Dans quelles mesures les dérèglements climatiques affectent-ils le ski alpin ?
Pour la première fois l’hiver dernier, la course sur glacier de Sölden, qui lance officiellement la saison de Coupe du monde, a été annulée. Au total, sept épreuves programmées en Europe ont été repoussées faute de neige. C’est du jamais vu. Il a fallu trouver des sites de repli pour les entraînements et les courses. Maintenant dire que le calendrier et le ski de compétition sont menacés, je crois que c’est encore un peu tôt pour l’affirmer.

Tous ces reports et ces annulations n’incitent pas à l’optimisme ?
C’est vrai mais pour être honnête on peut aussi rappeler qu’en 2005 et 2006, nous avions connu deux hivers très froids avec des conditions de neige optimales. Le ski est et reste un sport d’extérieur avec ses contraintes : il est marqué par le rythme des saisons et dépendant des conditions météo.

Ce sont des facteurs contraignants pour les télés comme pour les skieurs. Aujourd’hui, l’aire de jeu se restreint. La fonte des glaciers oblige les équipes à s’adapter en s’entraînant dans l’hémisphère Sud au Chili ou en Argentine. S’agissant des courses, on s’oriente de plus en plus à l’avenir vers des stations de hautes altitudes équipées de neige de culture.

Ces bouleversements amènent-t-il à une prise de conscience chez les skieurs ?
Non je ne pense pas. En fait les skieurs sont des sportifs de haut niveau focalisés sur eux-mêmes, leurs performances et leur carrière. On peut le regretter mais c’est ainsi. Pour beaucoup, l’éventualité qu’il n’y ait plus de neige en montagne semble improbable ou très lointaine.