Page d'accueil | octobre 2008 »

septembre 2008 Page d'accueil

2 septembre 2008

C’est parti, mon kiki !

Bizarre cette expression, non ? Oubliée, sans doute. Appropriée sûrement ! Elle donne naissance à ce blog, sur les fonds baptismaux de l’étrange, du cocasse et de l’insolite qui nous entourent. Allez, c’est parti, on y va, on se lance !

Déjà, j’ai trouvé amusante cette proposition du journal Metro, lancée suite à la parution de mon ouvrage Petites histoires curieuses et insolites de la vie quotidienne (éd. Albin Michel). « Vous avez carte blanche pour nous parler de tout ce qui vous touche, du quotidien, des mots, des fêtes et expressions populaires. » Je me suis laissé tenter.

Alors, de quoi allons nous parler ? Eh bien justement, de toutes ces choses qui nous touchent au quotidien, que nous n’avons pas le temps de relever, de comprendre, avec le recul du temps, pourquoi on met une cravate, d’où vient la Chandeleur, les braguettes, quel était l’un des jeux préférés des Egyptiens (un indice : ça ressemble beaucoup à un sport très provençal joué sous les platanes…).

Bref, des anecdotes à mi-chemin de l’Histoire, pour s’amuser, pour partager, discuter, tout en apprenant des choses. Si je vous mène sur des chemins, emmenez-moi sur d’autres… N’hésitez pas à transmettre vos propres découvertes insolites du quotidien. Sites Internet, livres, films, articles, émissions de télé, radio, vidéos sur le Net, articles de journaux, tout ce qui peut susciter notre curiosité n’est que plaisir à partager !

Alors, elle vient d’où cette expression me direz-vous ? Je la tire d’un ouvrage à paraître sous peu de Bernard Pivot, inénarrable présentateur d’Apostrophes et Bouillon de culture, qui s’est amusé à répertorier des expressions qu’il serait bon de ne pas oublier, voire même de sauver.

100  précisément ! Les 100 expressions à sauver (éd. Albin Michel, parution le 2 octobre) regorgent d’explications d’expressions avec des exemples tirés de la littérature à travers les siècles. On y trouve pêle-mêle « yoyoter de la touffe » (une de mes préférées), qui signifie déconner, mais aussi « faire sa mijaurée », ou encore « se monter le bourrichon » et … « c’est parti mon kiki », où l’on apprend que le kiki c’était... (silence dans les rangs), non, pas votre peluche préférée ou le sexe, mais la gorge !

Serrer le kiki, c’était étrangler quelqu’un, s’en jeter un derrière le kiki, c’était en boire un petit dernier avant de partir. Dans notre cas, ça veut dire « en route » En bons routards de la curiosité, c’est à nous jouer désormais !

3 septembre 2008

Col croate ou chemise cravate ?


Je parlais du kiki, de la gorge
dans mon dernier post… continuons dans la même partie du corps. Je viens de
lire que les journalistes de la chaîne d’infos en continu i-Télé allaient
devoir soigner leur look.
Finies les chemises sans cravate pour les hommes.


Cette information me titille. Je songe à cette invention qu’est la cravate.
Pourquoi met-on une cravate ? Paraîtrait-on plus présentable avec de
morceau de tissu en laine, en soie, en coton, que sais-je encore ? Tout
est question de goût, certes. Mais l’histoire de ce nœud remonterait à l’époque
de Louis XIV.

A la cour, on porte des fraises et des jabots, ces jolies
encolures froncées qui faisaient ressembler ces messieurs à des pigeons
roucoulant.

La cour compte aussi un régiment étranger qui noue leur col non pas
avec une de ces fraises, mais avec un simple cordon ou un petit foulard noir.
On les appelle les Royal-Croates. Du mot croate à la cravate, il n’a fallu
qu’un pas que les temps ont sauté !

