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11 avril 2008

Kate Moss, la bio

24 avril 2008

Les veuves intrépides


Préambule :
« Mariquita, un village de Colombie, en 1992. Des guérilleros frappent aux
portes pour demander des vivres et recruter des combattants. Devant l’hostilité
et l’indifférence des habitants victimes d’un énième raid, ils forcent les
maisons, assassinent ceux qui osent leur résister et enlèvent les hommes.
Mariquita devient alors un village de femmes ». Guérilleros, Colombie…
deux mots qui tendent vers le docu-fiction. Et bien non. Roman, conte ou fable
peut-être. Epique, tragique et burlesque aussi. Un peu d’histoire, de philo, de
politique, de sexe et de religion en toile de fond. Le premier roman de James
Canon, colombien « exilé » à New York, se lit d’une traite. Simple,
facile, volubile, bavard, fécond, suave… La chronique inspirée des femmes de ce
petit village, narrée à travers différents portraits – les veuves, les vieilles
filles, la maire, l’institutrice et les rescapés mâles ( mal en point) :
le prêtre etc – nous entraîne dans une société certes irréelle mais dans
laquelle subtilement, lentement nous nous glissons ; en bref, ça imprègne
littéralement. On retrouve dans le ton et peut être un brin dans le fond, une
certaine exubérance, empruntée ou non, relative ou non à Gabriel Gracia
Marquez. Une façon de dire une ambiance, plus encore de reprendre un air. Mais
nulle rengaine. Tel un bon tube, ce roman ne nous lâche plus. Sans compter que
cette aspiration égalitaire n’ait pas sans nous déplaire.

« La cellulite c’est comme la mafia, ça n’existe pas »


« Avant de faire l’écrivaine, j’étais une fille dans la
vingtaine, plutôt fauchée, qui travaillait dans la publicité et qui, en prime,
tenait un blog ».  « L’histoire »
ou plus justement ici – le bio-roman – commence là. Il y a quelques années,
Bridget Jones appelait encore ça, journal intime. Ou, journal, parce que pour
l’intimité : culotte, cul, torchons…, vous repasserez. Itou ici bas.
« Le livre qui a fait se bidonner l’Italie » comme l’écrit Courrier
International a bien quelque chose du journal. Sauf que là, point de faux
semblant. Il s’adresse à… quelqu’un, par le biais du nombril. Fini la solitude
du quant à soi. Ceci dit, ça donne quoi ? C’est peut-être un chouilla plus
drôle en italien. Proximité culturelle, contextuelle et touti quanti en sus
forcément. Mais pour les amateurs de girly story, ça se pose là. Plus impertinent,
plus croquant, carrément moins policé que le journal d’une miss désespérément
en quête de clope et de poltrons. Plus transgressif – culotte, cul torchons +
laïus sur les différents types de phallus et autres poilades relatives aux
attributs de la vie et des espèces qui la subisse. Parce que manifestement elle
l’a subi. Anorexie, addict de l’industrie cosmétique, parents gauchos
(inadaptés pour l’auteur en somme), premiers émois bâclés, marlous ratés… D’où
une critique sociale et sociétale en filigrane. Quoique. Tout dépend de ce
qu’on veut y lire. Si c’est juste pour rire. Ca marche plutôt pas mal. Pour une
lecture plus assidue, voire plus profonde… il y a peut être pas matière à un
sujet de recherche inspiré de « La vie d’une jeune fille pas rangée dans
l’Italie des Pouilles des années 80 à 2000 ». Mais rien de tel sans doute
pour illustrer le sujet. En bref, c’est parfois fin (dans le fond), habile (dans
le style), et en tout cas sincèrement référencé et relevé sur les faits…

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