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4 mars 2009

Aller ou ne pas aller au salon du livre de Paris ? (1)

Dans The Wrestler de Darren Aronofsky, une scène m’a particulièrement marqué : celle où Mickey Rourke, catcheur vieillissant, se plante dans un gymnase déserté pour une séance de dédicaces. Il contemple les quelques anciennes gloires qui comme lui, s’ennuient, bâillent ou, au mieux, posent avec des fans nostalgiques pour une poignée de dollars.

Moi, je n’ai pas de fan, mais les séances de dédicaces, je connais. La première était au salon du Mans. J’ai débarqué comme une fleur, le dimanche en fin de matinée à cause d’une intervention publique – la première elle aussi – prévue la veille. Je ne connaissais personne ni rien aux mœurs des salons. Arrivé à mon stand, quelqu’un que j’apprendrai à découvrir et à apprécier, E., l’agent de salon de Lattès, m’annonce qu’on va déjeuner. Pour la première signature, on attendra un peu.

Tout le monde se fréquente depuis le début du week-end, tout le monde se tutoie, chacun a lié des affinités avec un alter ego et moi je me demande ce que je fous là. Et je vouvoie, comme ma mère me l’a appris avec des inconnus. Je suis plus spectateur de la scène qu’autre chose, malgré toutes les tentatives d’E. pour me mettre dans le coup. Pourtant, je devrais un peu me sentir chez moi, le couscous est excellent (mais moins bon que celui de ma mère).

De retour au salon, je commets ma première gaffe en confondant ma voisine avec une hôtesse alors que pas du tout, c’est une jeune auteure prometteuse. Cette première-là, je l’aurais bien évitée. Puis la scène de The Wrestler s’incarne avant l’heure. L’attente. L’interminable attente. Mon voisin de droite lit négligemment un livre, ma voisine de gauche – la jeune auteure – signe, signe et signe. Je commence à déprimer. L’attachée de presse de la jeune auteurs se prend de sympathie pour moi et me donne des conseils : me tenir droit, sourire aux gens, m’approcher de la table, prendre le stylo à la main genre je viens juste de signer un livre et je suis prêt pour le prochain. Je me dis que ce n’est pas l’idée que je me fais de l’écriture et puis, me demander de me tenir droit, c’est comme demander au saule pleureur d’avoir la fière allure du peuplier. Je navigue dans un monde paradoxal où je suis le prolongement de mon livre plutôt que l’inverse. C’est moi la chose et les gens me regardent comme telle. Aronofsky a très bien rendu cette drôle d’impression et la sensation vertigineuse qui s’ensuit.

Ce jour-là, j’ai dédicacé deux livres. Je me suis senti d’autant plus minable que mon « score » était le plus bas de tous les auteurs, qui, plein de compassion, m’ont encouragé. Dans le train, malgré tous les efforts d’E. pour me dire que ce genre d’événements arrive à tout le monde, j’ai décidé de ne plus renouveler l’expérience.

5 mars 2009

Aller ou ne pas aller au salon du livre de Paris ? (2)

Qui me verrait aujourd’hui en salon ne se douterait pas de mes débuts chaotiques. Sauf dans mes mauvais jours, comme à Evreux où dans les derniers instants de la dédicace, je jouais à faire la mauvaise tête – il faut bien s’amuser de temps en temps – je me comporte plutôt pas mal et suis devenu un bon « vendeur ». Le terme est horrible s’agissant d’un objet aussi noble que le livre, ces livres qui, quand ils sont bons, me transportent encore et toujours comme au premier jour. Mais il faut voir les salons du livre comme des marchés aux livres où les auteurs emploient des techniques de vente.

La culture du marché, je l’ai en moi depuis petit, mes parents m’y ayant traîné plus que de raison. Et puis, pour gagner un peu d’argent de poche, je suis passé de l’autre côté de l’étal, criant que mon poisson à la drôle de gueule était frais comme un gardon (faut tout de même pas demander à un gardon d’avoir une belle gueule) et que mes fruits tout pourris venaient de débarquer du bateau là, maintenant, tout de suite, même que c’était bibi qui avait déchargé les palettes et roulé comme un malade pour le bon plaisir du client roi.

J’ai pratiqué les sketchs improvisés avec force gestes et cris, genre :

Vendeur 1 : Quoi ? On ne va pas descendre les prix à 1€, c’est de la folie !

Vendeur 2 : Si, aujourd’hui ma première fille vient de naître, c’est jour de fête !