4 septembre 2008

Plastic life

Voir la vie sous un autre angle, est-ce possible ? Oui, à mon goût. Enfin, surtout à travers les yeux des autres ! Je le découvre un peu plus chaque jour en faisaint défiler les photos d’un ami photographe, dont je ne peux que vous inviter à découvrir le travail www.twentyonehundred.fr


Avez-vous vu
cette photo qui illustre ce blog ? C’est lui qui l’a faite. Rendons à
César : son nom est Vincent Bousserez. J’aime son travail (cliquez sur Selected Works pour en voir beaucoup
plus), ses angles, ses éclairages, ses mises en scène et toute sa collection de
petits bonshommes (Plastic Life) en
situation décalée par rapport à la vie quotidienne, un peu à l’image de ce blog
(en toute modestie) !

Si vous aimez son travail, sachez qu’il exposera
quelques-unes de ses photos à l'espace Eden Park, du 1er au 31 octobre, 11-13 rue
Lobineau, 75006 Paris. Entrée gratuite. Prenez date !

Bullez en paix

« Quand
je décoiffe un flacon, le liège qui pète me fait entendre un plus beau son que
tambours et trompettes » disait Charles-François Panard (1689-1715). On
n’imagine pas une fête sans champagne. Moi en tout cas, je sais pas vous… C’est
synonyme de bonheur, de légèreté, de joie, non ?

J’aime à voir aussi
qu’Amélie Nothomb figure (déjà !) en tête des ventes avec son nouvel opus Le fait du prince (éd. Albin Michel),
dans une histoire de substitution d’identités où le héros, Baptiste Bordave n’a
qu’une idée en tête : boire du champagne avec sa nouvelle colocataire.

Pas
n’importe comment : au mieux glacé. Pas n’importe lequel : uniquement
des cuvées millésimées. Et en quatrième de couverture, pour seule invitation à
lire, ces mots « « Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième
gorgée de champagne où tout homme est un aristocrate ».

Bien entendu, l’abus
d’alcool… etc. Mais revenons sur ce doux breuvage. La légende veut que ce soit
au XVIIIème siècle, à Hautvillers, à 7,5 km au nord d’Epernay dans la Marne (belle perspective de
promenade pour un week-end), dans son abbaye, que le moine bénédictin Pérignon
ait eu l’idée avec ses condisciples de boucher ses bouteilles non pas avec de
l’étoupe, mais avec… de la cire d’abeille !

Le sucre de la cire aurait
fermenté et quelques mois plus tard, les bouchons de ce cher Pérignon sautèrent
jusqu’au plafond ! Le champagne était créé, « rendu mousseux sans introduction
de gaz » précise le Dictionnaire
culturel de la langue française.

Est-ce vrai ? On aime à le croire.
Telle est la légende, d’autres circulent, toutes crédibles ou extravagantes.
Reste que le moine ne consigna rien de son vivant.

Cette invention derrière les
murs de l’abbaye peut à jamais ne rester qu’une légende (pour plus d’infos,
l’excellent site www.maisons-champagne.com) et continuer de nous faire
saliver... Au fait, dit-on sabrer ou sabler le champagne ? Réponse dans un
prochain post !

5 septembre 2008

Robert et les autres

Dans un article du Monde daté du 22 août 2008, on apprenait que la France était, avec l’Irlande, la championne de la natalité en Europe avec 2 enfants par famille. Youpi ! serait-on tenté d’avancer, d’un point de vue hautement démographique, naturel et social. La transition paraît peut-être grosse, mais voilà que je songe au biberon (de bibere, boire en latin), cet objet qui apparaît dans toutes les maisons de futurs parents. Signe que les temps changent, qu’une autre histoire commence… Il est où le goupillon ? T’as pensé au chauffe-biberon ? Des quantités étranges avec des signes cabalistiques trônent désormais au milieu des magnets du frigo… Pas de doute, un biberon est assurément le signe d’un grand chambardement ! On a retrouvé dans les tombes gallo-romaines de nombreux vestiges de ce curieux objet. Ce sont des espèces de pichets sans col avec un bec atrophié, mais le vrai ancêtre du « bib’ » reste sans aucun doute la corne de vache percée, la chevrette. Pourquoi la chevrette ? Peut-être parce que le lait de chèvre était alors (et encore !) considéré comme plus digeste. Chose amusante : au XIXème siècle apparaîtront les biberons « Robert », vraie révolution avec des tétines de caoutchouc. L’occasion de donner naissance à l’expression « elle a des gros roberts » !

