutionnaire de l’auteur a émergé&nbsp;» *</p>

<p>Après cette démonstration de force, Maxime est époustouflé, moi je bois du petit (chocolat au) lait. Il y a une explication inavouable derrière ce savoir encyclopédique. Le nom. Je ne sais pas pour toi, mais une anomalie ou un paradoxe à la Kuhn, ça me faire rire. Prononce à haute voix et tu sauras pourquoi ça m’a parlé à moi, amateur des guignols de l’info et accessoirement de l’expression ispice di counasse. Il y a des marottes idiotes comme ça, qui ont traversé ma scolarité.</p>

<p>Un exemple&nbsp;: la matrice de Jordan en maths. Moi, le plus grand fan de Michael Jordan, je ne pouvais pas ne pas être le meilleur dans cette matière. En jordanisant une matrice, je devenais un peu le Jordan des maths à défaut d’être le Jordan des parquets. Et tu sais quoi&nbsp;? J’ai tout déchiré lors de mes partiels. Je suis venu avec mon maillot 23 des Bulls, j’ai tiré la langue pendant tout l’exam et j’ai dunké mes brouillons rageusement dans la corbeille à papiers tel un clutch player des salles de classe. A la fin, j’ai gueulé à la prof «&nbsp;c’est pour toi Alonzo&nbsp;», imitant sa majesté Jordan écrasant le dunk du siècle sur Alonzo Mourning. </p>

<p>Bref, c’est par application du principe psychanalytique de transfert que j’ai épaté Maxime. Si c’est pas un paradoxe à la Kuhn, ça&nbsp;?</p>

<p>* en fait, ce n’est pas du tout ma mémoire qui a joué, j’ai même embrouillé les concepts et les mots. Vous pouvez retrouver cet extrait sur le site du CNAM&nbsp;: <a href="http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/kuhn.html">http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/kuhn.html</a> </p></p>]]>
      
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   <title>Entre les murs (troisième et dernière partie) : la véritable vraie vérité</title>
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   <published>2008-06-04T18:23:56Z</published>
   <updated>2008-06-04T18:23:57Z</updated>
   
   <summary><![CDATA[Madame Dubois a une urgence à régler pendant l’interclasse. Elle me lâche une information dont je ferai un usage éhonté&nbsp;: en étudiant mon roman, elle a comparé le personnage de...]]></summary>
   <author>
      <name>Mabrouck Rachedi</name>
      
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      <![CDATA[<p>Madame Dubois a une urgence à régler pendant l’interclasse. Elle me lâche une information dont je ferai un usage éhonté&nbsp;: en étudiant mon roman, elle a comparé le personnage de l’inspecteur Letranchant à celui de Javert. C’est noté Madame le professeur&nbsp;! Quand elle nous quitte, une élève me tend une lettre de sa mère, qui a lu <i>Le Poids d’une âme</i>. Le geste me touche et les mots m’émeuvent encore plus. Merci Madame, vous n’imaginez pas à quel point ce genre d’attentions, de soutiens sont précieux, surtout pour un jeune auteur.

<p>Se trouver face à <i>un</i> lecteur qui t’a survolé, c’est assez rare. Se retrouver face à <i>un</i> lecteur qui t’a <i>vraimen</i>t lu, c’est rare. Les rencontres scolaires sont un des rarissimes moments où un auteur se trouve face à <i>plusieurs personnes</i> qui l’ont lu <i>sérieusement, du début à la fin</i>. On peut s’attendre à toutes les questions, ça peut partir dans tous les sens. C’est pourquoi c’est si stimulant, si gratifiant.</p>

<p>Je définis une règle&nbsp;: on peut me poser toutes les questions que l’on veut, je peux répondre à celles que je veux&nbsp;! Sur quoi, I. me redemande si je ne serais tout de même pas un petit peu riche, des fois. No comment. Puis j’embraye sur mon petit mensonge du jour, non démenti jusqu’à ces lignes. Vous savez quoi, les élèves&nbsp;? Quand je décrivais Letranchant, j’avais Javert en tête, je balance. Mon œil&nbsp;!</p>

<p>On me fait remarquer que l’épilogue est un peu désespérant car il faut un événement indépendant des acteurs du livre pour que l’action se dénoue. Très pertinent. On a rarement relevé cela&nbsp;: la mécanique de l’absurde s’arrête à cause d’un événement encore plus absurde que le reste. J’aimais cette idée mais elle a sauté aux yeux de peu de lecteurs, qui se sont arrêtés à l’happy end. Sauf à Champigny.</p>

