Entretien avec Pulsatilla (tentative numéro 2) (le blog de la Nouvelle Racaille Française) 
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Entretien avec Pulsatilla (tentative numéro 2)


Le propre d’une bonne interview, c’est qu’elle met l’intervieweur dans l’embarras au moment de choisir les meilleurs moments pour publication. C’est ce qui s’est passé avec Pulsatilla, auteure de « La cellulite, c’est comme la mafia, ça n’existe pas » (éd. Au Diable Vauvert, traduit de l’italien par Antoine Martin) interrogée  pour Respect Magazine de juin (qui vient de paraître, jetez-vous dessus !). L’extrait suivant présente les « rushes » de ce qui se trouve page 64, ce qui a été coupé au montage. Précision : les meilleurs moments n’y étant pas, vous devrez acheter Respect Magazine pour les lire. Après 100 000 exemplaires vendus de« La cellulite, c’est comme la mafia, ça n’existe pas »   en Italie, le même succès en France ? C’est le chemin que prend ce livre drôle, frais, à la plume légère et acérée d’une jeune femme décontractée et souriante, malgré une campagne de promotion intensive et éreintante. Ah, le charme italien…

Tu écris : « Ce livre, en dehors d’être le médiocre roman qu’il est, aurait pu être un best-seller et faire de moi un écrivain pété de thunes, au lieu de me limiter au froid décompte de quelques centaines de clopinettes que je touche ». Qu’est-ce que ça fait d’être un écrivain pété de thunes tout en s’étant trompée autant ?

Je ne suis pas pétée de thunes. Chaque auteur de premier livre se fait un peu arnaquer et comme ma maison d’édition italienne était petite, mon contrat était plutôt du genre « signe ici et basta ».  Je n’ai pas encore touché le peu que l’on me doit, malgré le succès du livre. C’est pourquoi je vais changer d’éditeur italien.

Ce non-roman avec un non-titre a été un non-échec en Italie. As-tu une non-explication à cela ? [NdR : Pulsatilla qualifie son livre de non-roman]

[Rires] Non. Je crois que juste c’était le bon livre sorti au bon moment. Il n’y avait aucune préméditation, aucune recette savante pour que ça marche. Peut-être la légèreté et l’ingénuité sont-elles des raisons. Et il y aussi ce passage sur les Mirella, ces ballerines porte-bonheur que je plaçais sur le poste de télé lors de chaque match de l’équipe de foot italienne pendant la coupe du monde 2006 avec le résultat que l’on sait : l’Italie a gagné ! [rires]

Peux-tu expliquer le non-titre Italien [La Ballata delle prugne secche] ?

Comme dans mon livre je me suis mise à parler d’autre chose que de mes fiancés en abordant des sujets intimes, des trucs de filles, le titre n’avait plus de sens. Un après-midi, je me suis pris la tête entre les mains pour trouver un autre titre susceptible de plaire à la maison d’édition. A côté de moi, il y avait un album de Corto Maltese, La ballade de la mer salée. J’ai trouvé que ballade était un joli mot, très poétique et qu’il contrastait  de façon amusante avec des prosaïques pruneaux secs. Quand je suis allée chez mon éditeur pour proposer mes idées, ils ont tous refusés sauf La ballade des pruneaux secs qu’ils ont trouvé génial, même s’il n’a d’autre sens que de vouloir amuser.

Est-ce que ton expérience dans la pub t’a aidée à trouver le titre ?

Non, c’est plutôt l’inverse, je suis arrivée dans la pub car je trouvais assez facilement des slogans. J’ai la capacité à capter l’attention par de bons mots.

Tu es devenue Valeria après avoir failli t’appeler Marco. Est-ce que ce traumatisme de la petite enfance a influencé ta plume caustique et acerbe ?

Je pense avoir un cerveau masculin pour beaucoup de choses. Je me sens souvent coincé dans la peau d’un homme.

De situations apparemment pas drôles (comme le divorce de tes parents), tu fais des moments d’humour savoureux. Est-ce qu’écrire est une thérapie pour toi ?

Oui, il y a des choses trop dures à digérer pour une petite fille. Je suis devenue écrivain pour réécrire l’histoire à ma façon, de manière grotesque. Je pense qu’une bonne rigolade peut être salvatrice.

Tu as été une chat addict, ce qui a été l’occasion de rencontres improbables. Continues-tu ? Avec le recul, regrettes-tu cela ? Et ton blog ?

Je ne chatte plus. Ca m’ennuie à mourir, même si je vois cette période de ma vie avec tendresse. C’était une étape. Je ne vais plus qu’une fois par semaine sur mon blog alors qu’avant, c’était une fois par jour.

Penses-tu que la pratique intensive du chat puis du blog ait aiguisé ta plume ? Est-ce que ça a été en quelque sorte un atelier d’écriture pour toi ?

Le blog oui car j’écrivais tous les jours dessus, ce qui est devenu une forme d’entraînement.

James, que tu as rencontré virtuellement dans un chat mais pas en vrai, semble être paradoxalement l’amour de ta vie.  Est-ce que tous les hommes sont décevants quand on les rencontre ?

James a été l’homme de ma vie pendant 2 heures et demi. Quand on va dans des chats, il manque des morceaux de son interlocuteur alors on remplit les trous avec nos fantasmes. Je suspecte que James était un crétin. D’ailleurs, je me rappelle que c’était un fan de George Michael ! [rires]

Pour finir, que penses-tu du réchauffement climatique, de l’extinction des lions de mer et du cinéma kazakh ? [NdR : référence à la préface du livre où Pulsatilla raconte qu’avec le succès, on lui a posé des questions sur tout et n’importe quoi]

[rires] Puisque tu veux une réponse drôle, je vais te donner une réponse sérieuse ! Pour le réchauffement climatique, vous Français, vous gaspillez un paquet d’énergie. Je n’arrive pas à dormir parce que les radiateurs sont poussés à fond. Quand j’ai demandé des explications, on m’a répondu « de toute façon, on a le nucléaire »


Je souffre dans ma chair de l’extinction des lions de mer, tellement que je n’arrive pas à en parler [rires]
Quant au cinéma kazakh, moi qui suis une fan de comédies, je crains que ça me casse les couilles !


Merci à Réjane Ereau, rédactrice en chef de Respect Magazine d’avoir le talent de découvrir des talents, dont Pulsatilla. Merci aussi à Anne Vaudoyer, attachée de presse du Diable Vauvert, qui permet de belles rencontres, toujours avec la même disponibilité et le même sourire.





Commentaires (1)

drôle de coïncidence c'est le livre que ma copine est en train de lire ! avec un titre pareil et la couverture, je me dis : c'est un vrai bouquin pour les filles ça.
Je vous en donnerai des nouvelles après lecture !

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