Metro fait son Festival de Cannes: A côté Archives 
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A côté Archives

14 mai 2008

Des valises sur la Croisette

Ça y est. L'équipe de Metro est arrivée à Cannes. Le Festival nous ouvre les bras et nous, nous lui ouvrons les nôtres tout grand.
Il faut dire que si certains d'entre nous en sont à leur quatrième, voire leur
cinquième année sur la Croisette, nous sommes deux, trois novices. Innocents
que nous sommes, nous allons nous frotter au plus grand événement mondial du 7e
Art.

Mais on ne vient pas à Cannes comme on va faire ses courses. J'ai laissé mon jogging au vestiaire au moment de faire ma valise. Me voila donc à l'aéroport d'Orly, face à mes collègues, et là, surprise, c'est moi le plus chargé.

Il faut bien dire que j'y ai passé des heures, hier soir, à la faire cette valise. Enfin ces valises car finalement la grosse que je viens d'acheter n'aura pas suffit.

"Pour la montée des marches, il te faut un costard et un nœud-pap", m'avait-on prévenu. Ni une, ni deux, je me trouve un smoking et les chemises blanches qui vont avec. Mais je me sens tellement peu à l'aise dans cette tenue, qu'il me faut ajouter quelques pantalons habillés-mais-pas-trop, des chemises noires (c'est plus classe), mais aussi mes polos et mes t-shirts favoris, car c'est bien connu: "dans le sud, il fait toujours beau". Ma valise est lourde, très lourde... J'ai mal au bras, rien que de vous en parler.

Une fine analyse partagée par ma collègue Alexandra. Il faut dire qu'elle vient du Nord, la pauvrette (même si on n'a plus le droit de dire cela depuis un certain Dany Boon). Mais Alexandra, donc, est atteinte du syndrome dit du "Bienvenue chez les Ch'tis à l'envers". Je m'explique: elle considère que lorsqu'elle descend en dessous d'une certaine latitude (celle de Tours a priori), tout le monde s'habille en short et en débardeur 365 jours par an.

Or, pour notre arrivée à Cannes, quelle n'est pas notre surprise de se voir accueillir par un crachin fin, mais fort désagréable, qui se transforme même assez vite en véritable pluie.

Moi, et mes 36 kg de bagages en soute, j'ai prévu le coup et, en plus de mon maillot de bain et de mes Ray Ban bling-bling, j'ai pris "une petite laine", comme dirait ma maman.

Bref, je suis fin prêt. Apportez-moi Harrison Ford, Sean Penn ou Scarlett Johanson...

15 mai 2008

Carte bleue

On m'avait prévenu: "Cannes, c'est le royaume de la frustration". J'allais passé quinze jours à espérer voir des monuments du cinéma mondial pour obtenir au final une interview de 10 minutes, après avoir bravé les renfrognements d'attachées de presse aigries. J'allais devoir quémander la moindre "faveur" de leur part, seules garantes qu'elles sont de l'agenda des stars du septième art.

Première couleuvre à avaler en arrivant: la couleur de votre pass: le badge qui vous permettra d'accéder pendant la quinzaine aux projections des films. Il existe une véritable hiérarchie dans le monde des sésames cannois. Tout en haut, on trouve l'aristocratie, le pass blanc. Il vous donne accès à tout, sans jamais faire la queue. Les véritables pachas du petit milieu (on est tout de même 4000 cette année, dont le premier Nigérian) peuvent frimer devant leurs petits collègues.

Suivent les Roses, mieux les Roses à pastille jaune, ceux-ci ne feront pas la queue lors des projections. Ils entreront dans le Palais des Festivals en seconds, précédant les roses, les bleus (ça, c'est moi) et enfin les jaunes, véritables prolétaires de la Croisette. Attention à vous nantis et têtes couronnées du Festival, cette année, c'est le quarantième anniversaire de mai 68, les vôtres pourraient tomber.