<p>On me demande pourquoi j’ai arrêté le livre là et pas un peu plus tard, après un procès en réparation. Pourquoi je n’ai pas tué le personnage principal du livre. Là, se pose la question du choix, qu’en tant que démiurge, l’auteur se pose à chaque page. Quel message veux-je faire passer&nbsp;? Quels sont les passages à retenir ? Pour moi, arrivé au point final, tout était dit de la mécanique de l’absurde, de la fable. Aux lecteurs de s’imaginer le reste, désormais le roman leur appartient.</p>

<p>On s’interroge&nbsp;: pourquoi j’ai écrit&nbsp;? Pourquoi j’ai arrêté mon ancienne carrière&nbsp;? Comment j’écris&nbsp;? Quelle est la part autobiographique du récit&nbsp;? Comment m’est venue l’idée&nbsp;? A quel âge&nbsp;? Ces questions m’intéressent. Elles permettent de désacraliser l’auteur qui n’est en fait qu’un homme comme un autre, avec un parcours comme un autre. C’est une des choses que j’aimerais que les élèves retiennent de cette rencontre. Entre les auteurs et eux, il n’y a pas plus qu’une feuille de papier. Charge à eux de la remplir. Ils peuvent devenir les auteurs de demain. S. écrit déjà. Vu la pertinence de ses questions, je crois qu’elle est sur la bonne voie.</p>

<p>E. me demande si j’ai peur que mes prochains livres déçoivent. E. était la personne allongée sur son bras lors de la première heure. Je suis content qu’il s’intéresse et pose une question qui me taraude mais qui ne me fait pas peur&nbsp;: comment sera reçu mon prochain livre&nbsp;? E., tu as mis le doigt au cœur du doute de l’auteur, omniprésent.</p>

<p>L. n’ose pas dire qu’elle n’a pas aimé mon livre. Elle hésite puis se lance&nbsp;: les phrases sont trop courtes, le style est trop simpliste. Elle préfère Maupassant à moi. Je ne peux que la féliciter de son bon goût, moi aussi je préfère Maupassant. J’ai été élevé aux mamelles de Balzac, Dostoïevski, Salinger, Zola, Laclos, Hemingway… Je suis tout petit face à ces géants. Si je suis là, devant eux, c’est pour leur montrer qu’il peut exister quelque chose de beau dans les pages d’un livre, pas forcément les miennes. Il y a tellement d’univers et tellement de talents pour les décrire que ce serait dommage de passer à côté.&nbsp; J’ai cité Voltaire pour encourager L. «&nbsp;je ne suis pas d’accord avec ce que vous dîtes mais je me battrai pour que vous puissiez le dire&nbsp;»*. C. a noté cette phrase qu’elle a trouvé belle. Je me dis que ça vaut la peine de rencontrer des élèves pour ce genre de détails-là.</p>

<p>Auparavant, on m’avait demandé si je croyais qu’un livre pouvait changer des destins. Collectivement, je suis trop conscient de la modestie de mon talent et de l’impact limité de la littérature pour l’affirmer. Mais individuellement, au cours des dizaines de rencontres, des centaines de personnes avec qui j’ai échangé dans des débats, des ateliers, des conférences, des présentations scolaires, des interviews, des discussions informelles, j’espère qu’il y en aura que j’aurai touché. Pas seulement pour se bercer de mes livres, qui ne sauraient être une fin. Pour lire tout court.</p>

<p>Le temps file à une vitesse météorique. J’aurais aimé finir les deux heures par un petit mot sur l’importance de l’école afin de s’accomplir à l’âge de tous les possibles. La nécessité d’apprendre pour se construire intellectuellement et pas seulement pour se forger un avenir professionnel. Mais la sonnerie sonne toujours deux fois et il faut se dire au revoir. On me remercie et beaucoup me glissent un petit mot d’encouragement. Ça aussi, ça me touche. Je quitte le lycée Dormoy, croisant Madame Dubois dont l’urgence s’est fait attendre. Après son rôle de chauffeuse de salle, Madame Derder joue le chauffeur de taxi jusqu’à Paris. Où je me dis que j’ai pris du bon temps à Champigny et que j’y reviendrai bien.</p>

<p>* En fait, il s’agit d’une citation apocryphe puisqu’il semblerait que Voltaire ne l’ait jamais écrite.</p>

