
Demain, j’interviens devant deux classes à la médiathèque de Bezons, où je présenterai « Le Petit Malik ». J’adore ces moments où il m’est permis de transmettre aux plus jeunes générations avec en tête la phrase de Marin Karmitz « ne pas transmettre, c’est castrer l’avenir ». Cela me rappelle des moments formidables où j’échange dans la bonne humeur avec des élèves qu’on arrive toujours à intéresser avec un peu d’enthousiasme, grâce à des profs, des documentalistes et des équipes pédagogiques ultra-dynamiques et volontaires. Je n’ai plus qu’à me mettre au diapason de tant de bonnes volontés et tout va très bien madame la marquise. J'arrive armé de ce qui est devenu ma profession de foi : « Il faut savoir s'instruire dans la gaieté. Le savoir triste est un savoir mort. L'intelligence est joie». Spéciale dédicace à mon professeur de foi, MC Voltaire.
Parfois, ces interventions donnent lieu à des échanges cocasses. En voici un pris au hasard dans mes souvenirs foisonnants. C’était il y a déjà quelques temps…
Elève : Monsieur, j’ai beaucoup aimé « Le Poids d’une âme », votre livre. Le titre, il déchire trop et puis c’est trop bien écrit.
Moi : Merci.
Elève : C’est le premier bouquin que je lis en entier, c’est génial.
Moi : Crois-moi, c’est aussi génial pour moi.
Elève : Le conte au début, il défonce trop. J’ai trop bien compris ce que ça voulait dire. Je suis sûr que tout peut changer dans la vie.
Moi : C’est tout à fait ça, la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain.
Elève : Ouah vous parlez comme un écrivain ! Moi ça me donne envie de me bouger, de faire des choses. C’est vachement philosophique votre truc quand on y pense.
Moi : Ce n’est pas non plus métaphysique.
Elève : Méta quoi ?
Moi : Métaphysique. Méta est un préfixe grec qui signifie au-delà. La métaphysique, c’est ce qui va au-delà de la physique, des lois de la nature.
Elève : …
Moi : Par exemple, la science n’apporte aucune réponse à « est-ce que Dieu existe ? », c’est donc une question métaphysique.
Elève : Ah ouais ! C’est trop fort !
Moi : Donne-moi un autre exemple de question métaphysique.
Elève : Je sais pas moi… Pourquoi le PSG perd tout le temps contre des équipes pourries ?
Moi : C’est certes assez inexplicable mais pas tout à fait métaphysique.
Elève : Euh… ou comme dans votre livre, du genre est-ce que le destin il existe et tout ?
Moi : Tout à fait ! Tu vois que tu as compris !
Elève : J’ai une autre question, mais j’ai un peu peur qu’elle soit idiote.
Moi : Il n’y a pas de question idiote voyons !Elève : Ouais mais j’ai un gros doute quand même.
Moi : Vas-y, lâche-toi.
Elève (hésitant) : Ben vous expliquez que méta, ça signifie au-delà…
Moi (encourageant) : oui, et ?
Elève : … Quand X. me dit « mets ta mère », il veut me dire aller au-delà de ma mère ?



Commentaires (1)
Comme quoi quand on se lance dans la métaphysique on est vite rattrapé par la psychanalyse.
Retour du refoulé ? ^^
Rédigé par olivier | 14 décembre 2009 21:23 | Alerte.