Vendeur 1 : T’es dingue, ça va nous coûter plus que ça va nous rapporter.

Vendeur 2 : Tant pis, c’est cadeau.

Vendeur 1 (se prend la tête dans les mains, une mimique exagérée entre Bollywood et soap égyptien)

Personne n’est dupe, surtout quand les vendeurs 1 et 2 ont à peine douze ans, trois poils au menton et, même en forçant sur les graves, leurs voix restent haut perchées. A ce tarif-là, j’ai eu une pelletée d’enfants virtuelles dont j’ai assumé la garde toute virtuelle. Y a pas à dire, les marchés, c’est mieux que les tamagotchis.

Les salons du livre, c’est un peu ça, sauf que s’il est honnête, l’auteur a la prétention de proposer plus qu’un produit, un morceau de lui.

Mabrouck Rachedi présentera son dernier roman, « Le petit Malik » au salon du livre le samedi 14 mars, de 11h à 12h30, stand Lattès

6 mars 2009

Aller ou ne pas aller au salon du livre de Paris ? (3)

Les techniques de vente des salons du livre sont à peine plus subtiles que celles des marchés. Je les ai d’abord expérimentées sur les livres des autres. A mes débuts, il me paraissait décalé de jouer les camelots avec le poids de mon âme. L’image d’Epinal de Hugo en vieux sage, reclus sur son île, la barbe fournie, a eu des effets secondaires durables sur ma perception de l’écrivain.

Aller ou ne pas aller au salon du livre de Paris ? (3)

Les techniques de vente des salons du livre sont à peine plus subtiles que celles des marchés. Je les ai d’abord expérimentées sur les livres des autres. A mes débuts, il me paraissait décalé de jouer les camelots avec le poids de mon âme. L’image d’Epinal de Hugo en vieux sage, reclus sur son île, la barbe fournie, a eu des effets secondaires durables sur ma perception de l’écrivain.

Quand une mouche me piquait, je disais que le livre de mon voisin, que je n’avais évidemment pas lu, était le meilleur du monde. Aux deux ou trois questions posées, je répondais deux ou trois généralités ou je me référais à la quatrième de couverture que je découvrais en même temps que la dame en face de moi - mais ça, elle ne le savait pas. Comprends pourquoi les auteurs aimaient bien se trouver à côté de moi, je leur mâchais le boulot. J’ai écrit « dame », ce n’est pas innocent. 80 % des personnes fréquentant les salons du livre sont des femmes.

Puis un jour, E. m’a dit que les invendus en salon étaient pilonnés. Tu ne peux pas imaginer le choc pour le passionné de livres. Quoi, « Le poids d’une âme » allait être réduit en poussière juste parce que je faisais le zouave pour un livre qui n’était peut-être qu’un navet ? Là, ça devenait sérieux, voire grave. De ce jour, je me suis dit que si j’acceptais l’invitation à un salon, je devais jouer le jeu. Chevènement a un jour dit qu’un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Pareil pour un auteur en salon.

Et moi, j’avais décidé de ne pas démissionner.

Mabrouck Rachedi présentera son dernier roman, « Le petit Malik » au salon du livre le samedi 14 mars, de 11h à 12h30, stand Lattès

9 mars 2009

Aller ou ne pas aller au salon du livre de Paris ? (4)

Lattès, ma maison d’édition, est formidable. J’ai toujours senti une vraie confiance en moi, même quand ça marchait moyennement en salon. L’important n’est pas l’instant mais ce qui adviendra. Deviens qui tu es, c’est le credo de mon éditrice. Alors en retour, tu as envie de donner le meilleur de toi ; ce que j’ai fait.

Dans ma vie, j’étais passé des marchés aux marchés financiers, je savais donc deux ou trois choses sur la vente. Mais il y a surtout eu l’expérience. Des gens hallucinants qui, à côté de moi, vendaient des livres comme des petits pains – littéralement - recyclant le « il est chaud mon pain, il est chaud » en un « il est bon mon livre, il est bon ». La somme de ces petits bouts est trop longue pour être résumée. De façon éparse, je citerai ce Prix Goncourt qui m’explique la technique de la pile creuse, cet auteur qui court après les gens dans les travées, tous ceux qui tiennent le compte de leurs ventes comme des apothicaires… Et, last but not least, ce fou furieux qui, un jour, demandant son prénom à un jeune garçon éloigné de ses parents, se met à lui dédicacer son livre puis réclame aux parents le paiement du livre ; le garçon a eu beau pleurer à chaudes larmes qu’il n’avait fait que donner son prénom au monsieur, l’auteur (connu) s’échinait à lui réclamer sa cassette pire qu’Harpagon.