<p>PS&nbsp;aux élèves de Marx Dormoy qui me liraient : J’espère que ces billets illustreront la liberté de l’auteur. J’ai usé du premier et du second degré, je me suis assez souvent détaché de la réalité pour essayer d’être amusant et même quand j’ai rapporté les faits, j’ai reconstruit la chronologie en fonction de mes souvenirs et du message que je voulais faire passer. Je me suis réapproprié les événements, je les ai recomposés, j’ai éliminé certains passages qui sembleront importants à d’autres. Le choix est au cœur du travail de l’auteur. Tous ses choix sont discutables. Et nourrissent ses doutes éternels.</p></p>]]>
      
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   <title>Entre les murs (deuxième partie)</title>
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   <published>2008-06-03T11:09:28Z</published>
   <updated>2008-06-03T11:09:28Z</updated>
   
   <summary><![CDATA[J’arrive dans la salle de classe où trois lavabos côte à côte me laissent à penser que&nbsp;: 1/ on est dans une salle de prière où tout a été prévu...]]></summary>
   <author>
      <name>Mabrouck Rachedi</name>
      
   </author>
         <category term="vie quotidienne" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
   
   
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      <![CDATA[<p>J’arrive dans la salle de classe où trois lavabos côte à côte me laissent à penser que&nbsp;:

<p>1/ on est dans une salle de prière où tout a été prévu pour les ablutions.</p>

<p>2/ l’éducation nationale est tellement fauchée qu’elle a remplacé les sorties à la piscine par des pataugeoires de fortune.</p>

<p>3/ On est dans une salle de TP de physique et mon ancien prof de physique M. B. va m’embrouiller avec sa fiole Erlenmeyer et son bec Bunsen.</p>

<p>Je penche pour l’option 1/ car des cœurs en papier – ô amour divin - sont collés au mur. Je me sens aimé et ça fait du bien. Ma rêverie s’interrompt avec l’arrivée en ordre dispersé des élèves. On m’a dit qu’ils étaient brillants, vifs, intelligents, formidables… Eh bien, ils ont l’air brillants, vifs, intelligents, formidables.</p>

<p>Mme Derder se lance dans une introduction dont voici le texte mot pour mot (je lui ai piqué son petit papier en loucedé)&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Je remercie le grand écrivain Mabrouck Rachedi de nous faire l’honneur inouï, d’avoir l’extrême obligeance de fouler de ses précieux pieds le sol de notre humble lycée. Je vous prie, chers élèves de saluer l’entrée de celui que l’on appelle le maestro, le seul, l’unique, Mabrouck Marvellous Rachedi&nbsp;».</p>

<p>Une ola salue cette introduction digne d’un combat de boxe au Madison Square Garden. Faudra lui dire qu’elle en fait des tonnes, Mme Derder.</p>

<p>La première question a du mal à fuser. Je promets deux points de plus dans la moyenne de l’audacieux qui se dévouera. Une forêt de doigts se lèvent. Mme Dubois précise que c’était une blague. Jacques a dit «&nbsp;baissez la main droite&nbsp;». Quelle rabat-joie, cette Mme Dubois&nbsp;! Le calme avant la tempête car très vite la timidité des premiers instants se dissipe.</p>

<p>A cet instant du récit, je précise que les élèves étant mineurs, je ne suis pas certain d’avoir le droit de les appeler par leurs vrais prénoms, qu’ils m’excusent par avance de ne pas les nommer, même si certains m’en ont fait expressément la demande.</p>

<p>Au fond de la classe, une lumière m’aveugle. Ce n’est ni le soleil ni les lampes. Un type porte un sweet-shirt vert fluo qui attaque ma rétine. Waow. Justement, le type en vert, R., pose une question… lumineuse, comme il se doit.&nbsp; I. prend le relais&nbsp;: «&nbsp;vous êtes riche M’sieur&nbsp;?&nbsp;». Je réponds qu’il n’y a pas que les richesses matérielles dans la vie mais va savoir pourquoi, j’ai l’impression que le message ne passe pas. Alors je balance que j’ai vendu 98&nbsp;000 exemplaires du <i>Poids d’une âme</i> et cela suscite un net regain d’intérêt, qui se matérialise en un murmure et quelques sifflets ébahis. La société capitaliste a des beaux jours devant elle. Je précise que c’est une plaisanterie. Jacques a dit «&nbsp;silence dans la salle&nbsp;». Madame Derder prend le relais de ses élèves devenus muets. Et là, c’est la catastrophe.</p>

<p>-&nbsp;L’épilogue de votre roman renvoie à une praxis eschatologique qui s’accomplit via l’absurde destin d’une corde. Après l’allégorie de la caverne de Platon, avez-vous voulu décrire une allégorie de la banlieue comme catharsis d’un post-modernisme décadent&nbsp;?</p>