Photo : Renaud Ceccotti et sa carte bleue / Antoine Doyen

18 mai 2008

Y a foule pour Indy

C'est sûr, Indiana Jones est décidément  l'événement de ce  61e festival de Cannes. Même le soleil est revenu pour accueillir Harrison et Steven sur la Croisette. Depuis hier, tout le monde ne parle plus que ça. Dans le petit milieu des journalistes français, la grosse déception de la soirée était de ne pas être invité à la soirée de lancement de la bande d'explorateurs. Mis à part quelques exceptions médiatiques, comme Canal + et sa force de frappe monumentale, les journalistes n'ont même pas eu une interview à se mettre sous la dent.
Peu importe, il en faut plus pour me décourager: je serai à la première projection coûte que coûte.
La séance a lieu à 13 heures. Avec mon badge bleu, et compte tenu du protocole drastique de palais des festivals, je n'ai une chance de monter les marches qu'après les titulaires des badges blanc, rose et rose à point jaune. Quand on sa
it qu'il y a 2300 places dans la grande salle Louis Lumière et que nous sommes 4000 journalistes accrédités, j'ai intérêt à m'y pointer tôt.
Le beau temps aidant, me voici dès 11 heures au bas des dîtes marches. Il y a déjà quelques personnes devant moi. Mais j'évalue mes chances à "fort probable".
En attendant, je peux vous écrire et regarder le balais de festivaliers qui déambule sur le front de mer...

20 mai 2008

Santa Maradona priez pour moi

Depuis le début de ce festival, j'ai coché le mardi 20 sur mon agenda. Ba oui, c'est le jour où est présenté Maradona, le dernier film d'Emir Kusturica. Je ne louperais ça pour rien au monde.

Mais apparemment, je ne suis pas le seul. La première projection, réservée à la presse, était à 13 heures. Avec ce f.... pass bleu, autant dire qu'il allait falloir batailler pour entrer dans la petite salle Bazin (et oui même pas les honneurs de la salle principale, aucun respect pour le football ces intellos de la culture).

Bon je me ramène 30 minutes avant -je voulais venir plus tôt mais l'arrivée de Clint (Eastwood) et d'Angelina (Jolie) dans la salle de conférence de presse m'a cloué dans la salle wifi (ba oui y en a des journaleux).

Bref, un rapide comptage de la queue des badges blanc ou rose (les prioritaires) et  m'en voila quitte pour une évidence: c'est pas pour cette fois.

Mais comme je suis tenace, je m'accroche. On sait jamais, sur un malentendu... Il n'y a pas eu de malentendu.

Heureusement j'ai une séance de rattrapage ce soir. A 23h30 exactement, quand Emir et Diego, s'il finit par se pointer sur la Croisette, grimperont les marches, moi j'aurais peut être le droit d'aller à la projo de presse de rattrapage.

Bon, pour l'interview de Diego, ça risque d'être dur. Comme pour Tyson, la presse française n'est pas la priorité... Dommage, reste Kusturica, c'est pas mal, mais ce n'est pas lui qui me dédicacera mon maillot du "Pibe de Oro" bordel...

23 mai 2008

Charity (show) business

Cannes, c'est le champagne, les yacht, les hôtels luxueux, les stars, le glamour... De quoi faire tourner les têtes pour des personnes qui ne sont pas vraiment habituées à cet étalage de luxe.

Tourner des têtes, oui, mais au bout d'un moment (ça fait 10 jours que je suis là), ça met aussi un peu mal à l'aise, surtout quand on passe son temps à regarder des films "politiques" sur la révolution cubaine, les réfugiés albanais ou la difficulté d'être prof en banlieue.

Alors pour se déculpabiliser de dépenser autant d'argent dans les bars et les plages de la Croisette  (où la moindre bouteille de rosé  atteint facile les 100 euros),  les festivaliers ont trouvé un moyen imparable: le diner de charité.

Hier, c'était le point culminant de la tendance, avec le diner de l'AmFar. Madonna, Sharon Stone, Mary J. Blige, Milla Jovovitch (à croire que il n'y a que les femmes qui ont du coeur), toutes réunies pour aider les victimes du sida. le tout encadré par le bijoutier Chopard, avec des tables à 70 000 euros reversé à l'association.

