Loups, sars, saupes et mérous devraient, à terme, revenir coloniser une zone de 220 hectares située entre les îles du Frioul et la baie du Prado, une fois coulés par trente mètres de fond quelque 30 000 m3 de pièces de béton et de métal, de toutes formes et de tous volumes.

Réalisée en partenariat avec l’Agence de l’eau, la Commission européenne et la Région Paca, cette opération d’immersion — entamée fin octobre — a pour objectif de pallier le recul des herbiers de posidonie, qui servent d’abris naturels à de nombreuses espèces animales. Répartis en “villages” reliés par des “routes”, les modules de béton utilisés offrent des supports de fixation supplémentaires à la flore (par des filières, des sacs d’huîtres, des niches de béton) et à la faune (des amphores romaines sont par exemple prévues, pour accueillir les poulpes).

Pas de pêche jusqu’en 2010

L’objectif, expliquent les scientifiques, est, “avec ces innombrables surfaces et cavités nouvelles, de décupler le passage et la reproduction nécessaires à la croissance et à la prolifération des algues, des invertébrés et autres animaux sous-marins”.

Ces derniers estiment qu’il faudra une dizaine d’années pour atteindre un peuplement optimal de la zone, mais un premier équilibre devrait être atteint d’ici deux à trois ans.

Le secteur d’immersion a par ailleurs été divisé en deux zones, en concertation avec les pêcheurs : une zone de 110 hectares est sanctuarisée et interdite à tous les usages, en dehors de la navigation de surface. Sur l’espace restant, la pêche est interdite durant une période moratoire de dix-huit mois après la fin des immersions, soit vers la mi-2010.