Il y aussi ces moments décalés où ce commentateur sportif m’explique les dessous peu reluisants du match de la veille, cette présentatrice d’une émission très sérieuse montre des dessous beaucoup moins sérieux, ce journaliste politique qui vous décrypte l’actualité par le bout de la nuisette, ces histoires de coucheries entre auteurs, cet écrivain glosant sur tel éditeur qu’est qu’un salaud parce que ceci ou tel éditeur glosant sur tel écrivain qu’est un salaud parce que cela.

Les salons du livre, c’est caméra café en plus drôle.

Mabrouck Rachedi présentera son dernier roman, « Le petit Malik » au salon du livre le samedi 14 mars, de 11h à 12h30, stand Lattès (N53)

10 mars 2009

Aller ou ne pas aller au salon du livre de Paris ? (5)

Le salon du livre de Paris a ceci de particulier qu’il concentre tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil du milieu littéraire français. 100 000 exemplaires au mètre carré, ça pèse lourd sur les frêles épaules d’un jeune auteur. La plupart des gens se rendent au salon du livre pour voir de la vedette en veux-tu en voilà. Les huit heures de dédicaces d’Anna Gavalda l’année dernière sont un exemple de cette folie digne de Cannes. Et je raconte pas le rush devant le stand d’Amélie Nothomb, Bernard Werber, Daniel Pennac, Katherine Pancol etc.

Ta mission, puisque tu l’as acceptée : exister. Ecrire une ligne de plus à la lettre R du Who’s Who des auteurs français.

Mon expérience du salon du livre de Paris a été double. Sélectionné à un Prix littéraire, je devais présenter mon livre avec les autres auteurs en compétition. Une foule d’élèves qui posent des questions et à la fin, une séance de dédicaces à la chaîne. Avec ma manie des dédicaces à rallonge, j’ai mis en retard une classe qui m’a elle-même mise en retard pour ma dédicace « officielle », celle où j’étais livré à moi-même en tant que Mabrouck Rachedi et non en tant que sélectionné au Prix.

Eh bien Mabrouck Rachedi, tout auréolé de sa récente gloriole est descendu très vite de son (tout) petit nuage. Assis à côté d’un réalisateur connu qui s’essayait au roman, j’ai passé l’heure et demie qui m’était dévolue à discuter avec le charmant homme. Lui comme moi avons fait fanny : 0 signature. Ah si, il y a bien une amie qui est passée par là et m’a pris un livre ; mais ça ne compte pas. Et puis, ça a coupé l’alchimie du compagnonnage d’infortune avec le réalisateur qui, du coup, s’est agrippé à son portable pour ne plus le lâcher.

Voilà donc pourquoi j’ai hésité à participer au salon du livre cette année.

Mabrouck Rachedi présentera son dernier roman, « Le petit Malik » au salon du livre le samedi 14 mars, de 11h à 12h30, stand Lattès (N53)

11 mars 2009

Aller ou ne pas aller au salon du livre de Paris ? (6)

L’exercice que je n’ai jamais refusé, c’est l’inauguration du salon du livre de Paris. Dans « Eloge du miséreux », j’ai théorisé sur les techniques de placement du slacker sachant slacker pour être à la meilleure place au moment du buffet. Et dans ce domaine, j’ai la prétention d’être imbattable. Je suis un vrai crève la dalle. Comme dans la pub Nutella, 20 ans d’expérience font toujours la différence.

Dans les salons en général, l’auteur est reçu comme un roi. Les spécialités locales ne sont jamais épargnées à la bouche curieuse et gourmande de l’invité. A part les alcools, la viande de porc (soit à peu près la moitié de la gastronomie française) et les quelques milliers de plats que je n’aime pas (soit à peu près l’autre moitié de la gastronomie française), je connais assez bien le paysage culinaire français. Un domaine où je suis le maître incontesté : les desserts. J’ai englouti des tonnes de gâteaux sous l’œil ébahi des autres auteurs se demandant comment quelqu’un d’aussi fin pouvait avoir un tel appétit. A une auteure qui se vante un peu partout d’être la reine du chocolat, j’ai donné la leçon. A Mouscron, on me connaît sous le nom de M. Profiteroles ou M. Crêpe, au choix.

