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mai 2008 Page d'accueil

5 mai 2008

Bienvenue dans mon ch’ti blog !*

Voilà, j’ai franchi le pas du blog. Je n’y pensais pas du tout avant que Métro, grand journal que je salue bien bas - gloire à Métro -, ne me propose de jeter quelques mots plus ou moins maladroits sur leur plateforme Internet. Plutôt moins maladroits que plus, espèrent-ils.

De quoi parlera-t-on dans cet espace de convivialité et de débat ?

De banlieue parce que j’y habite et que je la connais un peu. Pas la banlieue qu’on voit à la télévision, au moment des émeutes, mais aussi celle qui prépare en ce moment une rencontre avec Gilbert Sinoué, écrivain de romans historiques, à Vigneux-sur-Seine, le 9 mai à 20h30 sous l’impulsion de l’association « La Culture à travers les lettres ».

De politique au sens étymologique du terme, celle qui s’intéresse à la vie de la cité.

De culture parce que je suis l’auteur de deux livres et que je me suis aussi forgé le nez dans les bouquins,  dans les cinémas, les musées, les salles de concert…

De sport en général et de Roger Federer en particulier parce que Roger est le meilleur joueur de tennis de tous les temps et que Michael Jordan et Zinedine Zidane ont pris leur retraite.

Il y a aura aussi des billets d’humeur, des billets d’humour, des interviews… Bref, ce blog sera un peu à mon image, éclectique et foutraque.

Pourquoi ce nom de blog, la Nouvelle Racaille Française ?

Nouvelle parce que j’espère apporter un ton, un souffle, une fraîcheur.

Racaille parce que c’est un mot démocratique, utilisé aussi bien par le Président de la République et la Secrétaire d’Etat à la Politique de la Ville que par Mouloud et Francis, mes voisins de palier.

Française car que c’est ma nationalité.

Nouvelle Racaille Française, ce sont aussi des initiales, NRF, qui s’inscrivent dans la tradition culturelle de la belle littérature.

Comme dans Fight Club, dans la première règle de la Nouvelle Racaille Française, c’est qu’il n’y aura pas de règle.

Federer is the betterer

Dans le jargon tennistique, nous sommes au cœur de ce qu’on appelle la saison de terre battue. La saison de terre battue a ceci de reconnaissable qu’elle se joue sur une surface meuble et ocre et qu’à la fin, c’est Rafael Nadal qui gagne.

6 mai 2008

Kiffer le livre de Habiba Mahany !

Lors de l’annonce du Plan Espoir Banlieues, Fadela Amara déclarait être persuadée que les femmes joueraient un rôle essentiel dans les quartiers populaires. Kiffer sa race* de Habiba Mahany sorti peu avant le plan souligne la justesse du propos.

Kiffer sa race a d’abord l’intelligence de ne pas être un livre sur la banlieue. A l’image de Sabrina, personnage principal qui surplombe la cité du haut de son immeuble, ce premier roman dépasse son cadre, n’oubliant pas d’être… un roman ! A rebrousse-poil des clichés, c’est une bouffée d’air frais dans la littérature dite urbaine où dans la famille, le père et la mère s’aiment, les deux filles détiennent le vrai pouvoir et, si le frère est omniprésent, c’est avant tout parce que c’est un petit dernier gâté.

Au plus proche de la réalité de son milieu, Kiffer sa race se réapproprie le langage de la rue, plaçant le lecteur au cœur de l’action. Loin de la-banlieue-qu’est-pas-rose-la-banlieue-qu’est-morose chantée par les Inconnus, dans Kiffer sa race, on rit. Lamine, « 2 de QI, en basket Nike Air force one Lebron James, survêt Cleveland Cavaliers Lebron James, T-Shirt numéro 23 Lebron James, casquette Lebron James », cancre parmi les cancres qui ne voient « pas plus loin que le bout de leurs aînés » et qui confond le verbe vénérer avec le verlan d’énerver est l’un de ceux qui portent la responsabilité partagée de leurs échecs. On est loin du manichéisme victimaire de la méchante société contre les jeunes brebis innocentes. Si Habiba Mahany dresse un portrait au vitriol du racisme avec le personnage d’Yvonne qui se rend chez ses voisins maghrébins comme « Tintin au pays des Arabes », elle décline le mot au pluriel, soulignant les racismes qui gangrènent aussi les différentes communautés entre elles.

