Je ne m'explique pas pourquoi certains marseillais ne comprennent pas que les bus de la régie des transports de la cité phocéenne puissent être en retard sur leurs horaires de passage.En effet, nul besoin d'une réflexion poussée pour percevoir les problèmes auxquels sont quotidiennement confrontés les chauffeurs de bus lorsqu'ils accomplissent leurs parcours dans les rues de marseille. Les voies de cette ville sont quotidiennement affectées d'inextricables embouteillages alimentés par un concert d'incorrections sur le plan civique et suscité par un manque de répression des pouvoirs publics locaux.En outre, les "raleurs de l'absurde", qui ne comprennent pas les raisons des perturbations au niveau de la régularité de passage des bus de la RTM, font quelquefois subir leur colère aux conducteurs de la régie...peut-être que certains utilisateurs des autobus pensent que les traminots marseillais sont pourvus des extraordinaires dons, du célèbre magicien "David copperfield"? et qu'ils ne s'en servent pas pour solutionner les problèmes de circulation...
Les chauffeurs de la Régie méritent plus de reconnaissance que de critiques, je l'affirme en toute objectivité et loyalement. Pourtant, c'est souvent l'inverse que traduisent les propos entre usagers de la régie et ceux qui paraissent dans le courrier des lecteurs du quotidien local. Pourquoi ces jugements presque toujours négatifs et au demeurant souvent illégitimes? S'agit-il de la volonté de ternir leur image par des raisonnements fallacieux? ou simplement de la subjectivité des opinions? en tout cas cela génère quasiment une mise à l'index des chauffeurs, voire carrément une discrimination de profession susceptible de générer de la vindicte sur ces derniers.IL y a dans ce phénomène, un caractère comparable au racisme qui détermine en l'occurrence, une malveillance passive, mais destinée à provoquer une atteinte active (agression) à l'encontre des conducteurs de bus.D'autre part, il est à mon sens regrettable que l'esprit critique des usagers de la RTM, ne se borne qu'à la dépréciation des chauffeurs, à croire que ces derniers sont à l'origine de tous les dysfonctionnements de la RTM.Il serait pourtant judicieux que certains utilisateurs de ces transports souvent affectés d'un mécontentement exclusivement orienté sur les chauffeurs de bus, élargissent leur vision sur la situation des transports urbains marseillais. En effet, il ya manifestement autre chose à dire sur l'entreprise de transport, notammant sur les directives et les moyens mis en oeuvre par la communauté urbaine de marseille dans le cadre de l'offre de service, qui permettront sa fiabilité, cruciale pour les marseillais.
J'ai le sentiment que dans l'esprit des clients de la régie,il se réalise de façon sous-jacente, un amalgame entre les employés qui conduisent les bus, et l'entité appréhendée par le public, en l'occurrence l'administration de la RTM fréquemment objet de défiance.Il est pourtant logique de penser que percevoir les chauffeurs de bus de façon stéréotypée et au travers de l'idée que l'on se fait de leurs gestionnaires, ne donne pas une image intrinsèque des agents de conduite de la régie.Qui plus est,la nature des ces employés est bien évidemment diversifiée, comme dans toutes sociétés.Il me semble nécessaire que les utilisateurs des autobus prennent garde à ne pas être sous l'emprise d'une impression subjective susceptible de leur altérer quelque peu la réalité, quand ils jugent les traminots.Cela pour éviter de donner libre -cours à l'émergence d'illégitimes ressentiments à l'égard de ces agents.
(Je me suis rendu compte qu'il existe un stéréotype du chauffeur de bus : on estime que c'est une personne dépourvue de bon sens, à l'esprit puéril et superficiel. En outre,puisque généralement elle n'a fait nullement de longues études, elle a donc la tête vide, incapable de comprendre ce qui se passe autour d'elle.Ce salarié est censé être comme un minot, capricieux et immature.. Les préjugés à l'égard des chauffeurs de bus marseillais sont légion,ces derniers sont censés être en tous points, des travailleurs protégés par rapport à la majorité des autres.Pour beaucoup de marseillais, ces salariés sont des fanfarons, des fainéants et des bons à rien.C'est bien triste de travailler avec une telle considération, la motivation s'est évaporée depuis longtemps.Notre salaire estimé confortable par nos détracteurs, qui pensent que notre rémunération ne correspond pas à notre niveau de compétence,évalué en deça de celui requis pour ce traitement salarial.Cela rend certains, envieux, haineux et agressifs.)
A la Régie des transports marseillais, il n'y a pas que les chauffeurs de bus qui sont à l'origine de l'image de leur entreprise. Les responsables qui gèrent le fonctionnement de cette dernière, peuvent également être le vecteur d'une bonne ou d'une mauvaise image, et leur comportement est à mon sens bien plus déterminant sur l'opinion du public lorsqu'il juge l'efficacité de la RTM. Mais cet aspect des choses passe quasiment inaperçu.Certes, par anticipation, on juge souvent la vitrine pour se faire une idée globale d'un établissement...et quelquefois aprés avoir expérimenté les services du commerçant, on s'aperçoit que le gérant n'est pas à la hauteur des espérances que suscitait sa devanture.Dans ce cas, même si effectivement ,des efforts quotidiens sont accomplis afin de rendre la vitrine commerciale, la boutique dans son ensemble finira quand même à avoir mauvaise réputation.
