
Deux semaines après, je ne me remets pas du résultat de Wimbledon. Dans un an, dans dix ans, dans cent ans, un autre nom que celui de Roger Federer sera gravé en face de la mention « vainqueur du trophée 2008 ». La plus grande déception sportive de ma vie dans mon sport préféré. C’est n’importe quoi.
En cas de victoire de Roger, j’avais jeté les bases de ce qui aurait été le prix Pulitzer du journalisme sportif. L’idée force, c’était le chiffre 6. A 26 ans, Federer aurait remporté son 6ème Wimbledon pour une 66ème victoire sur gazon d’affilée. Je te promets qu’en cherchant un peu, j’aurais trouvé d’autres rapports avec le 6 et j’aurais titré : Roger Federer le diabolique. En plus, c’eût été sa treizième victoire en grand chelem alors imagine…
Mais voilà, l’autre, bien aidé par les circonstances, a tout gâché. Les circonstances, c’était la nuit tombante qui n’a pas empêché le jeu de se poursuivre. C’était surtout une surface ralentie par les organisateurs. Une statistique intéressante de la télévision anglaise a montré qu’entre 2003 et 2008, la vitesse de frappe après rebond a considérablement diminué. C’est pourquoi on voit presque tous les joueurs s’installer en fond de court alors que depuis Borg et la parenthèse Agassi, c’était inconcevable d’imaginer de remporter le tournoi le plus prestigieux du monde sans monter au filet. Un joueur comme Lendl a travaillé son enchaînement service-volée pour échouer deux fois en finale. Il a fait l’impasse sur Roland Garros, modifié son jeu pour adapter son jeu à l’herbe londonienne. En vain.
Un jour, lassés de voir les échanges se raccourcir de plus en plus à cause des services surpuissants des tennismen modernes, les organisateurs de Wimbledon ont décidé que leur tournoi serait un nouveau Roland Garros, où les crocodiles de fond de court auraient leur chance. Au lieu d’adapter leur jeu à la surface, la surface s’adapterait à leur jeu. Je rêve qu’un jour, Roland Garros se plie au choix inverse, c’est-à-dire accélérer le jeu sur terre battue. C’est possible, il n’est qu’à voir la différence avec le tournoi de Hambourg où Federer a été tout prêt de l’autre cette année et où il l’a humilié l’année dernière (2-6/6-2/6-6/0). Qui se passionne pour le jeu stéréoptypé des grands lifteurs qui s’échinent à taper les balles les plus bondissantes au-dessus de l’épaule de leur adversaire ? Qui s’intéresse à des match de 4h où le meilleur est celui qui fait le moins de fautes ? Le tennis deviendra-t-il un rallye pour athlètes en culottes plus ou moins courtes, les muscles saillants ? Et la variation ? Et la beauté du jeu ?
Le dernier open de France a été une caricature de balade pour le joueur espagnol. Que des matchs gagnés en trois sets, pas l’once d’un problème pendant tout le tournoi. Dans les conditions actuelles et sauf blessures, il a signé un bail de n années avec Roland Garros. Jusqu’à ce qu’un plus costaud tape la balle plus fort et plus liftée que lui. On regrettera alors l’époque où des joueurs comme Federer pouvaient casser le jeu par des petits revers chopés, monter au filet à contre-temps, frapper un coup droit avec un relâchement absolu. Pas grave, il ne restera plus qu’à se rabattre sur le ping-pong pour voir des effets autres que de bas en haut.

Commentaires (5)
Ah ça... j'aurais aimé la lire, cette chronique diabolique (non, mieux que ça : diabologique, carrément). Je suppose que par l'Autre tu désignes l'autre bourrin, tellement insignifiant qu'il ne mérite même pas qu'on cite son nom (nom qui du reste ne ressemble à Rien (oh... il était pas mal celui-là !)) ;-)
Rédigé par Thom | 21 juillet 2008 14:15 | Alerte.
Thom, tu me poses un gros problème. J'ai commencé une chronique sur le golb mais elle est trop fadasse pour résumer ce que je pense de la bête. Je travaille sur le laïus, même si à chaque ligne, j'ai envie de tout effacer pour tout recommencer. Jusque-là, je suis à peu près certain de passer à côté du sujet...
A part ça, j'aurais aimé le faire, le jeu de mots qui ressemble à rien !
Rédigé par Mabrouck | 21 juillet 2008 17:47 | Alerte.
Je devrais mieux me relire : les fautes de frappe et les approximations stylistiques que je fais sont affreuses. J'ai pris le parti d'écrire un blog sans être trop regardant sur la forme, mais quand même...
J'espère que vous ne m'en tenez pas rigueur, je vous prie de m'excuser pour les erreurs passées, présentes et futures.
Rédigé par Mabrouck | 21 juillet 2008 17:54 | Alerte.
(n'écris rien, c'est très bien comme ça ^^)
Puisqu'on en est à discuter tranquillement entre nous... ce qui tu dis de "ma" chronique résume assez le dimanche que j'ai passé à essayer d'écrire sur "Le poids d'une âme", sans doute l'un des articles littéraires que j'ai réécrit le plus de fois dans ma vie. Un juste de retour des choses, soit... à moins qu'il s'agisse d'un message divin visant à nous faire comprendre qu'il vaut mieux que nous arrêtions de nous lire :-D
Rédigé par thom, le roi de l'a faute de frappe | 24 juillet 2008 16:18 | Alerte.
Federer vs Nadal...que Rafa batte Federer à Roland-Garros mais à Wimbledon où Roger est le Roi depuis quelques années déjà ! Je crois que c'est une question de mental : face à Nadal, Roger panique et perd tout son jeu. Pourtant j'y ai cru. Lorsqu'à deux reprises le match a été interrompu à Wimbledon et que Federer est revenu. Pour un court instant. Inexplicable. J'aimerais être dans la peau de Roger Federer. Pour savoir. Pourquoi. J'aurais aussi aimé lire ton article diabolique. A la place j'ai lu un très bon billet émouvant et terrific.
Rédigé par Vincent | 29 juillet 2008 11:03 | Alerte.