Fourmillant d’expressions détournées comme « il n’y a qu’un pas entre le tapis de sol et la roche tarpéienne », le livre se termine par un magnifique « Je kiffe ma race. Au sens figuré, heureuse qui comme Alice a fait un beau voyage au pays des merveilles et au sens propre, je kiffe ma race, notre race, la seule, l’unique sur cette terre par-delà les barrières dans nos têtes : la race humain ». Tout est dit : l’hommage à la littérature mondiale avec la référence à Du Bellay et à Lewis Carroll et surtout, le message d’humanisme, de tolérance et d’amour. Version moderne et accessible aux plus jeunes de celui d’Arnold Toynbee : « Quand on connaît un être humain personnellement, quelles que soient sa religion, sa nationalité ou sa race, on ne peut manquer de reconnaître son humanité semblable à la sienne ». Kiffer sa race est une œuvre puissante à diffuser à tous, en particulier dans les écoles.

Caton l’ancien finissait chacun de ses discours, quel qu’en soit le sujet,  par « Il faut détruire Carthage ». Moi, je finira mes posts par « Il faut lire kiffer sa race de Habiba Mahany » !

14 mai 2008

LA CULTURE A TRAVERS LES CITES

Il n’y a pas que le sport et le rap pour les jeunes en banlieue ! Toutes les formes d’activités culturelles peuvent intéresser cette population trop souvent réduite à la caricature. La preuve : invité par l’association La culture à travers les lettres vendredi 9 mai, Gilbert Sinoué, écrivain, a présenté son œuvre devant un parterre d’une cinquantaine de personnes à Vigneux-sur-Seine, plus connue pour ses tours que pour son activité littéraire.

Sinoué n’est pas un auteur de romans dits « urbains ». Dans ses livres, on parle Histoire, religions, quêtes, tolérance… Pas de bitume ni d’émeutes. Pourtant, ce sont des jeunes d’une vingtaine d’années, Dioncunda Touré, Stéphano François, Yazid Kennache, images même de la diversité, qui m’ont sollicité pour cette première qui paraissait hors de portée. Impossible d’inviter l’auteur du Livre de Saphir, prix des libraires 1996 ? Dès qu’il a été prévenu, Sinoué a accepté. Comme quoi, les barrières sont parfois dans les têtes.

Il a fallu monter une organisation de toutes pièces pour un événement inédit. Le service jeunesse de la mairie de Vigneux-sur-Seine a mis tous les moyens à disposition pour la réussite de la rencontre. Toutes les démarches ont été facilitées par une équipe dynamique, diverse et ouverte. Il a souvent suffi de demander pour obtenir. Comme quoi, les barrières…

L’initiative a aussi été relayée par la librairie Plume de Lune, qui a fait le pari de s’installer en plein cœur d’une cité pour proposer une vraie offre littéraire là où il n’y avait qu’un point presse. De miser pour une fois sur la curiosité et l’intelligence aux pieds des tours. Leyla Amanar, étudiante en sciences politiques, est venue apporter une touche féminine à l’édifice, en qualité de spécialiste de l’oeuvre de Sinoué. Originaire du 93, elle montre qu’hommes et femmes de cités différentes peuvent travailler ensemble. Comme quoi…

Tout cela me conforte dans l’idée émise dans ces colonnes le 5 février 2008 qu’un prix littéraire des banlieusards peut faire bouger les habitants des cités pour peu que les bonnes volontés s’agglomèrent. Ce qui a été fait localement peut se généraliser dans toute la France. Des organisateurs de salons et festivals, écrivains, libraires, éditeurs, académies prestigieuses m’ont apporté leur soutien dans cette initiative. Ne manque que l’appui décisif du politique. En attendant, je continuerai de porter la parole de la diversité culturelle. Sans barrière.

