Esprit des jeux es-tu là ?
C’est en voyant ce matin les photos de notre ami d’Amérique George, hilare,
agitant un drapeau dans les gradins de Pékin, puis encourageant avec
grande élégance les fesses d’une de ses compatriotes, que je me suis dit :
la Chine aurait du embaucher ce type comme animateur pour les JO.
Parce qu’ici c’est l’état de guerre. J’y vais fort certes, au moment ou
c’est en Géorgie que ca explose. Mais ici on est au bord. Pour vous résumer
l’ambiance : on compte moins les médailles que chaque jour qui passe sans
incident majeur. Personne ne respire, personne ne bouge. Des flics partout.
Circulation alternée. Télétravail favorisé. Aéroport bouclé. Demain des rations
de riz ?
4 mois de tensions extrêmes et voila le résultat La fête est gâchée. Apres
la vague de froid, la crise au Tibet, le tremblement de terre, les pluies
torrentielles, les menaces terroristes, ici on s’attend au pire. Il parait même
que le grand stade est doté de 2 missiles. Au cas où. C’était la grande blague
des organisateurs le mois dernier. Une chasse au trésor était lancée dans les
coulisses du village Olympique. Faut bien s’amuser. C’est les Jeux tout de
même. Les JEUX !
La plupart de mes collègues l’admettent : pour l’instant les JO ont
apporté plus de problèmes qu’autre chose. Manque de recul encore une fois. Mise
à part les catastrophes naturelles, le reste appartient à ce que nous appelons
communément « un débat ». La nation, hier blessée par les critiques,
est aujourd’hui lasse. Et ce grand show si réussi, si émouvant vendredi
dernier ? Trop cher avancent certains (la polémique autour des écoles en
carton du Sichuan fait rage ici). « Quel intérêt de montrer la grandeur la
Chine au reste du monde ? Qu’est que ca va nous rapporter ? ».
Allez les gars faites un effort. Les
valeurs Olympiques impliquent, à minima, un esprit de fête.
Carine Senft-Gouin
