Jérôme Vermelin: septembre 2007 Archives 
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15 septembre 2007

Cronenberg frappe très fort… et ça fait mal

Eastpro215 jours après avoir prédit le Lion d’Or de Venise – Lust Caution de Ang Lee pour ceux qui n’auraient pas la force de descendre jusqu’au post précédent – voici mes premières impressions du nouveau Cronenberg, « Les Promesses de l’ombre », que j’ai pu voir ce vendredi. Le film, présenté il y a quelques jours à Toronto, bénéficie d’un bon gros buzz et je m’étais précipité sur la bande annonce pour en avoir un avant-goût. Autant dire que lorsque j’ai reçu jeudi après-midi un mail me proposant de voir le film le lendemain, je n’ai pas hésité une seule seconde. Avec Lynch, Cronenberg est l’un des seuls cinéastes capables de rendre le bizarre beau, l’étrange sexy, le repoussant… irrésistible. Je me rappelle encore d’une projo de Crash sur les Champs Elysées au cours de laquelle une poignée de spectateurs faisaient claquer leurs sièges au début de chaque scène de cul. Dix ans plus tard, mon autre David préféré a remporté son plus gros succès au box-office depuis La Mouche avec A history of violence. A cette occasion il travaillait pour la première fois avec l’excellent Viggo Mortensen, l’homme qui donne des interviews pieds nus et m’a offert un livre sur les chevaux. Ils se sont retrouvés pour Les Promesses de l’ombre, une plongée au cœur glacial de la mafia russe de Londres. La toujours bouleversante Naomi Watts interprète une urgentiste qui accouche une toute jeune femme juste avant qu’elle ne succombe à ses blessures. Dans les affaires de la défunte, elle retrouve un petit journal et la carte d’un restaurant russe. Le début d’une sale histoire dont je ne dirais guère plus car j’ai promis de raccourcir mes pitchs pour ne plus gâcher le plaisir de certains. Si vous avez aimé A history of violence, vous aimerez peut-être encore plus ce nouveau film. Noir, brutal, sanglant même… A ce propos il y a une scène de bagarre tellement extraordinaire – j’en ai la chaire de poule en écrivant - qu’elle a tendance à rendre toutes les autres un peu fades. Reste que le récit est sec comme un coup de trique, avec un tout petit zest de romantisme, et que les acteurs sont exceptionnels, y compris notre Vincent Cassel national qui interprète le fils du patriarche. Pour être tout à fait honnête je reste nostalgique des Cronenberg d’autrefois, plus dérangeants même si parfois moins aboutis. Reste que vous prendrez une sacré claque, ne serait-ce qu’à cause de cette bagarre… Cette scène, nom de Dieu !

22 septembre 2007

99 jours plus tard

99francsenphotosCool semaine puisque mercredi j'ai interviewé David Cronenberg et découvert qu'il portait une prothèse auditive très discrète, comme notre ancien président. Pour la retraite, je pense qu'on devra encore patienter car avec Les Promesses de l'ombre, le maître canadien reste au sommet de son art, comme je l'écrivais la semaine dernière. Rencontré aussi, un Viggo Mortensen comme souvent sans chaussettes mais avec un bouc très seyant puisqu'il s'apprête à tourner un western réalisé par Ed Harris et dans lequel il retrouvera Jeremy Irons, un autre habitué de la famille Cronenberg. Le soir même Metro organisait une avant-première de 99 Francs pour ses annonceurs, pour certains décontenancés à la sortie de cette satire au vitriol du monde de la pub. J'ai raconté l'anecdote à Jean Dujardin et Jan Kounen vendredi au cours d'une interview croisée avec ces deux personnages à priori très opposés. Et qui comme tous les opposés s'attirent pour faire un très très bon film, même si le discours anti société de consommation n'est pas tout à fait nouveau (cf Naomi Klein et son No Logo, Fight Club de Fincher), etc. Grande question : le public va-t-il suivre ? Parce que non, non, non, 99 Francs n'est pas une grande comédie familiale et ne passera sans doute jamais en prime time sur TF1 qui a refusé de co-financr le film. Vous comprendrez encore mieux pourquoi en le voyant...
Sinon allez voir 28 semaines plus tard, c'est encore plus flippant que le premier !

29 septembre 2007

Retour à l'essentiel

Premiercri99 Francs marche fort et c'est tant mieux. Le film de Kounen n'est pas parfait mais son énergie, son humour, sa joyeuse mauvaise foi, tout ça fait du bien au cinéma français, régénéré par ce mélange de satire trash et de divertissement grand public. Grand public, oui, car au-delà de ses excès, 99 Francs parle aux gens. De leur addiction à la pub, à la société de consommation, à un train de vie inaccessible et frustrant qui pousse à bout et donne envie de tout envoyer promener pour... aller se promener. La deuxième fin du film, qui s'inspire des voyages mystiques de Kounen, surfe d'ailleurs avec la fascination actuelle pour la nature et les grands espaces, ce désir de dépaysement et de retour à l'essentiel qui fait le succès d'une série comme Lost ou d'un reality show comme Koh-Lanta, curieux jumeaux s'il en est. On retrouve ce besoin pressant de valeurs saines dans Le Premier Cri, le docu-fiction de Gilles de Maistres qui sera en salles le 31 octobre. Le réalisateur français a filmé des accouchements tout autour de la planète, d'une véritable usine à bébé au Vietnam à une naissance avec les dauphins au Brésil en passant par une étonnante communauté baba-cool aux Etats-Unis. Ca émeut, ça remue, forcément. Ca fait réféchir aussi. C'est vital et beau. Indispensable. Comme un bon yaourt Madone ?



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