<p>Pourquoi qu’elle me parle de scatologie et de stéradent&nbsp;? J’comprends rien à vos questions M’dame Derder&nbsp;! Une stratégie claire s’impose à moi&nbsp;: il faut que Madame Derder intervienne un minimum. Je développe de très très très longues réponses pour éviter les très très très longues questions de la prof. Tout en répondant aux brillantes questions des brillants élèves, mon regard circulaire détaille certaines attitudes. A gauche, une fille en bleu pose négligemment le pied sur la chaise voisine vide. Au dernier rang, un type pose sa tête sur son bras allongé sur sa table. Des bavardages de droite et de gauche. Ça fait plaisir de voir que l’école n’a pas tellement changé&nbsp;! </p>

<p>J’en profite pour charrier deux ou trois personnes qui ne se laissent pas faire. Je sollicite une question à la fille en bleu. «&nbsp;Dans cinq minutes, je vous pose une super question&nbsp;», elle me dit. Cinq minutes plus tard. «&nbsp;Alors voilà M’sieur, page 126, vous écrivez <i>prenez un fait, filmez-le, il devient divers</i> et ça m’a fait penser à la phrase de Ionesco <i>prenez un cercle, caressez-le, il devient vicieux</i>. Faut-il voir un lien intertextuel&nbsp;ou une transcendance immatérielle immanente ?&nbsp;» Fichtre, elle a dû bouffer du Derder, cette élève&nbsp;! I. me sauve la mise en reprenant la main. «&nbsp;Ouais, c’est pas tout ça, mais vous gagnez d’la thune&nbsp;?&nbsp;». Ahem, il y a comme qui dirait une question qui taraude notre material girl version Madonna. La sonnerie «&nbsp;Psycho&nbsp;» retentit. Fin de la première heure. Changement de salle pour la deuxième heure. Adieu les petits cœurs en papier de la salle d’arts plastiques (car c’était une salle d’arts plastiques, info de dernière minute de Madame Derder), vous allez me manquer.</p></p>]]>
      
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   <title>Une vérité qui démange</title>
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   <published>2008-06-01T07:56:54Z</published>
   <updated>2008-06-01T07:56:54Z</updated>
   
   <summary><![CDATA[[Précision de Mabrouck Rachedi&nbsp;: sur le blog, il est mentionné «&nbsp;rédigé par Mabrouck Rachedi&nbsp;», mais c’est en fait Sushina l’auteur des lignes suivantes. Sushina, vous la trouverez sur la page...]]></summary>
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      <![CDATA[<p>[Précision de Mabrouck Rachedi&nbsp;: sur le blog, il est mentionné «&nbsp;rédigé par Mabrouck Rachedi&nbsp;», mais c’est en fait Sushina l’auteur des lignes suivantes. Sushina, vous la trouverez sur la page myspace suivante&nbsp;: <a href="http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&amp;friendid=154773013">http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&amp;friendid=154773013</a> ]

<p>Une vérité qui démange</p>

<p><i>Tout a commencé mercredi soir à 21h24. Ce soir-là, j’ai été tirée de mon sommeil (oui, je m’endors très tôt en général…sans doute à cause du mélange Marilyn : alcool/antidépresseurs…Mais enfin, je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais celle de Kennedy…ou plutôt sa mort…Bref !) j’ai été tirée de mon sommeil –disais-je- par un coup de fil de Mabrouck Rachedi (sisi l’écrivain je vous jure !!) qui n’en menait pas large : il avait promis à ses lecteurs de leur révéler le contenu du livre « Who killed president Kennedy » et de leur apprendre enfin qui était l’assassin de JFK : un colonel Ketchup avec un chandelier dans une bibliothèque ? Une corde kamikaze ou Lee Harvey Oswald ?<br />
</i><i><br />
Problème : en tant que traducteur de l’ouvrage, Mabrouck n’était juridiquement pas autorisé à en dévoiler ainsi la substantifique moelle et avait donc besoin d’un tiers –ou d’une tierce- pour faire le sale boulot à sa place.<br />
</i><i><br />
Parlant couramment anglais (je suis sortie une demi-journée avec un britannique),et étant totalement étrangère au monde de l’édition, j’étais la personne idéale !<br />
Vingt minutes plus tard je recevais l’ouvrage avec mission de le lire et d’en faire un compte-rendu précis…Je vous dis pas le cadeau : se taper 638 pages en une nuit c’est quand même moins sympa qu’un bon d’achat chez Etam !<br />
</i><i><br />
Néanmoins, je me mis courageusement à l’ouvrage avec mon stabilo et trois litres de café et je suis aujourd’hui à même de vous révéler qui a tué Kennedy en exclusivité !<br />
</i><br />
1/ Le livre</p>

