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Verbatim Archives

15 septembre 2008

Petite citation du jour

"Ah ! que la vie est quotidienne !"
Jules Renard, dans son Journal.
Alors belle journée... quotidienne !

24 septembre 2008

Flibustier gourmand

S’il n’existe pas encore de fan-club d’Alain Rey, je veux bien le créer, là, tout de suite, maintenant. Ce monsieur, écrivain, lexicographe, collaborateur des dictionnaires Le Robert, parle des mots comme on déguste des gourmandises. L’écouter donne des ailes, le lire prolonge ces menus plaisirs. M’y voici. La collection de poche Folio (Gallimard) publie ses mots de saison. Et je ne saurais trop vous conseiller de plonger dans ce recueil de mots racontés avec toujours cette verve, ce ton, cette connivence qui rendent le lecteur tout d’un coup beaucoup plus intelligent. Ainsi la table des matières ressemble à la carte d’un restaurant gastronomique. On picore « ketchup », « loukoum », « ratafia » (visons les plus exotiques…), mais aussi « désir », « sexe », « sport » ou encore « bravo ». Un festin, que dis-je ? un délice ! L’un d’entre eux a retenu mon attention (enfin, plusieurs, mais faut bien se limiter, vous avez peut-être autre chose à faire…). Prenons le mot « flibustier ». Rêvons un peu. A quoi nous fait penser ce mot ? Pirate ? Telle est sa définition. Mais encore. Rhum ? Corsaire ? Trésors ? Navire ? Ce mot de flibustier serait né aux Antilles, d’après le mot anglais « flibutor », par déformation, au XVIème siècle. On disait même flibutier (le « s » cachait alors bien son jeu). Remontons encore plus loin. Le flibutor anglais serait un vieil ami du vrijbuter hollandais… Qui donnera « butin » en français et « vributeur » en flamand, bandit de grand chemin. D’autres racines nous emportent en Allemagne. Et voici comment le flibustier Alain Rey nous a conduit sur son navire à la découverte de ses précieux trésors. On en redemande !

Référence de l’ouvrage : Les mots de saison, Alain Rey, éditions Folio (Gallimard).

29 septembre 2008

Amphigourique

Ça ne vous arrive jamais de lire dans un article ou dans un livre un mot que vous ne connaissez pas ? Bon, souvent, faut l’admettre, l’auteur s’est fait plaisir, il a mis ce mot-là que personne ne connaît, exprès, pour faire son intéressant, montrer que lui, môssieur, il a des lettres, il connaît son dictionnaire des mots rares par cœur. Y a aussi la possibilité que ce dit auteur connaisse parfaitement ce mot aussi (oui, bon, ça arrive aussi…). Admettons. Vous trouvez le mot. Vous ne savez pas ce que ça veut dire. Vous vous dites « Tiens, bah, je vais le noter et après j’irai voir dans le dico ». Sauf que vous n’allez JAMAIS voir dans le dictionnaire. Vous retrouvez plus le ticket de métro sur lequel vous avez noté le mot. Pis, il était tellement compliqué que vous avez oublié. Mince ! Admettons encore. Eh bah voilà ce qui m’est arrivé. Sauf. Sauf que j’ai noté le mot ! Bon, c’est sûr, j’ai un avantage, c’est le but de ce blog, donc j’ai pris l’habitude de noter tout ce qui me passe par la tête. Le mot, c’était AMPHIGOURIQUE. J’ai adoré ce mot. Il sonne bien. Il a une bonne allure, même quand on l’écrit. Important la calligraphie. Et là, je file droit vers mon dico. Qu’est-ce que je lis : « qui a le caractère de l’amphigouri ». Euh, c’est-à-dire ? « Discours ou écrit burlesque, volontairement obscur ou incompréhensible ». Un peu comme ce que je viens d’écrire non ?

3 novembre 2008

Mettre les pouces

Voici une expression qui tourne autour d’un des doigts les plus étranges de la main. Mettre les pouces, c’est s’arrêter, capituler, rendre les armes. Les pouces auraient à voir avec la guerre ou l’esprit de combat. N’est-ce pas grâce au pouce que la vie d’un homme pouvait dans les arènes romaines soit se poursuivre soit s’arrêter brutalement ? On trouve un texte très amusant dans les Essais de Montaigne… ouh là ! je vous vois plisser le front, froncer les sourcils (ou l’inverse). Mais les Essais, je vous jure, plus on se plonge dedans, plus on se laisse aller à lire, et on a du mal à en ressortir. C’est drôle, enlevé et du simple, Montaigne parvient à tirer des évidences de la vie quotidienne essentielles à nous tous. Donc, les pouces. Quoi de plus commun que notre pouce ? Dans le chapitre XXVI du Livre 2, ne dit-il pas :
«  Tacite raconte que chez certains rois barbares, pour sceller fermement un engagement, la coutume consistait à joindre étroitement les mains droites et à entrelacer les pouces; et quand à force de les serrer, le sang s’était amassé à leur extrémité, on les leur piquait avec quelque pointe légère, et ils se les suçaient mutuellement. » (traduction en français moderne de G. de Pernon).

