
Y a comme un vent révolutionnaire qui souffle sur Cannes cette année.
J'ai assisté hier soir à un moment rare de mobilisation politique:
toute une armée de festivaliers en tenue de combat (le smoking ou la
robe de soirée) debout, au garde à vous, applaudissant comme un seul
homme le Che Guevara. Bon c'est peut être plus Benicio del Toro et
Steven Soderbergh qu'ils idolâtraient mais quand même.
Devant moi, un de ces guerriers du FLNC (Front de libération national
cannois) s'était même, le temps de la projection, vissé un béret noir
orné de l'étoile rouge, cher au leader de la révolution. Avec le
noeud-pap', il a de l'allure le guerillero.
Faut bien dire que cette année, il en a des adeptes le Che sur la
Croisette. Maradona et Mike Tyson, tous les deux présents dans la salle
hier soir, on le fameux portrait du plus cubain des Argentins tatoué
sur le bras.
Un petit tour le long des plages et cette impression est confirmée:
impossible de faire cinq mètres sans croiser une cadillac, un cigare ou
un panama sur la tête de ces gauchistes de festivaliers. On se croirait
à Cuba. Pincez-moi, je dois rêver.
Je file allumer la télé pour m'assurer qu'elle ne diffuse pas un
discours de douze heures de Fidel Castro... Ouf, le vieux monsieur,
c'est Gilles Jacob. La chaine du parti, ici, c'est celle du Festival.
Bon allez, je vous laisse, la Révolution n'attend pas...