<p>« Who killed president Kennedy », un titre sobre, un sujet éculé pour un livre qui pourtant risque de faire trembler les institutions américaines !</p>

<p>Et pour cause : depuis des semaines les médias ne parlent que de cet ouvrage dont la date de sortie n’est pourtant fixée qu’au 2 juin. Tous s’entredéchirent mais s’accordent sur un point : « this is incredible ! »</p>

<p>Car enfin, après quarante-cinq ans des plus folles spéculations, au terme de dix-huit ans d’une enquête kamikaze et acharnée, Hubert S. Stone nous dévoile la vérité sur l’assassinat de JFK !</p>

<p>Cette vérité dérange ou plutôt démange les opinions américaines, elle est si incroyable que beaucoup se sont tout d’abord insurgés contre son auteur, le traitant de fou, d’illuminé.</p>

<p>Et pourtant, de manière précise et méthodique, Stone apporte toutes les preuves de sa téorie dans son ouvrage au point que le doute n’est plus permis.</p>

<p>Pour satisfaire la curiosité de nos lecteurs et par amour de la vérité, nous avons décidé de révéler en exclusivité quelques éléments des incroyables découvertes faites par notre confrère américain.<br />
<i><br />
Bon, maintenant que je vous ai bien fait languir avec cette petite intro, vous êtes mûrs comme des cerises pourries pour LA révélation !<br />
</i><br />
2/ Les faits</p>

<p>Tout a commencé par une froide matinée du 4 janvier 2003. A ce moment-là, abandonné par sa famille, ses amis <i>et son labrador</i>, sans le sou, Hubert S. Stone est prêt à abandonner la quête, la mission de sa vie : découvrir qui a tué Kennedy. Les quatorze années d’enquête acharnée n’ont rien donné, toutes les pistes se révèlent <i>aussi</i> stériles <i>que le sperme du mari de Céline Dion</i>.</p>

<p>Désespéré, le journaliste s’accorde une dernière tentative avant de raccrocher. Il n’a plus rien à perdre et décide se rendre au cimetière d’Arington pour déterrer clandestinement le corps du 35è président des Etats-Unis afin de faire ses propres prélèvements.</p>

<p>Quelle n’est pas sa surprise (<i>oui, ouvrir une tombe c’est un peu comme ouvrir un œuf Kinder : tu te fais bien chier à ouvrir l’enveloppe et tu trouves un truc pourri dedans)</i> de découvrir dans le cercueil un insecte, une abeille morte et desséchée mais néanmoins aussi bien conservée que la momie de Lénine !</p>

<p>Certains seraient passés outre mais pas Stone : il confie l’animal à son ami entomologiste Bill Mc Cain qui, <i>en échange d’une bouteille de bourbon</i>, accepte de l’étudier et fait une incroyable découverte ; il s’agit d’une espèce rare d’abeille tueuse !</p>

<p>Coïncidence ? Pour en être sûr, Hubert Stone fait analyser <i>(en échange de cigares cubains)</i> les cheveux du président décédé. Les résultats sont estomaquants : on y retrouve la trace de venin d’abeille tueuse ! Plus encore, c’est cette substance qui serait la cause de la mort de Kennedy !<br />
<i><br />
Je vous avoue qu’arrivée à ce passage du livre (page 256) j’ai failli le balancer dans la benne à ordures et crier au canular ridicule et pourtant, j’ai continué ma lecture et la suite était encore plus étonnante !<br />
</i><br />
Après moult pérégrinations <i>(que je vous passe…mais sachez qu’elles font bien deux cents pages)</i>, voici ce qu’a découvert Stone : aucun coup de feu n’a été tiré sur le président de son vivant. Seule la piqûre d’abeille est responsable de la mort de JFK !</p>

<p>Cependant, constatant que le leader du plus grand des pays libres du monde avait été terrassé par un simple petit insecte, la CIA s’est quelque peu affolée. Cela peut paraître étonnant mais rappelons que nous étions alors en pleine guerre froide ; un accident de cette envergure aurait donné du poids à l’URSS.<i>Par contre, de nos jours, la CIA laisse courir, même quand Bush manque de s’étouffer avec des Bretzels !)<br />
</i><br />
La CIA a donc envisagé l’inenvisageable : faire croire à un assassinat. Tout a été savamment orchestré, une fausse vidéo montrant le président touché à deux reprises dans le cou et la tête, un faux meurtrier qu’on supprimerait en cas de fuite et l’affaire de l’abeille serait définitivement enterrée avec Kennedy.</p>