Là j’explique : je n’ai pas toujours mangé des desserts dans ma vie et il m’est arrivé d’avoir faim. Alors, maintenant, il y a comme qui dirait une forme de compensation que je pouvais me permettre, sachant que je faisais beaucoup de sport. Avec ma blessure au tendon d’Achille, la donne a changé. J’ai pris du poids. Rien de spectaculaire, mais moi, je sais. Résultat : je suis au régime et cette année, j’ai décidé de sécher l’inauguration du salon du livre de Paris. Ben ouais, je vais pas pousser pas le sens du sacrifice jusqu’à voir les autres se délecter de ces délices que je me refuse.

Mabrouck Rachedi présentera son dernier roman, « Le petit Malik » au salon du livre le samedi 14 mars, de 11h à 12h30, stand Lattès (N53)

12 mars 2009

Aller ou ne pas aller au salon du livre de Paris ? (7)

Qu’est-ce qui a motivé l’envie d’aller au salon du livre de Paris cette année ? Il a fallu qu’un ami auteur me dise que je ne pouvais pas ne pas aller au salon du livre pour que je gamberge. Apparemment, le salon du livre est un passage obligé. Il faut aller au salon du livre comme avant on allait chez Pivot. Je suis trop jeune (ou j’ai été publié trop vieux) pour avoir été invité dans Apostrophes ou Bouillon du culture, il faut donc que je me frotte à la seule institution encore debout.

Je suppose que cette heure et demie va être longue, très longue et qu’elle va encore me confronter avec les démons du doute. Je ne m’en sortirai pas en utilisant mon expérience de camelot. Le salon du livre de Paris est, comme son nom l’indique, très parisien. Pas moyen de décocher un sourire à des badauds pressés qui sont venus voir M. X de la télé. Pas moyen de faire mon Mabrouck tout tordu sur ma chaise genre je me tortille, je m’en fous donc je suis.

En plus, je passe de 11h à 12h30, pas exactement la grande affluence au salon. Il n’y aura pas ma sœur, Habiba Mahany, avec qui je forme un duo de choc mieux que Bioman. Elle, c’est force rose (forcément) et moi, je suis force bleue (forcément). Mais il n’y aura pas d’excuse. Parce que tu sais quoi ? Je ne démissionne jamais.

Mabrouck Rachedi présentera son dernier roman, « Le petit Malik » au salon du livre le samedi 14 mars, de 11h à 12h30, stand Lattès (N53)

13 mars 2009

Banlieues : Ni Incultes Ni Crise

Il y a un an, dans ces mêmes colonnes, je rêvais d’un Prix littéraire de prestige dans trente banlieues françaises, lieux de dialogue populaires et festifs, de rencontres avec des écrivains, et sanctionné par un vote, geste citoyen. Pour une littérature en banlieues plutôt que pour une littérature de banlieue. Aujourd’hui, ce projet a les contours d’une proposition imaginée avec des professionnels de la vie littéraire et le concours de l’incubateur social de l’ESSEC, Antropia.

L’idée de Prix des lecteurs de Banlieues est née du triple constat de l’absence d’initiatives d’envergure en faveur de la littérature générale dans les quartiers, du lien en pointillés entre ces quartiers et le reste de la ville, et du mélange insuffisant des populations. Mon inspiration, je la puise dans mon action de terrain. Quand j’anime des ateliers d’écriture auprès des jeunes d’une cité de Vigneux-sur-Seine ou auprès de scolaires lors du festival du premier roman de Laval du 26 au 29 mars, j’en apprends autant sur la vision de jeunes Essonniens au prise à cette réalité que sur la représentation de jeunes Mayennais qui ne la vivent qu’à travers les médias. Et je me convaincs comme l’universitaire Elizabeth Auclair que l’art est un « outil de socialisation, voire d’insertion sociale et professionnelle » et promeut « des valeurs d’humanisme, de tolérance et d’ouverture »*.

Dans l’imaginaire collectif, qui dit banlieues dit expressions de la rue comme le rap, le stand-up, le slam etc. Il y a aussi une culture générale à côté de ces arts d’une grande puissance. Mon but est d’offrir un cadre neuf et ambitieux pour le livre comme vecteur d’intégration dans un socle culturel commun. Je souhaite que les banlieues se réapproprient la culture générale comme ils se sont réappropriés le féminisme avec Ni Putes Ni Soumises. On pourrait se satisfaire que les Prix littéraires institués s’ouvrent au compte-goutte aux publics urbains et patienter cent ans qu’ils découvrent enfin qu’il existe une vie à la périphérie des villes. Ou, à l’image de Ni Putes Ni Soumises qui n’a pas attendu les mouvements féministes existants, on pourrait imaginer un nouveau Prix laissé aux soins des acteurs de la vie en banlieues. En cette période de crise où les populations fragiles souffrent plus que les autres, la culture produit des valeurs universelles non cotées en bourse sur lesquelles il serait bon d’investir.