15 mai 2008

Le Poids d’une âme

La vie d’un livre est pleine de rebondissements. Le mois dernier, j’ai appris que mon premier roman, « Le Poids d’une âme » avait remporté le prix coup de cœur organisé par l’association coup de soleil dans je-ne-sais-pas-combien de lycées de Perpignan, Sète et je-ne-sais-pas-quelles-villes. Le prix me sera remis demain, le 15 mai 2008 à Sète (où je serai en mesure de mettre des chiffres à la place des « je-ne-sais-pas »). Un rappel : « Le Poids d’une âme » est sorti en août 2006. Il a la peau dure, Lounès, le personnage principal de mon livre ! Un peu comme dans mon roman où Lounès est ballotté, c’est une longue histoire qui m’a conduit jusqu’à cette première publication. Un parcours du combattant. Il a certes fallu de la persévérance mais aussi beaucoup de chance. Chance qui m’a conduit aux portes des éditions Jean-Claude Lattès où les équipes oeuvrent de concert à la réussite de leurs auteurs. Karina, Anne-Sophie, Brigitte, Anne, Eric, Hanen, Isabelle, Laurent, Philippe, Marietta, Sophie, Eva, Louise, Gilles et tous ceux qui vont m’en vouloir de ne pas les citer sont autant de prénoms dans mon calendrier des saints (j’exagère un chouïa mais bon). Je ne cite pas les noms de famille pour ne gêner personne mais ils le mériteraient. J’ai galéré et pourtant, Lattès, voilà une maison édition qui m’était prédestiné. Non, je ne deviens pas mégalo, c’est juste l’ironie du destin qui me fait remarquer que la cité en verlan, ça donne la tess. Eh oui, un homonyme de Lattès ! Un zest d’astrologie, un poil de numérologie et vous verrez que je vais trouver une grande théorie pour justifier mon petit destin. Décidément, la vie d’un auteur est pleine de surprises.

23 mai 2008

Non à Roland Garros ! (et au sport à la télé)

Chaque année, la même histoire : Roland Garros commence, charriant l’espoir d’une victoire de Roger Federer lors de l’unique tournoi du grand chelem qui manque à son palmarès. Des matchs tous les jours, toute la journée, sur plusieurs chaînes. Le rêve du fan de tennis. Or, je suis un fan de tennis. Je peux regarder sans bâiller un Montanes/ Mantilla où les lifts succèdent aux lifts pendant quatre heures, un Karlovic/ Isner où les aces succèdent aux aces pendant une heure et demi, un Coria/ Kuerten sans compter les doubles fautes de l’un ni les grimaces de douleur de l’autre. Alors imaginer un Federer/ Nadal ou un Federer/ Djokovic…

Autant Roland Garros est un moment magique pour le fan de tennis, autant c’est un désastre pour le travailleur. Là par exemple, je sais que je ne pourrais plus avancer sur mes projets en cours. Pas tellement grave puisque je peux gérer mon temps. Mais quand j’étais étudiant, cela a donné lieu à des morceaux de bravoure. Comment s’intéresser au modèle de Heckscher-Ohlin-Samuelson  quand il y a une balle de break pour Becker ? Comment se concentrer sur les systèmes dynamiques quand Edberg te claque une volée de revers ? Comment tester l’hétéroscédasticité quand Sampras te colle un coup droit en bout de course ? A toutes ces questions, j’avais ma réponse à moi : j’attendais la dernier point du dernier match de la dernière semaine de Roland pour commencer mes révisions.

Mais il y a pire. Les play-offs NBA, la nuit. Non seulement le jour tu te concentres sur une petite balle jaune mais il faut aussi qu’un gros ballon orange soit l’objet de ton attention nocturne. Heureusement pour les jeunes d’aujourd’hui, Michael Jordan a pris sa retraite. A mon époque, il fallait être fou pour manquer le spectacle du numéro 23 des Bulls en train d’enfiler les titres et les honneurs comme des perles. Comme dans une poignée d’années, il faudra être fou pour manquer les exploits (déjà commencés) de Lebron James qui, je l’annonce en avant-première, marquera un jour 100 points dans un match, rejoignant le grand Wilt Chamberlain.

Il y a encore pire que le pire précédemment évoqué : tous les deux ans, c’est alternativement la coupe du monde de foot et l’Euro. Il y a la kyrielle de matchs amicaux qu’il ne faut surtout pas rater pour jauger l’état de forme de Henry après une année en demi-teinte au Barça, les progrès de Benzema, les dribbles de Ben Harfa, la vivacité de Thuram, la cuisse de Vieira… Autant de questions existentielles auxquelles il faut bien répondre, non ? Alors, on regarde, on regarde, on regarde…

Or, cette année est maudite car TOUS les événements sportifs coïncident. En résumé, pour le fan de sport, ce sera :

-         à partir de 11h, Roland Garros

-         l’après-midi, le soir : football

-         la nuit, basket.

