« Avant de faire l’écrivaine, j’étais une fille dans la
vingtaine, plutôt fauchée, qui travaillait dans la publicité et qui, en prime,
tenait un blog ». « L’histoire »
ou plus justement ici – le bio-roman – commence là. Il y a quelques années,
Bridget Jones appelait encore ça, journal intime. Ou, journal, parce que pour
l’intimité : culotte, cul, torchons…, vous repasserez. Itou ici bas.
« Le livre qui a fait se bidonner l’Italie » comme l’écrit Courrier
International a bien quelque chose du journal. Sauf que là, point de faux
semblant. Il s’adresse à… quelqu’un, par le biais du nombril. Fini la solitude
du quant à soi. Ceci dit, ça donne quoi ? C’est peut-être un chouilla plus
drôle en italien. Proximité culturelle, contextuelle et touti quanti en sus
forcément. Mais pour les amateurs de girly story, ça se pose là. Plus impertinent,
plus croquant, carrément moins policé que le journal d’une miss désespérément
en quête de clope et de poltrons. Plus transgressif – culotte, cul torchons +
laïus sur les différents types de phallus et autres poilades relatives aux
attributs de la vie et des espèces qui la subisse. Parce que manifestement elle
l’a subi. Anorexie, addict de l’industrie cosmétique, parents gauchos
(inadaptés pour l’auteur en somme), premiers émois bâclés, marlous ratés… D’où
une critique sociale et sociétale en filigrane. Quoique. Tout dépend de ce
qu’on veut y lire. Si c’est juste pour rire. Ca marche plutôt pas mal. Pour une
lecture plus assidue, voire plus profonde… il y a peut être pas matière à un
sujet de recherche inspiré de « La vie d’une jeune fille pas rangée dans
l’Italie des Pouilles des années 80 à 2000 ». Mais rien de tel sans doute
pour illustrer le sujet. En bref, c’est parfois fin (dans le fond), habile (dans
le style), et en tout cas sincèrement référencé et relevé sur les faits…