C'est une bonne idée me direz-vous. Pourquoi ces stars, si riches, ne reverseraient pas une partie de leur cachet énorme aux déshérités. Surtout à Cannes, qui fait tant pour leur renommée et donc leur compte en banque.

Mais voila, aussi nobles (et consensuelles, que ceux qui sont contre la guerre ou pour la faim dans le monde lèvent le doigt) que soient leurs causes, on ne m'ôtera pas de l'esprit que voir des milliardaires ripailler et boire du champagne au bord de l'eau ne changera pas vraiment la face du monde.

Je ne suis pas sûr que le Malawi soit sur le point d'être sauvé malgré la Madonne. Le pire étant cette soirée d'ouverture du marché du film, sponsorisé par la télé chinoise, où les hôtes trinquaient à la santé (plutôt dégradée ces temps-ci) des survivants du séisme en Chine.

Désolé de mettre de la mauvaise humeur sur ce blog festif de la Croisette, mais c'est quand même mon humble avis. Et vous, vous en pensez quoi?

24 mai 2008

Moi aussi, j'ai monté les Marches

Quiconque est passé à Cannes en dehors du Festival a eu la même réaction que moi en passant devant le Palais: "Quoi, c'est ça les fameuses Marches !!!" 24 petits échelons. Pas vraiment impressionnant.

Oui mais voilà, 12 jours par an, ça a une autre tronche. D'abord parce qu'il y a le tapis rouge qui le recouvre, que les photographes campent autour et que les badauds font la queue des heures pour apercevoir le bout de la robe d'une star (même d'une starlette, on prendra ce qu'on a). Mais surtout, ce n'est pas donné à tout le monde. Pour chaque projection officielle (celles qui comptent évidement car gravir les marches, en robe de chambre, à 8h30 du matin avec trois péquins, c'est moins glamour), c'est à dire à 19 heures ou à 22 heures, seuls 2100 élus, triés sur le volet, peuvent s'offrir le petit plaisir de passer sous le crépitement des photographes, à côté de Mike Tyson, P. Diddy ou Eva Longoria.

Pour cela, deux petite règles: d'abord porter un smoking (enfin au moins un costume et un noeud-papillon) pour les hommes, une tenue de soirée pour les dames. Mais surtout se procurer un sésame. Ici, on est pas à la finale de la Coupe de France: un billet pour les Marches, ça ne s'achète pas (quelle vulgarité). Pour assister à la projection en compagnie de l'équipe du film et du jury, il vous faut des connexions. Recevoir une place de la part d'un des membres du film (staff, attaché de presse y compris), ou bien de la mairie de Cannes, du Festival, ou de tout autre officiel un temps soit peu influent. Bref, pas donné à tout le monde.

Reste une possibilité: confectionner un carton et demander à la cantonade à quelqu'un de vous refourguer une de ses précieuses invitation.  Et oui, chaque billet est numéroté, et si un invité n'utilise pas son billet, il ne se verra plus sur la guest-list à nouveau. On ne rigole pas avec ça, donc, en cas de désistement, ils sont un certain nombre à distribuer des billets aux abords du Palais.

Bref, moi aussi j'ai eu le plaisir de monter les Marches. Deux fois. Pour L'Echange, le film de Clint Eastwood, et pour le Che de Soderbergh et ses quatre heures.  La première fois, j'étais au Balcon. Du coup, j'étais considéré comme spectateur de seconde catégorie. On m'a donc fait monter les marches, certes, mais on ne m'a pas laissé me pavaner sur la première partie du tapis, plane, où oeuvrent les photographes. Pour le second, en revanche, j'avais le droit à la catégorie Orchestre. J'ai donc mis mon plus beau costume (enfin le même que la veille) et j'ai fait mon entrée dans le monde des puissants, de ceux qui comptent, de ceux qu'on retrouve dans les magazines... Bon je me calme car personne m'a pris en photo. Si, mes deux collègues. Voilà, une nouvelle chose de cochée sur ma to-do list. Je ne suis pas forcément moins bête qu'avant, la photo n'est pas en une de Voici, mais elle fera toujours son petit effet sur Facebook...