Et encore, je ne vous parle pas des Jeux Olympiques et des meetings, tournois, combats etc. de préparation. Parce qu’il y en a (comme moi) qui s’enquièrent des futurs exploits de Phelps, Powell, Liqin, Bekele, Xingfang, Riner…

Je propose au Ministre de l’éducation nationale une grande réforme des calendriers sportifs s’il veut augmenter sensiblement les résultats aux examens scolaires. Car avec une année comme celle-ci, on court à la catastrophe. Surtout si Roger « the betterer » Federer gagne Roland Garros !

Le scandale « Kiffer sa race »

Les journaux font leurs choux gras de l’affaire Justice, dont le clip vidéo exhale la violence gratuite. L’image du « jeune des cités » est comme d’habitude négative et sujette à débats infinis. Il y a une autre affaire, bien plus grave à mes yeux, celle du livre de Habiba Mahany, « Kiffer sa race ».

Voilà un livre qui parle des banlieusards comme des êtres humains qui s’amusent, qui souffrent, qui rient, qui pleurent… bref, qui vivent comme tout un chacun. Vous avez dit bizarre ?

Voilà un livre qui adopte le point de vue d’une jeune femme sur sa vie quotidienne. Vous avez dit excentrique ?

Voilà un livre qui véhicule un message de tolérance et d’humanisme aux pieds des tours. Vous avez dit provocateur ?

Voilà un livre qui réconcilie le style oral des cités avec le langage chiadé des auteurs classiques, qui accorde une importance réelle au style et à la forme, autant qu’au fond. Vous avez dit inouï ?

Voilà un livre qui ne prétend pas révélé LA vérité sur la banlieue mais qui raconte une histoire. Vous avez dit invraisemblable ?

Voilà une écrivaine qui écrit. Vous avez dit abracadabrantesque ?

« Kiffer sa race » est un livre dont il faut se méfier. Il décolle les étiquettes.

Habiba Mahany est une écrivaine dangereuse. Elle décrit une banlieue riche de ses talents cachés, de ses espoirs enfouis.

Et le livre est un succès.

Si c’est pas un scandale, ça ?