7 septembre 2008

Du corned-beef dans mon ordinateur

J’en ai assez des spams, oui, mais d’où ils viennent ces spams ? On serait tenté de croire qu’ils arrivent d’une planète étrange, voire impénétrable. En tout cas, ils peuplent nos messageries. On sait très bien où ils ont atterri ! Plus de 267 spams ce matin, où l’on me propose « d’enlarge my penis », d’acheter des « pills » et autres solutions miracles à quelque panne physique qu’elle soit. Certes. La majorité des spams sont liés au sexe. Les créateurs de spams, sont-ils tous des obsédés sexuels ? Peut-être. Bref, les spams polluent notre boîte aux lettres. Une chose est sûre : on connaît au moins l’origine du mot. Enfin, presque ! « SPAM » serait l’acronyme de « Spiced Porked and Meat », nom d’une marque de corned-beef en conserve, très populaire, pas cher et bas de gamme créée en 1937 aux Etats-Unis par Jay Hormel (spam.com). D’autres légendes circulent autour de ce nom… Son inventeur, un dénommé Ken, n’aurait touché à l’époque que… 100 $ en trouvant ce nom via un concours ! Ce jambon un peu épicé, à la tomate, était très prisé pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il existe aujourd’hui des dizaines et des dizaines de sortes de SPAM, toujours en vente dans les pays anglo-saxons. On trouve même un musée du SPAM à Austin, Minnesota ! Les Monty Python ont fini de rendre populaire ce nom, en reprenant pour l’un de leurs sketchs le mot « spam » qu’ils s’amusent à répéter indéfiniment, de façon lancinante, suraiguë, dans une cafet’. Spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam… Enervant non ? Enervant comme un message de mauvaise qualité non voulu dans votre messagerie ? De là est venu l’usage du mot « spam » !

8 septembre 2008

Vive les mini-jupes, à bas les longs jupons !

Je m’inquiète pour l’économie française : je viens de lire l’hebdomadaire Elle. Les prévisions en matière de mode sont claires : la tendance est à la jupe SOUS le genou. En serge, en chintz, coton, soie, grège, rouge, noire, beige, mauve, toutes gardent irrésistiblement le dessous du genou pour seul indicateur, et ça me fait froid dans le dos. Il est un principe de l’économie que les spécialistes nomment « l’hemline indicator », littéralement l’indicateur d’ourlet. Il a été étudié très scientifiquement qu’avant chaque crise boursière, quelques années auparavant, quand tout allait bien, les jupes des femmes étaient AU-DESSUS des genoux. Idem avec les bikinis. Certaines études ont montré qu’avant chaque crise, ils sont sur toutes les couvertures de magazines… Après 1929, après 1987, crac ! (ou krach, comme vous le souhaitez), les jupes ont été reconduites AU-DESSOUS du genou et les bikinis rangés dans les placards. Suivre l’état de la mode permettrait de prédire, ou tout du moins, de lire l’état de la situation financière d’un pays… Eh bien, aujourdhui, mes amis, je me vois contraint de vous l’apprendre, la mode est au long. Désespérement long. Allez, haut les coeurs !

