Jérôme Vermelin: avril 2008 Archives 
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avril 2008 Page d'accueil

4 avril 2008

Lost in Bangkok

Ploy_image1Je craque totalement pour Ploy, le nouveau film de Pen-ek Ratanaruang. Pen qui ? Non, c’est pas du chti, mais le nom d’un formidable réalisateur thaïlandais qui avait déjà signé Last Life in the universe et Vagues Invisibles. Un couple exilé aux Etats-Unis revient à Bangkok pour assister à un enterrement. Ils descendent à l’hôtel et son complètement jet lagés. Elle reste dans la chambre à tourner en rond. Lui descend au bar où il rencontre une adulescente, Ploy, qui écoute de la musique pop au casque en attendant que sa mère vienne la chercher. Il lui propose de venir se reposer dans la chambre où Madame, déjà soupçonneuse après avoir découvert un numéro de téléphone dans la poche de Monsieur, commence à psychoter. Il veut la sauter ? Il veut me rendre jaloux ? Il fait ça souvent dans mon dos ? Pourquoi il ne me fait plus l’amour ? En parallèle, un barman retrouve une femme de ménage dans une chambre de l’hôtel pour une partie de jambes en l’air sans commentaire. A la lisière du fantastique, parfois comique, tout le temps sublime, Ploy fera partie de mon top 2008. A l’aise. Le genre de film qui séduit par sa plastique impeccable et son récit à la fois simple et surprenant. Une sorte de Lost in translation version jalousie, où la femme de Bill Murray aurait débarqué et fantasmé sur la relation de son mari avec Scarlett Johansson. Ca sort le 16 avril, courrez-y !

13 avril 2008

La rage du remake

En regardant The Eye avec Jessica Alba, nouvelle version plutôt
convenable du film de Danny et Oxide Pang, les faux jumeaux
thaïlandais, je me pose encore et toujours la même question : pourquoi
faire un remake lorsque l’original est si bon ? Parce que les
spectateurs occidentaux ne sont pas capables de regarder un film avec
des sous-titres ? C’est l’argument que ressort régulièrement
l’industrie hollywoodienne, sans vraiment en dire plus. Quand au
doublage, elle semble en avoir complètement oublié la possibilité.
Comme si les Américains savaient tout faire, sauf ça. En Europe, la
V.O. marche plutôt dans les grandes villes. Et le reste du temps les
films étrangers sont doublés. C’est la norme. Comme ce fut le cas pour
The Eye, l’original, distribué il y a 3 ou 4 ans par Europacorp, la
boîte de Luc Besson. Sans doute pas un gros succès puisque la suite est
sortie directement en vidéo. La version américaine en revanche a
débarqué la semaine dernière en grandes pompes, avec Jessica Alba en
promo… A chaque fois, on a l’impression que les Américains font une
fleur à un cinéaste en « remakant » son film au travelling près. Y
compris lorsqu’on nous promet un Bienvenue chez les Chti’s version US.
Comme si c’était le summum de la reconnaissance pour Dany Boon !

La vérité, sans faire d’anti-américanisme primaire, du tout, c’est
qu’Hollywood protège ses parts de marchés et gobe toutes les bonnes
idées pour les redigérer, plus ou moins mollement. Et ne veut surtout
pas que les succès étrangers cartonnent sur les territoires où ses
films dominent tout. C’est de l’ultra protectionnisme pur et simple.
Imaginez que les producteurs français nous expliquent très sérieusement
que le public hexagonal ne veut pas, ne peut pas regarder Spiderman,
Harry Potter ou James Bond en version sous-titrées ou doublée. Et qu’il
faut refaire l’homme araignée avec Jean-Paul Rouve, l’apprenti magicien
avec Clovis Cornillac et l’espion qui m’aimait avec Vincent Cassel. Les
Américains nous céderaient les droits pour très très cher et les films
seraient sans doute assez pourris… Chiche !



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