27 mai 2008

Au pays des blogueurs (1) : Mandor

Je n’avais jamais pensé à publier un livre avant que des personnes de mon entourage prétendent que j’avais un certain talent d’écriture et que je devrais par conséquent tenter l’aventure. De la même façon, je n’avais jamais pensé à ouvrir un blog jusqu’à ce qu’un certain Mandor (dont on retrouvera les chroniques ici : http://unpieddansleshowbiz.hautetfort.com/ ) instille le premier l’idée dans mon esprit étroit. Qui est cet homme au pseudo étrange ? En guise d’explication, voici le manuel du parfait Mandor pour les nuls. Comme dans Sleepy Hollow de Tim Burton, l’histoire de Mandor est d’abord la légende d’un blogueur sans tête. Explication : sur les photos de son blog, le fanfaron coupait sa tête au montage afin de ne pas être reconnu par une horde de fans en délire dans les rues de Paris. J’incite tous ceux qui visiteraient les pages de mon inspirateur génial à remonter le temps et les pages de son blog jusqu’à sa période trou noir (ben ouais, comme Picasso et plein de grands artistes, Mandor a ses périodes). Ces images sont désormais collector. Mandor, c’est la tête, mais c’est surtout le cœur. Il affirme que son monde culturo superficelo passionnant mais, moi, je retiens surtout le dernier qualificatif. Passionnant. Et passionné. Ce type lit plus de livres, voit plus de films et écoute plus de CD que Skorecki, Pivot, Weil, Cachin, Poivre d’Arvor, Bangs (normal, il est mort), toi, ta mère, Jean-Michel Jarre et moi réunis. Mandor, c’est plus fort que toi. Comme Columbo, Il débarque avec ses fiches et son enregistreur en pagaille, il mélange les unes, oublie de mettre l’autre en route (ça ne lui est arrivé qu’une fois mais j’aime bien en rajouter) et à la fin, ça donne une super interview, on ne sait pas trop comment. Mandor, c’est un univers éclectique où Jamel Debbouze côtoie Héléna Marienské, Daniel Balavoine côtoie Arhur H, Habiba Mahany côtoie Mabrouck Rachedi…Qu’il se trouve face aux uns et aux autres, les constantes de Mandor – telles les constantes d’Einstein ou d’Avogadro – sont la rigueur, la ponctualité, l’humour, la convivialité. Et la curiosité, surtout, car Mandor est avant tout un journaliste. En plus de ses activités radiophoniques et magazinesques, il est consultant pour le cinéma où il diffuse sa science du phrasé à des acteurs du calibre de Jugnot et Lanvin, rien que ça. Mandor n’a a qu’un seul défaut avéré, son manque de confiance en lui dans un domaine particulier. Ça reste notre secret à nous. Mais bon, si le monsieur sait retranscrire la finesse de ses billets comme je l’imagine, j’attends le premier livre de M. Mandor avec impatience. Pulsatilla, l’auteure du très drôle « La cellulite c’est comme la mafia, ça n’existe pas », (éd. Au Diable Vauvert), blogueuse devenue écrivain à succès en Italie et qui marche pas mal en France aussi, devrait montrer la voie à suivre à notre Mandor favori. Je ne vais pas en écrire des tonnes, ça pourrait faire rougir notre bougre. Je voulais juste rendre hommage à celui qui sera mon exemple sur la Toile. Moi aussi, j’aimerais ouvrir cet espace à l’univers des autres avec des interviews. Je m’aperçois l’investissement en temps et en énergie que ça représente. Et en argent aussi, imagine-toi que Mandor, ce fou, offre le verre à ses invités. C’est pas l’auteur d’Eloge du miséreux qui commettra ce genre d’excès ! Mandor a été mon exemple dès le début. Quand Métro m’a demandé mon sous-titre pour ce blog, j’ai machinalement répondu « Les tribulations d’un écrivain ou quelque chose dans le genre ». Ça ne vous rappelle pas les tribulations dans un monde culturo superficelo passionnant de Mandor ? Le pire, c’est que je n’avais pas fait le rapprochement jusqu’à ce post. Ce n’est pas seulement un exemple, Mandor, mon héros ! PS : J’ai désespérément essayé de placer « la belle au bois Mandor » quelque part (Mandor étant le verlan de dormant). Cette phrase est l’aveu de mon échec.

28 mai 2008

Qui a assassiné Kennedy ?

La question a taraudé des millions de personnes à travers les générations, mobilisé des milliers d’enquêteurs à travers le monde, sacrifié des tonnes de papiers à travers les imprimeries de l’univers. Et voilà qu’un homme seul a trouvé la réponse : Hubert S. Stone dans « Who killed president Kennedy » (Public Affairs), sortie événement aux Etats-Unis.

Hubert S. Stone est le pseudo d’un journaliste indépendant. Il a consacré 18 ans de sa vie à cette enquête qui a ruiné sa vie personnelle. Divorcé, il a négligé l’éducation de ses deux enfants pour couper, recouper, re-recouper toutes les informations sur l’assassinat le plus médiatisé de tous les temps. Est-ce que ça valait le coup ? La réponse des médias américains :
«  The best book of the best reporter in the world » ( New York Times)
« Enjoy the greatest journalism lesson of all time » (Washington Post)
« At last the truth about the biggest mistery of our History» (New York Herald Tribune)
« What hundreds, thousands, maybe millions of journalists dreamt of, Stone did it» (USA Today)
« We already know the name of the next Pulitzer. Unfortunately, that ain’t me but Hubert S. Stone» (San Francisco Chronicle)
Pour les non anglophones, la traduction :
« Le meilleur livre du meilleur journaliste du monde » (New York Times)
« Admirez la plus grande leçon de journalisme de tous les temps » (Washington Post)
« Enfin la vérité sur le plus grand mystère de notre Histoire (New York Herald Tribune)
« Ce que des centaines, des milliers, voire des millions de journalistes rêvaient, Stone l’a fait » (USA Today)
« On connaît déjà le nom du prochain prix Pulitzer. Malheureusement, ce n’est pas moi mais Hubert S. Stone » (San Francisco Chronicle)
Le livre paraît dans les tous prochains jours aux Etats-Unis. Seuls quelques journalistes triés sur le volet ont eu l’honneur de le lire. Quelques journalistes et ses traducteurs dans le monde entier… dont moi pour la France. Pensez bien que je me suis précipité sur le pavé, à la recherche DU ou DES noms de l’assassin (je reste volontairement vague). C’est tout simplement incroyable. Toutes les réponses sont là, devant nous. Toutes les énigmes sont levées dont la fameuse théorie de la balle magique qui devient très prosaïque. C’est l’Histoire américaine contemporaine qui est revisitée. C’est le cynisme des hommes qui est mis à jour. C’est les incroyables coulisses du monde qui sont dévoilées.