On connaissait les pactes scellés autour d’un verre, en trinquant, tradition viking qui consistait à mélanger la boisson de l’un dans le verre de l’autre. Si cette boisson était vide de tout poison, le pacte était effectif. Pour le moins radical ! De là la tradition de trinquer entre amis. Pour mieux découvrir ses ennemis aussi ! Mais grâce à Montaigne et Tacite, nous découvrons les pactes scellés par le pouce. Divaguons un peu. Cette tradition semble perdurer : les empreintes pour les passages au douane grâce à nos pouces et nos empreintes digitales ne sont-ils pas l’héritage de ces anciens pactes ? Nos pouces seraient-ils le siège de notre identité ? A méditer !

Photo: Pouce de César à la Défense, par Panoramas

12 novembre 2008

Dernier mot

Bah oui, faut bien y penser aussi... Quels sont les derniers mots célèbres ?
- "Aime !" Sarah Bernhardt
- "Maintenant, je suis à la source du bonheur !" Frédéric Chopin
- "Maman !" Marcel Proust mais aussi Anatole France
- "Pas de médecin ! Pas de piqûre ! Pas d'hôpital !" Louis-Ferdinand Céline
- "Je m'arrêterais de mourir s'il me venait un bon mot ou une bonne idée. " Voltaire
- "Je veux vivre, j'ai tout à faire " Guillaume Apollinaire
- "Dormir ! Enfin, je vais dormir ! " Alfred de Musset
- "C'est le moment Jésus !" Charles Quinte
- "Allez, il est bien temps que je désemplisse le monde !" Victor Hugo

photo ShellyS
 

20 novembre 2008

Obama cyberprésident ?

Mazette ! Obama n’a plus le droit d’utiliser ni son Blackberry, ni son
ordinateur portable à la Maison Blanche par souci de sécurité. Comment
va t-il faire, lui, notre nouveau cyberprésident ? Ouf, il peut encore
expliquer cette semaine sa future politique économique sur YouTube.
Quand je pense qu’à la question : « Qu’emmenez-vous obligatoirement en
voyage ? », Michelle Obama a répondu « Ma webcam ! », aurait-on imaginé
cette réponse il y a 4 ans pour Laura Bush ? Tout passe par le Net
désormais. Faut que je vous parle d’un excellent petit livre qui
explique tous les nouveaux mots et expressions du Net. Tel que vous me
lisez, je suis bien installé derrière mon écran. Ma box s’est mise en
marche, mon firewall a arrêté, en bon gendarme qu’il est, des centaines
de méchants virus. Ah oui, j’ai oublié de vous dire, je suis en wi-fi.
Du coup, je peux facilement écrire, allongé, sur mon canapé. On peut
être partout (et dans les endroits les plus insoupçonnables…), comme
ça, et lire, répondre à ses e-mails. Obama envoyait un e-mail à tous
ses soutiens, même les plus modestes, au fil de la campagne et
informait ses supporters. Une communication en direct en quelque sorte,
sans… journaliste. Un peu effrayant quand même. Oui, c’est bon, je vous
parle de ce livre, pas de souci. Avant, je mets définitivement à la
corbeille les spams barbares. Je jette toujours un dernier coup d’œil
aux spams. On ne sait jamais. J’adore ça en fait. Du risque pour pas
cher ! Je sais pas vous, mais je trouve que les zombies qui créent ces
spams manquent cruellement d’originalité. Les mêmes reviennent beaucoup
trop souvent. De l’audace, amis zombies ! Paraît que plus de 80 % de
nos e-mails sont des spams. Ça en fait des sexes rallongés et des
nouvelles amies d’Europe de l’Est ! Le mot « spam » viendrait de cette
marque de corned beef anglais pas cher que les militaires mangeaient
pendant la Seconde guerre mondiale. C’est aussi le nom d’un sketch des
Monty Python, un truc ch**** qui revient tout le temps (voir mon blog à
la date du 7 septembre pour le voir, je dis ça comme ça, en passant, on
y trouve plein d’autres choses cocasses et insolites, vous verrez).
Dernière nouvelle du front du Net : dépassé Facebook, maintenant faut
être sur Twitter, le site pour « gazouiller ». Pas plus de 140 signes
par message et… beaucoup d’imagination aussi ! Paraît qu’Obama a fait
exploser la fréquentation du site, on pouvait suivre ses faits et
gestes à la minute près. J’ai lu ça sur Wikipedia, l’encyclopédie
participative qui va vite (wiki en hawaïen). C’est vrai que ça va vite.
Tiens, bah, j’arrive à la fin de cette tribune, et j’ai même pas eu le
temps de parler des 100 mots de l’Internet, de X. Niel et D. Roux (éd.
PUF) qui explique parfaitement tous les mots en italique ci-dessus !

21 novembre 2008

Se faire appeler Arthur

De l’art de déformer les mots… Le hasard, toujours. Je tombe sur une explication de cette expression "Se faire appeler Arthur". Elle daterait de l’occupation allemande, où le couvre-feu avait été fixé à vingt heures, soit acht Uhr en allemand. D’acht Uhr à Arthur, il n’y a qu’un pas (enfin, surtout une homéotéleute, si on veut faire sérieux, une ressemblance sonore entre deux phrases, deux mots). La déformation lexicale a fait son travail ensuite. Et la réprimande est restée « Attention, toi, tu vas te faire appeler Arthur » !

photo Roby Ferrari

23 novembre 2008

"Tout ce dont j'ai besoin...

... c'est d'un peu de place pour mon chapeau et quelques amis ! "
Dorothy Parker (1893-1967)

photo Wolf Gang

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