<p>Le complot ne concernait donc pas le meurtre mais bien le camouflage d’un accident bête…Du moins c’est ce que pensait Stone jusqu’à ce qu’un détail du rapport de l’entomologiste retienne son attention.</p>

<p>L’abeille tueuse était d’une espèce extrêmement rare que l’on trouve uniquement en Grèce.</p>

<p>Une nouvelle fois, le journaliste mena son investigation jusqu’au bout : il fit analyser les vêtements que portait Kennedy le jour de sa mort à l’aide des technologies les plus modernes.</p>

<p>Le résultat était effarant, on découvrit des traces d’un pollen ultra-concentré servant habituellement aux apiculteurs à attirer les abeilles.</p>

<p>L’attaque de l’insecte n’était donc pas un accident mais bien un attentat ! Et quel grec aurait eu intérêt à tuer le président des Etats-Unis sinon l’armateur Onassis ?!</p>

<p>Profondément amoureux de Jackie, le milliardaire n’avait trouvé que ce machiavélique moyen pour parvenir à ses fins et épouser la femme de JFK !<br />
<i><br />
Meurtre déguisé en accident déguisé en meurtre, voilà pour résumer l’époustouflante théorie digne d’un roman d’Agatha Christie contenue dans l’ouvrage de Stone. Bien sûr, je vous l’ai très sommairement concentrée ; pour plus de détails, lisez vite « Who killed president Kennedy » d’Hubert S. Stone !</i></p></p>]]>
      
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   <title>Une vérité qui démange par Suhina</title>
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   <published>2008-06-01T07:52:24Z</published>
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      <![CDATA[<p>[Précision de Mabrouck Rachedi&nbsp;: sur le blog, il est mentionné «&nbsp;rédigé par Mabrouck Rachedi&nbsp;», mais c’est en fait Sushina l’auteur des lignes suivantes. Sushina, vous la trouverez sur la page myspace suivante&nbsp;: <a href="http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&amp;friendid=154773013">http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&amp;friendid=154773013</a> ]</p>]]>
      
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   <title>Entre les murs * (première partie)</title>
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   <published>2008-05-30T12:41:42Z</published>
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      <![CDATA[<p>J’ai fait pas mal de rencontres scolaires pour mon premier roman «&nbsp;Le Poids d’une âme&nbsp;». Des élèves de Laval, Chambéry, Montpellier, Sète, Mouscron, Boussy, Massy, Perpignan, Tourcoing, La Motte-Servolex (qu’est-ce que j’aime ce nom&nbsp;!)… ont croisé ma silhouette voûtée lors de séances mémorables, en tout cas pour moi. La rencontre d’hier [jeudi 29 mai] avec les secondes E du lycée Max Dormoy de Champigny est venue s’ajouter au cortège des plaisirs immatériels – les plus gratifiants, en même temps, les plaisirs matériels d’un auteur sont si rares (&nbsp;!) - qu’offre la vie littéraire.

<p>Tout d’abord, commençons par le commencement et rendons (ouais, je suis comme ça, je parle de moi à la première personne du pluriel) hommage à Madame Derder et Madame Dubois, qui m’ont fait l’honneur de cette invitation. Surtout Madame Derder mais c’est pur favoritisme. Rendez-vous fut pris au lycée Max Dormoy, donc, au cœur de la zone commerciale de Champigny. Ça peut surprendre un lycée entre un Leclerc et une Halle aux vêtements. Tu peux y voir, au choix, une allégorie de la marchandisation de l’éducation nationale ou un côté super pratique en cas d’envie frénétique d’achat d’une commode en plein cours de maths. Un indice qui plaide pour la première solution&nbsp;: les panneaux routiers indiquent mieux le Leclerc que le lycée.</p>

<p>Tu t’attends à débarquer dans un BHV et tu tombes sur un lycée assez classe, il faut le reconnaître. Propre, spacieux, une plaque rappelle que Michel Giraud a inauguré le lieu. Et là tu te dis qu’heureusement qu’une plaque rappelle que Michel Giraud a été ministre du travail sinon même sa mère pourrait ne pas le croire. Comment survit-on après avoir été ministre sous Balladur&nbsp;? Grande question à laquelle nous ne répondrons pas aujourd’hui.</p>

