A ma droite une masse de gens souhaitant s’exprimer. A ma gauche des médias qui s’adressent au plus grand nombre. Au milieu quelques agence de presse forment un goulot d’étranglement.
On m’objectera : les faits sont bruts. Les agences de presse sont neutres et n’expriment aucune opinion. Je n’y crois pas. Annoncer les chiffres du déficit budgétaire et les comparer aux chiffres moins élevés des pays voisins, contient en soi une opinion. Il sous-entend que le déficit est un problème français qui doit être résolu.
Des milliers de personnes quittent le pays en raison des impôts trop élevés ? Livrer ou non cette information, puis la reprendre plusieurs fois dans l’année, oriente et justifie des choix politiques.
Nul ne peut nier qu’en 2002 ce papy se lamentant sur les ruines fumantes de sa maison détruite par des voyous, facilita la réélection de Jacques Chirac dont la sécurité fut le principal argument de campagne.
Toute information aussi brute soit-elle recèle une opinion. Or, s’il n’y a qu’une agence de presse à relayer les informations, donc à les choisir, comment prétendre à la pluralité des points de vue ? Surtout quand les hommes politiques répliquent à l’actualité par des lois expéditives imaginées et décrétées dans la foulée de l’info.
Trop souvent, pour le consommateur de presse moyen, les médias résonnent du même son de cloche comme s’il n’y avait qu’une source unique : les monopolistiques agences de presse ?
Dans ces conditions, on peut redouter que naisse une culture de l’information alternative, parfois mal vérifiée et incomplète, bruissante de rumeurs, qui développerait son champ d’action sur Internet.