« Who killed president Kennedy » n’est pas une de ces énièmes théories fumeuses de l’homme qui a vu l’homme qui a entendu l’homme qui aurait, paraît, éventuellement entraperçu l’ours en rêve. C’est le livre qui a fait dire à Obama que la vérité avait enfin un nom, à Clinton que le long chemin de la rumeur a enfin cessé, à Edwards que les mensonges de l’Histoire sont lavés, à Bush, s’étouffant avec un Bretzel, que la Micronésie avait des armes de destruction massive (le président américain n’est pas à une approximation près).

Contractuellement, je ne peux hélas pas en dire plus. Mais sachez que ce livre, c’est un pétard, c’est un feu d’artifice, c’est une bombe - que dis-je c’est une bombe ? - C’est de la bombe atomique !

29 mai 2008

Le nom de l'assassin de Kennedy...

... demain !

On m'a harcelé de questions après mon commentaire d'hier. Des proches, des amis m'ont menacé de ne plus jamais me parler si je ne révélais pas LE(S) NOM(S) en avant-première.
Alors je me suis renseigné sur ma clause de confidentialité. Bonne nouvelle, j'ai trouvé un moyen de la détourner ! Demain, une tierce personne postera dans ce blog la vraie version de l'assassinat. Officiellement, je ne lui aurai rien soufflé. Pourquoi demain et pas aujourd'hui ? Il reste quelques points de détails à régler. Et si ce n'est pas demain, ce sera la semaine prochaine, ne vous inquiétez pas.
Voilà, vous pouvez retenir votre respiration pendant 24h pour une plongée dans le grand noir de l'histoire politique américaine.

Je vous annonce aussi pour la semaine prochaine :
- Lundi : un compte-rendu de ma visite dans un lycée de la région parisienne (sous réserve de l'accord des élèves et enseignants). J'aimerais beaucoup qu'il soit complété par un compte-rendu de la prof qui m'invite. Si vous lisez ces lignes Madame, pleaaaaaaase (ton imploratif et minaudatif)
- Mercredi : un nouveau portrait de blogueur
- Vendredi : ????? (il faut bien que j'improvise ! Si Federer est toujours en course à Roland Garros, il y a quand même des chances que ça tombe sur lui)

Chaque semaine, j'essaierai de poster des messages le lundi, le mercredi et le vendredi mais je ne m'interdirai pas de poster plus si l'inspiration me vient... Ou moins dans le cas contraire.

A part ça, j'aimerais que d'autres plumes viennent squatter cet espace. Si vous vous sentez des choses importantes ou futiles à raconter, n'hésitez pas à les proposer.

Blogueurs, à vos claviers !

30 mai 2008

Une vérité qui démange par Sushina

[Précision de Mabrouck Rachedi : sur le blog, il est mentionné « rédigé par Mabrouck Rachedi », mais c’est en fait Sushina l’auteur des lignes suivantes. Sushina, vous la trouverez sur la page myspace suivante : http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=154773013 ]