En terme imagé, je dirais que le lampiste se prend le boomerang dans la gueule, alors qu'il ne l'a jamais lancé..En effet par un processus naturellement perverse, le chauffeur qui ne l'a nullement envoyé, se trouve néanmoins impacté par l'objet tournoyant, ce qui préserve de son singulier effet, la personne qui l'a projeté dans les airs et qui devrait, logiquement le recevoir.
La notoire agressivité de certains usagers de la régie envers leurs conducteurs de bus, est à mon sens, alimentée par l'incurie de la communauté urbaine de la cité phocéenne, dans son rôle d'autorité organisatrice de la régie.En effet, une partie de la population marseillaise qui se trouve tributaire du service de la RTM, et qui est frustrée par les carences de cette dernière en matière de ponctualité et de fréquence de son trafic d'autobus, répercute son ressentiment de l'attente prolongée aux arrêts, sur les représentants de la RTM, en l'occurrence, le personnel affecté à la conduite des autobus.Au volant du bus,à chaque fois que nous sommes retardés par les embouteillages, cela génère des tensions parmi les gens qui attentent aux arrêts.Lorsqu'ils montent sur la voiture, souvent certains passagers nous regardent en chien de faience,ils nous remettent leurs pièces en tapant sur le monnayeur.Certains nous disent: vous êtes en retard!! vous ne respectez pas les horaires!! nous allons travailler!! ce n'est pas normal!!Parfois un individu veut se "venger" d'avoir attendu, en appuyant sur le bouton d'arrêt demandé systématiquement sans que personne ne veuille descendre, histoire de faire travailler ce fainéant qui conduit le bus.Le chauffeur est donc responsable des problèmes de circulation sur marseille. Cela a les mêmes effets sur le personnel que le harcèlement moral.
Cela expliquerait peut-être, en partie, le désir obsessionnel et irrépressible de certains marseillais à stigmatiser systématiquement les chauffeurs de bus de la RTM, outre de les molester.
Par ailleurs,je suis outré par l'attitude de la police marseillaise.Les gardiens de la paix ou autres CRS, sont prompts à réprimer les chauffeurs de bus, souvent pour des peccadilles; et en même temps , cette autorité publique ferme les yeux sur les contrevenants qui gênent ou empêchent la progression normale des autobus, en plaçant les conducteurs de bus dans des conditions de travail d'une extrême difficulté, et les exposant anormalement au risque d'accident impliquant leur véhicule.
Nous constatons souvent avec mes collègues conducteurs de bus, que les fonctionnaires de police marseillais ont une certaine incompréhension vis à vis des impondérables inhérents à la conduite urbaine des véhicules à fort gabarit comme les bus de la RTM. Lesquels, indépendamment de la volonté des chauffeurs, peuvent se trouver placés en porte à faux avec le stricte respect de la réglementation. En outre, la police marseillaise intègre vraisemblablement les préjugés locaux traditionnels sur les traminots.Par conséquent, ces messieurs, dames, qui incarnent l'autorité publique, n'ont pas du tout envie d'être indulgents envers les chauffeurs de la régie, même si les conditions de leur travail sont particulièrement difficiles. Difficultés auxquelles les policiers contribuent, par leur passivité à réprimer le stationnement sur les voies de circulation des bus.
L'une des critiques des policiers à l'égard des chauffeurs de bus, est la soit-disant propension de ces derniers à griller les feux rouges.Cette mise en cause des traminots concernant cette règle essentielle du code de la route, se fonde effectivement sur une mauvaise interprétation de l'observation de certaines scènes, au cours desquelles des témoins peuvent croire à tord que le chauffeur de bus vient de franchir délibérement le signal lumineux au rouge.Il est important de ne pas amalgamer les "assassins" du volant qui franchissent les feux rouges, avec un chauffeur de bus, qui, malgré sa vitesse modérée, ne peut pas immobiliser son lourd véhicule bondé de voyageurs sans compromettre leur sécurité, et franchit avec le devant de son véhicule le signal orange, quasiment au moment de son déclenchement.Par conséquent, eu égard à la longueur de l'autobus, lorsque l'arrière du dit véhicule franchit le feu, ce dernier est au rouge..
En résumé, en permanence nous devons agir sur le système de freinage pour obtenir le meilleur compromis entre le souci de sécurité à l'intérieur du bus et la sécurité extérieure inhérente à la circulation urbaine, pas toujours en corrélation.Eh oui, la procédure pour conduire un véhicule lourd qui a une forte inertie lorsqu'il roule, ne se fait pas de façon aussi évidente que pour la conduite d'une automobile, laquelle a une capacité d'immobilisation beaucoup plus importante, et ses passagers ne sont pas debouts, mais assis.
Des personnes mal intentionnées qui ont assez de pragmatisme pour avoir conscience de cette situation équivoque, s'en servent pour stigmatiser les chauffeurs et monter l'opinion contre eux.
C'est trop facile de pointer un doigt accusateur vers la corporation des traminots et lui jeter l'anathème.
On ne peut nier que si les bus grillaient les feux rouges comme le signifient nos détracteurs, il se produirait régulièrement de graves accidents impliquant les bus.Ce qui n'est heureusement pas le cas.
Cela dit, nous ne sommes pas des conducteurs parfait, nous sommes des hommes et donc faillibles, mais dans l'ensemble notre façon de conduire reste sécurisante.