Twitter est entré dans l’histoire en tant qu’acteur de la révolution en Iran. Outil d’information en temps réel pour certains, de désinformation pour d’autres, son rôle restera quand même à déterminer dans la tournure politique des événements.
Peu importe, depuis Michael Jackson est mort, confortant Twitter dans son rôle de cimetière virtuel géant. Les internautes en deuil ont troqué leurs profils aux couleurs de l’Iran pour le brassard siglé King of the Pop. Ambiance We are the world. On voudrait nous faire croire que le monde ne fait qu’un, que le web social aurait gagné son pari. Or il est devenu, comme la télé réalité, le miroir de nos fantasmes et de notre voyeurisme. On y cherche la mort en direct en Iran ou dans les eaux sombres où s’échouent les Airbus, on scrute les commentaires des internautes qui pleurent le décès d’un proche, on renifle le dernier souffle du roi de la pop et les détails lugubres de sa sexualité.
L’émotion collective n’est pas constructive, elle est triviale. Les communautés virtuelles se prennent la main en pensant changer le monde. Or elles le maintiennent sous perf en pleine agonie en abreuvant le service peu sophistiqué de messages inaudibles et désarmants.
C’est dommage car hier encore Twitter était un lieu
unique de partage des connaissances et donc d’enrichissement intellectuel. Il
était surtout un canal puissant d’action citoyenne collective. Rappelons que le
service a joué un rôle majeur pour fédérer les Pirates contre Hadopi en
France. Cette semaine en Chine, un réseau d’activistes connectés sur un service
de microblogging similaire faisait reculer le gouvernement dans l’installation de
mouchards dans les ordinateurs.
Bizarrement, j’en viens presque à penser que pour former un véritable contre-pouvoir citoyen, les utilisateurs de Twitter devraient faire preuve d’autocensure.
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Commentaires (2)
Et moi qui viens juste de m'inscrire sur Twitter...
Rédigé par Mabrouck | 6 juillet 2009 13:31 | Alerte.
"en abreuvant le service (...) de messages inaudibles et désarmants" Les sites dits 'communautaires' ont oublié ce détail que l'on vérifie chaque jour sur la Toile : l'expression des sites étant ouverte à tous, la quantité submerge la qualité. Il reste beaucoup d'efforts à faire mais pour changer le monde, il faut commencer par changer soi-même puis de promouvoir tolérances et autres valeurs auprès de notre entourage (avec espoir de propagation de bonnes valeurs entre entourages).
Rédigé par Parisien75 | 7 juillet 2009 16:47 | Alerte.