Au pays des blogueurs et des myspaciens (2) : Sushina

Je connais Sushina grâce à son myspace. Je ne me souviens plus qui a fait le premier, demandant à l’autre « hep, tu veux devenir mon ami steuplé » en faisant des ronds de jambe.  Ce qui m’a d’abord frappé chez elle, c’est le nombre astronomique de fois où le message Nouveau blog de Sushina et Heidi apparaissait dans mon mail. Qu’est-ce que cachait cette profusion ? «  Deux étudiantes en lettres parce qu'elles sont trop bêtes pour étudier les maths ou la stro-physique », « une nymphomane schizophrène et révolutionnaire », comme c’est écrit sur sa page de présentation myspace ?   Eh bien, cette profusion révélait un univers délirant qu’il ne tient qu’à toi de découvrir sur son blog. Les limites de l’imagination de Sushina sont sans borne. Elle peut mourir et ressusciter suite à l’attaque d’une carotte géante * ou te prouver par l’exemple et le contre-exemple tout et son contraire avec le même talent. Talent, le mot est lancé. Talent précoce car Sushina a 22 ans. En pleine préparation du CAPES, en pleine rédaction de son mémoire, en plein championnat interrégional de bilboquet (dont Sushina est tenante du titre), je lui ai demandé de me tirer d’un mauvais pas. J’ai annoncé dans ce blog que je savais en exclusivité le nom de l’assassin de Kennedy. C’était du pipeau (shame, shame, shame on me). Je n’avais pas prémédité mon coup alors je me trouvais fort dépourvu au moment de trouver un épilogue à peu près pardonnable à cet accès de mythomanie mâtinée de marketing – marketing et mythomanie, des concepts si voisins. Qui pouvait bien réinventer l’histoire et lui donner une saveur particulière ? Le nom de Sushina s’est imposé à moi, elle, qui au minimum dessine des sourires béats sur mon visage de lecteur et qui, le plus souvent, m’éclate de rire. J’ai sollicité Sushina en faisant des ronds de jambe, comme il se doit.

La scène (tout s’est déroulé par mail)

Moi : Sushina, est-ce que tu peux m’écrire le récit de la mort de Kennedy ?

Sushina : Je sais pas, j’ai pas mal de choses à faire [description de mille activités super accaparantes] Tu me donnes combien de temps ?

Moi : Autant de temps que tu voudras [là, je m’attends à un délai genre deux, trois semaines ou une fin de non-recevoir discrète, camouflée, dissimulée, insidieuse, sournoise]

Sushina : Après-demain, ça te va ?

Moi : Gloups [expression d’étonnement répandue chez les imbéciles]

Sushina : Hein ?

Moi : Ouaip, ça me va [j’ai ravalé mon étonnement et pris mon air détaché à la Lucky Luke]

Cette scène résume Sushina : créativité, réactivité, simplicité (ce sont les fameux trois -té, qui n’ont, je le précise, rien à voir avec les 3 T, les neveux de Michael Jackson)

C’est le talent de Sushina que je vous propose de découvrir ou de redécouvrir à travers le récit de l’assassinat de Kennedy. Attention, les effets secondaires de la lecture de Sushina sont : inflammation des zygomatiques, fracture des côtes à force de se les tenir, fracture du crâne à cause du rebord de la table sous laquelle on voulait se rouler, plainte pour tapage à cause des rires trop sonores etc. Une lecture prolongée expose à des risques d’accoutumance.

* (astérisque digressive) ce qui a donné lieu à l’épisode Carotta. Carotta a pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines (la panique m’a fait perdre l’appréciation du temps) bouffé Heidi. Ça m’a semblé des années tant, pour moi, ce fut un choc comparable à l’alcoolisme prolongé de Tony Stark dans Iron Man, tu sais, ces je-ne-sais-pas-combien de numéros où, devenu pochard, la déchéance de mon super-héros préféré a provoqué une dépression prépubère.

Entre les murs * (première partie)

J’ai fait pas mal de rencontres scolaires pour mon premier roman « Le Poids d’une âme ». Des élèves de Laval, Chambéry, Montpellier, Sète, Mouscron, Boussy, Massy, Perpignan, Tourcoing, La Motte-Servolex (qu’est-ce que j’aime ce nom !)… ont croisé ma silhouette voûtée lors de séances mémorables, en tout cas pour moi. La rencontre d’hier [jeudi 29 mai] avec les secondes E du lycée Max Dormoy de Champigny est venue s’ajouter au cortège des plaisirs immatériels – les plus gratifiants, en même temps, les plaisirs matériels d’un auteur sont si rares ( !) - qu’offre la vie littéraire.

Tout d’abord, commençons par le commencement et rendons (ouais, je suis comme ça, je parle de moi à la première personne du pluriel) hommage à Madame Derder et Madame Dubois, qui m’ont fait l’honneur de cette invitation. Surtout Madame Derder mais c’est pur favoritisme. Rendez-vous fut pris au lycée Max Dormoy, donc, au cœur de la zone commerciale de Champigny. Ça peut surprendre un lycée entre un Leclerc et une Halle aux vêtements. Tu peux y voir, au choix, une allégorie de la marchandisation de l’éducation nationale ou un côté super pratique en cas d’envie frénétique d’achat d’une commode en plein cours de maths. Un indice qui plaide pour la première solution : les panneaux routiers indiquent mieux le Leclerc que le lycée.