<p>L’affable Madame Derder me reçoit avec son sourire légendaire. Ne manque que la rose entre les dents pour un remake de la pub ultra-brite. Madame Derder, j’veux le nom de votre dentiste, s’y ou plaît&nbsp;! Direction la salle des profs. En tant qu’auteur invité, ce n’est pas une première. Et pourtant, à chaque fois, c’est le même choc pour moi, qui m’étais fait un honneur de n’y avoir jamais foulé les pieds pendant ma scolarité. Ça donnait lieu à des discussions homériques du genre&nbsp;:</p>

<p>Prof&nbsp;: Mabrouck, tu passeras me voir en salle des profs&nbsp;?</p>

<p>Moi&nbsp;: M’sieur, Heu, j’peux pas M’sieur, on pourrait pas plutôt dire DEVANT la salle des profs, M’sieur&nbsp;?</p>

<p>Prof&nbsp;: Tu peux pas entrer&nbsp;?</p>

<p>Moi&nbsp;: M’sieur, ma religion me l’interdit, M’sieur.</p>

<p>Prof&nbsp;: Tu te foutrais pas de ma gueule&nbsp;?</p>

<p>Moi&nbsp;: Non, M’sieur et puis j’ai les pieds plats, M’sieur.</p>

<p>L’excuse fonctionnait aussi bien qu’au service militaire. Une des fiertés de ma vie restera que j’ai réussi à me faire exempter de l’armée - pourtant, note comme mon inclination à répéter M’sieur me prédisposait à la discipline militaire, comme le Sergent de Full Metal Jacket - et de la salle des profs. Jusqu’à mes livres.</p>

<p>La salle des profs est un vaste lieu où je me sens tout petit. Faut dire, j’ai toujours l’âme d’un élève. Pendant un voyage en bus scolaire de Sète à Perpignan, on m’avait proposé le premier rang, celui des adultes responsables, sérieux et tout et tout. Je me suis retrouvé derrière, en train de piailler avec les élèves. Il va falloir que je soigne mon côté Peter Pan sinon je vais finir calfeutré dans un ranch du nom de Neverland.</p>

<p>Je me colle dans un coin de la grande table ovale, l’exacte réplique de celle du Pentagone, où repose un mystérieux masque. Qui a vu «&nbsp;Vendredi 13&nbsp;» ne peut que faire le rapprochement avec le masque de hockeyeur de Jason, le tueur en série. Ainsi, c’est ça une salle des profs, un endroit où on attire une pauvre victime innocente – moi - pour la livrer aux délires sanguinaires de bêtes assoiffées&nbsp;? Je savais que j’aurais pas dû venir, Maman, vient me chercher&nbsp;! Je demande où sont les toilettes pour en fait inspecter les retraites possibles. C’est là que je regrette d’avoir séché mes derniers entraînements de course à pied surtout quand je vois le sac de «&nbsp;sport&nbsp;» (version officielle, d’où les guillemets, pas sûr que ce ne soit pas le réceptacle d’un rite sacrificiel inconnu) de Madame Derder où Jo-Wilfried Tsonga… heu Mohamed Ali (ils se ressemblent tellement) assène un coup de poing rageur. Un message subliminal à la future proie&nbsp;? Message bien reçu, je commence à flipper. La peur cède à la panique quand un drôle de bruit déchire le silence. Tu vois la musique stridente qui accompagne les films d’horreur&nbsp;? C’est celle-là. C’est la sonnerie du lycée. Et là, j’ai la réponse à l’un des grands mystères du cinéma&nbsp;: comment a germé l’idée de la musique de Psycho dans l’esprit de Bernard Herrmann&nbsp;? Au lycée Max Dormoy de Champigny.</p>

<p>Il faut entrer en classe. Je vais me livrer à l’assaut des questions de la classe de seconde E. Mais ça, c’est une autre histoire que je te raconterai la semaine prochaine.</p>

<p>* Hommage facile à François Bégaudeau dans une période où c’est le roi du monde. C’est mérité pour l’auteur du génial «&nbsp;Jouer Juste&nbsp;» (éd. Verticales)</p></p>]]>
      
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   <title>Au pays des blogueurs et des myspaciens (2) :  Sushina</title>
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   <published>2008-05-30T11:37:19Z</published>
   <updated>2008-05-30T11:37:19Z</updated>
   
   <summary><![CDATA[Je connais Sushina grâce à son myspace. Je ne me souviens plus qui a fait le premier, demandant à l’autre «&nbsp;hep, tu veux devenir mon ami steuplé&nbsp;» en faisant des...]]></summary>
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      <name>Mabrouck Rachedi</name>
      