10 septembre 2008

Henri IV dans mon verre Duralex

Hier, discussion entre amis autour de ce blog. Les histoires se sont enchaînées
avec un bonheur non dissimulé. Chacun y allait de son expression. La plus
amusante provient d’une de mes amies, - et sans doute la moins vraie au regard
des anthologies d’expressions historiques (mais je ne veux pas me fâcher avec ma
copine paloise !) : il s’agit de l’expression « en deux coups de cuillères à
pots ». Ce qui signifie tout bonnement, « très rapidement ». Mais quel est le
rapport avec les deux coups de cuillère ? Qu’est-ce qu’une cuillère à pot en
fait ? On se pose la question, on réfléchit, on tourne les idées dans tous les
sens, cul par-dessus tête (jolie expression, on en parlera un autre jour !).
L’un d’entre nous arrive à la conclusion qu’il s’agit d’un ustensile, un peu
plus grand, qui n’aurait d’autre but que de servir plus rapidement dans les
cantines. Que de souvenirs ravivés d’un coup ! La cantine ! L’histoire ne
s’arrête pas là… Mon amie enchaîne en bonne paloise :
- Sais tu qu’en fait,
il s’agit d’Antoine de Bourbon, le papa d’Henri IV, qui aurait annoncé la
naissance de son enfant en proclamant : « Hier, ma femme (Jeanne d’Albret, pour
les incultes en histoire), a mis au monde un garçon (le futur Henri IV, pour
voir ceux qui suivent !) en… deux coups de cul, hier, à Pau
!
L’assistance, médusée, opine du chef…
Le soir, autre discussion, autour
d’un verre Duralex. L’un des convives enchaîne histoires sur histoires (un peu
énervant ce genre d’amis, bien faire attention…). Il nous regarde et d’un coup,
lève son verre en l’air et dit :
- Au fait, vous savez à quoi correspond le
numéro au fond de votre verre ?
Des souvenirs de cantine surgissent à
nouveau. « J’ai 48 ans, toi t’as quel âge ? Moi, j’ai 67 ans !» Puis d’un coup,
tous nos rêves se brisent, le convive nous assène la réponse, péremptoire :
-
Eh bah, en fait, c’est le numéro du moule avec lequel les verres ont été
fabriqués.
Tout d’un coup, j’ai mille ans et c’est la fin de la récré.

11 septembre 2008

God save the Koons !

Cela n’est pas passé inaperçu : Jeff Koons, l’artiste américain le plus cher au
monde, expose quelques unes de ses œuvres à Versailles jusqu’au 24 décembre. On
critique le bon goût de celui qui fut le mari de la Cicciolina, célèbre actrice
porno des années 1980. Un homard, un chien géant, des poses alanguies… Mais
qu’est-ce que le bon goût me direz-vous ? N’est-ce pas à Versailles, qu’un beau
jour de novembre 1686, Louis XIV, souffrant d’une fistule anale (pour le bon
goût… des détails), se fait opérer par son chirurgien ? L’opération, première du
genre, est un succès. Le roi est sauvé ! Madame de Brinon demande à
Jean-Baptiste Lully (1632-1687) de composer une ode pour célébrer l’événement «
Grand Dieu sauve le Roi ! ». Haendel, quelques années plus tard, de passage à
Paris entend l’air, le reproduit et le propose au roi anglais. L’hymne national
anglais, God save the King, toujours d’actualité, était créé !

1,2,3… bayez !

Je vous vois ! C’est la fin de la semaine, il fait pas beau, paraît que ça va pas s’arranger. Bigre ! Maurice, votre collègue de l'open space, vous regarde de travers, vous savez pas vraiment quoi faire pour le week-end, je voudrais aller au ciné, mais on fait quoi des petits ? t'as vu, l'expo qu'on voulait voir, elle est finie... Bref, c’est la galère. Et vous bayez. Tiens, faites le test, bayez un peu. Regardez autour de vous. Tout le monde s’y mettra dans pas longtemps. On parie ? 1, 2, 3, bayez ! alors ? Ça marche ? Non ? Si, allez, recommencez, 1, 2, 3. Ah ! vous voyez ! Mais alors pourquoi met-on sa main devant sa bouche ? Ce n’est pas qu’une question d’esthétique (quoique… quand Maurice il ouvre sa bouche toute grande, brrrr….). C’est aussi le lieu d’une vieille superstition. Bayer, ouvrir sa bouche démesurément, autrefois, c’était ouvrir la porte aux démons… Voilà pourquoi on plaçait sa main devant sa bouche. Bon à savoir, on ne sait jamais. Et bayer aux corneilles, alors, ça vient d’où ? L’expression viendrait du XVIème siècle (on s’ennuyait déjà grandement à l’époque). Elle signifiait être bouche bée face aux passereaux, le petit zozio, ou face aux fleurs du cornouiller, un arbre dur comme la corne. Si vous faites un tour au Canada, on ne baye pas aux corneilles, mais on compte les mouches. Bon à savoir aussi ! Enfin, ne pas confondre bayer et bailler, qui signifie « donner », mot d'où vient notre fameux bail. Tiens, au fait, c’est vrai, vous me faites penser qu’il faut que j’appelle mon propriétaire aussi ce week-end… Allez, bayez bien !

 


Catégories