Tu t’attends à débarquer dans un BHV et tu tombes sur un lycée assez classe, il faut le reconnaître. Propre, spacieux, une plaque rappelle que Michel Giraud a inauguré le lieu. Et là tu te dis qu’heureusement qu’une plaque rappelle que Michel Giraud a été ministre du travail sinon même sa mère pourrait ne pas le croire. Comment survit-on après avoir été ministre sous Balladur ? Grande question à laquelle nous ne répondrons pas aujourd’hui.

L’affable Madame Derder me reçoit avec son sourire légendaire. Ne manque que la rose entre les dents pour un remake de la pub ultra-brite. Madame Derder, j’veux le nom de votre dentiste, s’y ou plaît ! Direction la salle des profs. En tant qu’auteur invité, ce n’est pas une première. Et pourtant, à chaque fois, c’est le même choc pour moi, qui m’étais fait un honneur de n’y avoir jamais foulé les pieds pendant ma scolarité. Ça donnait lieu à des discussions homériques du genre :

Prof : Mabrouck, tu passeras me voir en salle des profs ?

Moi : M’sieur, Heu, j’peux pas M’sieur, on pourrait pas plutôt dire DEVANT la salle des profs, M’sieur ?

Prof : Tu peux pas entrer ?

Moi : M’sieur, ma religion me l’interdit, M’sieur.

Prof : Tu te foutrais pas de ma gueule ?

Moi : Non, M’sieur et puis j’ai les pieds plats, M’sieur.

L’excuse fonctionnait aussi bien qu’au service militaire. Une des fiertés de ma vie restera que j’ai réussi à me faire exempter de l’armée - pourtant, note comme mon inclination à répéter M’sieur me prédisposait à la discipline militaire, comme le Sergent de Full Metal Jacket - et de la salle des profs. Jusqu’à mes livres.

La salle des profs est un vaste lieu où je me sens tout petit. Faut dire, j’ai toujours l’âme d’un élève. Pendant un voyage en bus scolaire de Sète à Perpignan, on m’avait proposé le premier rang, celui des adultes responsables, sérieux et tout et tout. Je me suis retrouvé derrière, en train de piailler avec les élèves. Il va falloir que je soigne mon côté Peter Pan sinon je vais finir calfeutré dans un ranch du nom de Neverland.

Je me colle dans un coin de la grande table ovale, l’exacte réplique de celle du Pentagone, où repose un mystérieux masque. Qui a vu « Vendredi 13 » ne peut que faire le rapprochement avec le masque de hockeyeur de Jason, le tueur en série. Ainsi, c’est ça une salle des profs, un endroit où on attire une pauvre victime innocente – moi - pour la livrer aux délires sanguinaires de bêtes assoiffées ? Je savais que j’aurais pas dû venir, Maman, vient me chercher ! Je demande où sont les toilettes pour en fait inspecter les retraites possibles. C’est là que je regrette d’avoir séché mes derniers entraînements de course à pied surtout quand je vois le sac de « sport » (version officielle, d’où les guillemets, pas sûr que ce ne soit pas le réceptacle d’un rite sacrificiel inconnu) de Madame Derder où Jo-Wilfried Tsonga… heu Mohamed Ali (ils se ressemblent tellement) assène un coup de poing rageur. Un message subliminal à la future proie ? Message bien reçu, je commence à flipper. La peur cède à la panique quand un drôle de bruit déchire le silence. Tu vois la musique stridente qui accompagne les films d’horreur ? C’est celle-là. C’est la sonnerie du lycée. Et là, j’ai la réponse à l’un des grands mystères du cinéma : comment a germé l’idée de la musique de Psycho dans l’esprit de Bernard Herrmann ? Au lycée Max Dormoy de Champigny.

Il faut entrer en classe. Je vais me livrer à l’assaut des questions de la classe de seconde E. Mais ça, c’est une autre histoire que je te raconterai la semaine prochaine.

* Hommage facile à François Bégaudeau dans une période où c’est le roi du monde. C’est mérité pour l’auteur du génial « Jouer Juste » (éd. Verticales)