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      <![CDATA[<p>Je connais Sushina grâce à son <a href="http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&amp;friendid=154773013">myspace</a>. Je ne me souviens plus qui a fait le premier, demandant à l’autre «&nbsp;hep, tu veux devenir mon ami steuplé&nbsp;» en faisant des ronds de jambe.&nbsp; Ce qui m’a d’abord frappé chez elle, c’est le nombre astronomique de fois où le message <i>Nouveau <a href="http://blog.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.ListAll&amp;friendID=154773013">blog </a>de Sushina et Heidi </i>apparaissait dans mon mail. Qu’est-ce que cachait cette profusion&nbsp;? «&nbsp; Deux étudiantes en lettres parce qu'elles sont trop bêtes pour étudier les maths ou la stro-physique&nbsp;», «&nbsp;une nymphomane schizophrène et révolutionnaire&nbsp;», comme c’est écrit sur sa page de présentation myspace&nbsp;? &nbsp;&nbsp;Eh bien, cette profusion révélait un univers délirant qu’il ne tient qu’à toi de découvrir sur son blog. Les limites de l’imagination de Sushina sont sans borne. Elle peut mourir et ressusciter suite à l’attaque d’une carotte géante * ou te prouver par l’exemple et le contre-exemple tout et son contraire avec le même talent. Talent, le mot est lancé. Talent précoce car Sushina a 22 ans. En pleine préparation du CAPES, en pleine rédaction de son mémoire, en plein championnat interrégional de bilboquet (dont Sushina est tenante du titre), je lui ai demandé de me tirer d’un mauvais pas. J’ai annoncé dans ce blog que je savais en exclusivité le nom de l’assassin de Kennedy. C’était du pipeau (shame, shame, shame on me). Je n’avais pas prémédité mon coup alors je me trouvais fort dépourvu au moment de trouver un épilogue à peu près pardonnable à cet accès de mythomanie mâtinée de marketing – marketing et mythomanie, des concepts si voisins. Qui pouvait bien réinventer l’histoire et lui donner une saveur particulière&nbsp;? Le nom de Sushina s’est imposé à moi, elle, qui au minimum dessine des sourires béats sur mon visage de lecteur et qui, le plus souvent, m’éclate de rire. J’ai sollicité Sushina en faisant des ronds de jambe, comme il se doit.

<p>La scène (tout s’est déroulé par mail)</p>

<p>Moi&nbsp;: Sushina, est-ce que tu peux m’écrire le récit de la mort de Kennedy&nbsp;?</p>

<p>Sushina&nbsp;: Je sais pas, j’ai pas mal de choses à faire [description de mille activités super accaparantes] Tu me donnes combien de temps&nbsp;?</p>

<p>Moi&nbsp;: Autant de temps que tu voudras [là, je m’attends à un délai genre deux, trois semaines ou une fin de non-recevoir discrète, camouflée, dissimulée, insidieuse, sournoise]</p>

<p>Sushina&nbsp;: Après-demain, ça te va&nbsp;?</p>

<p>Moi&nbsp;: Gloups [expression d’étonnement répandue chez les imbéciles]</p>

<p>Sushina&nbsp;: Hein&nbsp;?</p>

<p>Moi&nbsp;: Ouaip, ça me va [j’ai ravalé mon étonnement et pris mon air détaché à la Lucky Luke]</p>

<p>Cette scène résume Sushina&nbsp;: créativité, réactivité, simplicité (ce sont les fameux trois -té, qui n’ont, je le précise, rien à voir avec les 3 T, les neveux de Michael Jackson)</p>

<p>C’est le talent de Sushina que je vous propose de découvrir ou de redécouvrir à travers le récit de l’assassinat de Kennedy. Attention, les effets secondaires de la lecture de Sushina sont&nbsp;: inflammation des zygomatiques, fracture des côtes à force de se les tenir, fracture du crâne à cause du rebord de la table sous laquelle on voulait se rouler, plainte pour tapage à cause des rires trop sonores etc. Une lecture prolongée expose à des risques d’accoutumance.</p>

<p>* (astérisque digressive) ce qui a donné lieu à l’épisode Carotta. Carotta a pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines (la panique m’a fait perdre l’appréciation du temps) bouffé Heidi. Ça m’a semblé des années tant, pour moi, ce fut un choc comparable à l’alcoolisme prolongé de Tony Stark dans Iron Man, tu sais, ces je-ne-sais-pas-combien de numéros où, devenu pochard, la déchéance de mon super-héros préféré a provoqué une dépression prépubère. </p></p>]]>
      
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