Un paradoxe à la Kuhn (Le blog de la Nouvelle Racaille Française) 
Choisissez votre ville

Il semble que vos cookies ne sont pas activés sur votre navigateur. Pour que nous puissions vous montrer les informations liées à votre ville, vous devez choisir une des villes suivantes:

Metro Logo


« Entre les murs (troisième et dernière partie) : la véritable vraie vérité | Page d'accueil | Au pays des blogueurs (3) : le café littéraire de Gaëlle »

Un paradoxe à la Kuhn


J’ai rencontré Maxime la semaine dernière. Pour qui aurait le mauvais goût de ne pas connaître Maxime, précisons que c’est un universitaire française qui dispense son savoir immense aux Etats-Unis. Maxime parle de Derrida, Deleuze, Fourier, Spinoza comme moi je parle des résultats du match de foot d’hier ou comme je te demanderai de me passer le sel. Alors parfois, quand tu parles à Maxime, tu prends un air vachement concerné genre tu fronces les sourcils, tu te pinces les lèvres et tu hoches la tête. Le pire, c’est que le bonhomme est tellement intéressant et pédagogue que tu finis par comprendre malgré toi. Good bargain.

Dans la conversation, entre une digression prosaïque sur l’intertextualité Bejamino-marxienne et une considération hautement philosophique sur le coup droit de Federer – devine qui a dit quoi -, j’en viens à parler de Kuhn. Accès de faiblesse ou de vanité, va savoir ce que Kuhn est venu faire dans cette galère. Qui connaît de Thomas Samuel Kuhn ? Un peu moins de monde que ceux qui connaissent Eric Besson, semble-t-il, car même Maxime n’avait pas entendu parler de l’épistémologue.

Et là, tu te dis que la vie vaut parfois d’être vécue juste pour le plaisir d’un échange de rôles. Maxime qui a beaucoup étudié les interactions dynamiques entre l’élève et le professeur, devient l’élève. Comme j’ai très bonne mémoire, je me rappelle mot pour mot ce que j’ai très doctement dit : « Pour Kuhn, le développement scientifique dépend en partie d’un processus de changement qui n’est pas une simple croissance, mais une révolution. Il y a de grandes révolutions comme celles qui sont associées aux noms de Copernic, de Newton ou de Darwin, mais la plupart sont beaucoup plus petites, comme la découverte de l’oxygène ou celle de la planète Uranus. Ce qui prélude ordinairement ce changement, d’après l’auteur, c’est la prise de conscience d’une anomalie, d’un événement ou d’un ensemble d’événements qui n’entrent pas dans les cadres existants pour l’ordonnancement des phénomènes. Le changement qui en résulte est donc de "se coiffer d’un type différent de chapeau pensant", un chapeau qui fait entrer l’anomalie dans la loi, mais qui, du même coup, transforme aussi l’ordre que présentent d’autres phénomènes, ordre autrefois sans problèmes. C’est donc ainsi que la conception de la nature du changement révolutionnaire de l’auteur a émergé » *

Après cette démonstration de force, Maxime est époustouflé, moi je bois du petit (chocolat au) lait. Il y a une explication inavouable derrière ce savoir encyclopédique. Le nom. Je ne sais pas pour toi, mais une anomalie ou un paradoxe à la Kuhn, ça me faire rire. Prononce à haute voix et tu sauras pourquoi ça m’a parlé à moi, amateur des guignols de l’info et accessoirement de l’expression ispice di counasse. Il y a des marottes idiotes comme ça, qui ont traversé ma scolarité.

Un exemple : la matrice de Jordan en maths. Moi, le plus grand fan de Michael Jordan, je ne pouvais pas ne pas être le meilleur dans cette matière. En jordanisant une matrice, je devenais un peu le Jordan des maths à défaut d’être le Jordan des parquets. Et tu sais quoi ? J’ai tout déchiré lors de mes partiels. Je suis venu avec mon maillot 23 des Bulls, j’ai tiré la langue pendant tout l’exam et j’ai dunké mes brouillons rageusement dans la corbeille à papiers tel un clutch player des salles de classe. A la fin, j’ai gueulé à la prof « c’est pour toi Alonzo », imitant sa majesté Jordan écrasant le dunk du siècle sur Alonzo Mourning.

Bref, c’est par application du principe psychanalytique de transfert que j’ai épaté Maxime. Si c’est pas un paradoxe à la Kuhn, ça ?

* en fait, ce n’est pas du tout ma mémoire qui a joué, j’ai même embrouillé les concepts et les mots. Vous pouvez retrouver cet extrait sur le site du CNAM : http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/kuhn.html





Commentaires (4)

Oui, moi-même je n'ai retenu de mes cours de philo et de latin que les noms rigolos donc Kierkegaard et Quinte-Curce mais c'est vachement utile parce qu'en 3ème année, ma prof de latin a demandé le nom d'un historien romain qui avait écrit Chépuquoi et vas-y que moi je lève ma mimine et débite le seul nom que je connaissais: Quinte-Curce. Et c'était bien ça! Et pendant vingt secondes j'ai eu l'air concernée par le latin!

Ah ce que c'est que le bonheur tout de même!

ti pas encore fini di rigouler avec li bitises pareilles à toun age ????

F Z:

un jour, j'ai cité forrest gump dans ma copie de philo : la vie, c'est comme une boite de chocolats, on sait jamais sur quoi on va tomber

J'ai eu 4

Je vois que mon petit billet a réveillé des traumatismes, des joies, des peines et des accents enfouis en chacun de nous.

Comme l'a dit Quinte-Curce, la vie, ci comme une boite de chocolat, il cwaint même li choses dont il attend du sicours.

Réagissez à ce post

Notez ce post