* « Situations de banlieues : Enseignement, langues, cultures », INRP, 2005.

23 raisons d’aller me voir au salon du livre demain

Parmi les quelques milliers de raisons de venir se faire dédicacer « Le petit Malik », le samedi 14 mars, au stand Lattès (N53), de 11h à 12h30, j’en ai isolé 23. Pourquoi 23 ? Parce que c’était le numéro de maillot de mon joueur de basket préféré, Michael Jordan. Les voici :

1. Parce que c’est un vachement bon roman (dit l’auteur, de façon trèèèès objective)

2. Parce que tu as adoré « Le Poids d’une âme », « Eloge du miséreux » et que tu  kiffes le ton décalé et profond du blog de la Nouvelle Racaille Française.

3. Parce que, contrairement à d’autres auteurs qui vont êtes débordés, je te ferai une belle dédicace façon Mabrouck Rachedi, c’est-à-dire aussi longue que le livre.

4. Parce que tu lis mon blog, bordel !

5. Parce que si on se débrouille pour se rencontrer à l’entrée, je t’offrirai une invitation gratuite pour le salon.

6. Parce que je porte le label « Vu à la télé »… non, je plaisante, ce serait la plus mauvaise raison du monde.

6bis. Parce qu’un jeune auteur – enfin, un auteur qui débute – ça se défend bec et ongles.

7. Parce qu’après cette démonstration de force, il faut que mon éditrice soit persuadée que je suis une super star, même qu’elle me signera un contrat longue durée.

8. Parce que la Porte de Versailles, c’est le bout du monde pour un banlieusard du Sud, je ne vais pas parcourir tout ce chemin pour rien !

9. Parce que c’est la première date de ma longue tournée de mars, vous n’allez quand même pas me saper le moral.

10. Parce que « Le petit Malik » risque d’être mon dernier livre. Alors comme Michael Jackson, une dernière tournée d’adieu. Et, qui sait, si le cas 7 se présente, comme les compagnons de la chanson, une deuxième tournée d’adieu, puis une troisième d’adieu etc.

11. Parce que je veux battre le record de dédicaces d’Anna Gavalda l’année dernière : 8h

12. Parce que Lattès en verlan, ça veut dire la cité. Alors, elle est où la tess ?

13. Parce que les livres de banlieue, ça n’existe pas. Il n’y a que des livres, qui ont leur place partout un point c’est tout.

14. Parce que Mabrouk a 30 millions d’amis (je recycle une vieille blague sur le chien de Jean-Pierre Hutin qui a pourri mon enfance)

15. Parce que je suis le frère de Habiba Mahany et qu’on va kiffer notre race.

16. Parce que je suis le seul auteur présent à savoir faire le moonwalk (comme le Sar Rabindranath Duval de Francis Blanche et Pierre Dac, je peux le faire mais il faudra me croire sur parole vu que je suis blessé au pied)

17. Parce qu’on va faire manger son chapeau à Amélie Nothomb

18. Parce que j’en ai marre qu’on me dise que je ressemble à Bernard Werber. Cette fois, tu iras dire à Bernard Werber qu’il ressemble à Mabrouck Rachedi

19. Parce que tout ce qui ne sera pas dédicacé sera pilonné. Et tu sais où elle est l’usine de pilonnage de la moitié des livres imprimés en France ? Dans ma ville !

20. Parce que, pour les provinciaux et les étrangers, ce sera l’occasion de faire un détour par la Tour Eiffel. Cheese !

21. Parce que j’ai décidé de me tenir droit sur ma  chaise, pour une fois.

22. Parce que  « Le petit Malik » est sorti le 5 novembre, jour de l’élection d’Obama. Si c’est pas un signe, ça.

23. Parce que ma mère. Ouais, je sais, ça n’a rien à voir mais il faut toujours que je cite ma mère sinon elle me tue.

Voilà pourquoi demain, je te convie à une émeute pacifique devant mon stand à la Porte de Versailles. Et s’il en fallait une autre, dis-toi que demain, ce sera peut-être la fin du monde et que tu ne peux pas mourir sans avoir lu « Le petit Malik » ! A vos marques…